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QUAND PERS-JUSSY ÉTAIT UNE COMMUNE FRONTALIÈRE |
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Des
contrôles de passeports sur le pont du Sougey, un
cordon douanier de la Collay jusque chez Combloux, en
passant par Marny, les Roguet et Marjolin ? Non, ce n'est
pas une plaisanterie. Les Pers-jussiens ont connu cela dans
le passé et cette situation aurait duré
longtemps si.... Napoléon n'était jamais
revenu de l'Ile d'Elbe. |
![]() La fontière franco-sarde en 1814-1815 |
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La
situation aurait dû se figer de la sorte pour
longtemps si Napoléon n'avait pas
débarqué à Golfe Juan le 1er mars 1815
et reconquis provisoirement son trône. Au
début, l'empereur respecte la nouvelle
frontière mais, le 14 juin, les troupes
françaises envahissent la Savoie sarde. Pour peu de
temps car, le 18 juin c'est Waterloo. Nouvelle abdication de
Napoléon. Nouvelle réunion de diplomates. Au
second traité de Paris (novembre 1815),
Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne, récupère
toute la Savoie, sauf quelques communes cédées
à Genève. Pers-Jussy cesse d'être une
commune frontalière.
Il est toujours tentant de faire de l'Histoire-fiction. Que se serait-il passé si Napoléon n'était pas revenu bouleverser les plans des diplomates européens ? On peut penser que cela n'aurait pas empêché l'annexion de 1860 et c'est seulement à cette époque que Pers-Jussy aurait cessé d'être sur une frontière internationale. Toutefois, on aurait sûrement érigé en département l'ancienne Savoie sarde et les deux départements savoyards ne ressembleraient en rien aux actuels, il y aurait une Savoie occidentale et une Savoie orientale. Pers-Jussy serait encore sur une frontière, interdépartementale celle-là. On peut imaginer toutes les conséquences du maintien d'une frontière internationale aux limites de Pers-Jussy pendant 45 ans : limitation de la circulation des personnes et des biens, contrebande, présence de carabiniers et de douaniers souvent piémontais, etc... Un "fossé culturel" se serait peu à peu créé entre savoyards sardes et savoyards français et il y aurait sans doute eu peu de mariages entre ressortissants des villages situés de part et d'autre de la frontière : les arrière-arrière-grands-parents de quelques Pers-jussiens d'aujourd'hui n'auraient peut-être jamais eu l'occasion de se rencontrer. Il en est donc qui doivent, en quelque sorte, leur existence à... Napoléon. Grandes causes, petits effets... A.D. |