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L'ANCIEN CADASTRE DE PERS-JUSSY |
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A une
époque où l'on parle beaucoup de cadastre
à propos du projet de P.O.S., il n'est peut
être pas inutile de rappeler que le plus ancien
cadastre conservé de Pers-Jussy fut
élaboré entre 1730 et 1732. En 1728, le roi de
Sardaigne Victor-Amédée II avait en effet pris
la décision de faire cadastrer tout son Duché
de Savoie. Telle est l'origine de ce qu'on a appelé
par la suite le cadastre ancien de Savoie. Ce document est
entré en fonction en 1738 au titre de l'assiette
fiscale et il est resté en usage jusqu'à la
fin du XIX° siècle. On peut noter que la Savoie
avait, dans ce domaine, une avance considérable sur
la France qui dut attendre Napoléon 1er pour
être cadastrée. La
première consista en un levé sur le terrain. A
Pers et à Jussy, paroisses alors distinctes, les
opérations commencèrent en janvier 1730. Elles
y furent furent achevées respectivement le 25 juillet
et le 15 mars. A Jussy, un seul géomètre
suffit à la tâche : Pierre-Dominique Cavallo.
Il en fallut trois à Pers : François Varezzio,
Sébastien Bertazzoli et Claude-Louis Vautier. Tous
étaient des Piémontais, sauf le dernier
nommé, originaire de Chambéry. Les
géomètres étaient aidés par des
arpenteurs dont un fut recruté sur place : Michel
Fenouillet de Pers. Tous ces personnes étaient prises
en charge par la communauté qui devait leur assurer
le gite et le couvert. Géomètres et arpenteurs
étaient accompagnés sur le terrain par des
"indicateurs" désignés localement par
l'ensemble des communiers (chefs de famille habitant la
paroisse et propriétaires de biens fonciers). Ces
auxiliaires avaient pour charge de donner des informations
sur les limites des propriétés et les noms des
propriétaires. A Jussy on désigna
François Péguet, Claude-François
Chambet et Jean-Nicolas Maniglier. A Pers, ce furent Michel
Métral, Philibert Raffy, Pierre Dubouloz, Claude
Gignoux, Jean Roguet et Gonin Mieusset. La seconde étape a nécessité le concours d'une autre catégorie d'auxiliaires, les estimateurs, dont le rôle fut d'évaluer la qualité des terrains. En principe, il y avait un estimateur d'office, étranger au pays, et deux estimateurs choisis parmi les communiers. Ceux de Jussy furent Claude-François Ducimetière et Claude Grange ; à Pers, on désigna Claude Pugin et Jean-Gaspard Roguet. Selon leur qualité, les terrains furent répartis en trois catégories : bonne, médiocre et mauvaise. On consigna le résultat dans un registre appelé "livre d'estime". La
troisième étape fut celles des contestations.
La mappe et les registres furent présentés aux
propriétaires qui eurent 15 jours pour en contester
éventuellement le bien-fondé. Les remarques
furent consignées dans un nouveau registre
appelé "livre des griefs". Il y eut peu de griefs
à Jussy, en revanche ils furent très nombreux
à Pers. Trois raisons au moins expliquent cette
distorsion.
Il devrait exister aussi dans
chaque commune un "registre des mutations" destiné
à consigner toutes les modifications foncières
survenues postérieurement mais, mal tenu, il a
souvent disparu. C'est hélas le cas pour Pers et
Jussy.
A.D. |
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Les cartes ci-deesus ont été réalisées à la même échelle. Elle réprésentent toutes deux le chef-lieu de Jussy. La première est une adaptation de la mappe sarde après suppression des contours et des numéros des parcelles et ajout d'une légende sommaire. La seconde a été bâtie à partir d'une carte topographique et du cadastre récent. Six mas sur onze sont totalement ou partiellement représentés ; il manque les mas du Biollay (Le Biollay d'en bas car Le Biollay d'en haut faisait partie de Pers), de Cevins, des Carroz, du Châtelard et de Gagnié. On pourra situer l'ancienne église de Jussy, entourée de son cimetière (en pointillés) et remarquer que le mas de La Croix fait aujourd'hui partie de la commune de Reignier. On notera que la configuration générale des chemins n'a pas beaucoup changé en deux siècles et demi. On aurait pu ajouter une troisième carte, réalisée d'après le cadastre de 1935 ; on aurait alors pu constater des différences beaucoup plus grandes entre 1935 et aujourd'hui qu'entre 1732 et 1935. Les cinquante dernières années ont davantage modifié nos campagnes que les deux siècles précédents. On peut voir des reproductions de la mappe dans l'article "Pers-Jussy les quatre églises" |