ALEXIS CONSTANTIN, UN PERS-JUSSIEN QUI EUT SON HEURE
DE GLOIRE EN RESTANT MÉCONNU DANS SON PAYS NATAL

Article paru dans le bulletin n° 32

Alexis Constantin est né au Beule en 1909

Aujourd’hui, à Pers-Jussy, qui se souvient d’Alexis Constantin ? Cet homme est pourtant né dans notre commune le 6 juillet 1909, fils de Pierre Joseph Marie Constantin (né le 13/12/1866 à Pers-Jussy) et de Claire Alice Quentin. En fait, les parents d’Alexis n’habitaient plus Pers-Jussy mais Paris  (99, rue Cardinet), sa mère était venue accoucher chez ses beaux-parents, François et Françoise Constantin, dits Borguet, cultivateurs au Beule. Dans l’acte de naissance d’Alexis, il est écrit que son père est “conducteur automobile”, profession rare en 1909 !

Sans doute influencé par le métier de son père, Alexis fréquente l’École des Arts et Métiers de Genève et obtient un diplôme en mécanique automobile ce qui l’amènera tout naturellement à se consacrer au monde automobile et nautique. Attiré par la compétition, il court le Bol d’or à Montlhéry en 1938, sur Bugatti, et termine 6è (2è dans sa catégorie).

Pendant la guerre, de 1939-1945, il participe activement  à la résistance ce qui lui vaut d’être  emprisonné pour sabotage.
Au lendemain de la guerre, Alexis Constantin est “préparateur automobile” à Montreuil-sous-bois. Dès 1946, il reprend la compétition sur Maserati (Grand prix de Marseille, Coupe de la Résistance, Grand Prix automobile de Belgique). En 1947, il court sur Delage avant de revenir à Maserati. De par sa profession, Alexis est amené à transformer des voitures de particuliers pour leur donner plus de puissance en y adaptant un compresseur.


Il transforme des 203, en vue d’une participation aux 24 heures du Mans

Tenté par les 24 heures du Mans, il choisit la 203, une des “voitures phares” de l’époque, pour l’adapter à la compétition, sans aucune aide de la firme Peugeot.  En 1951, il transforme une 203 en coach surbaissé, allégé et muni d’un moteur de 1425 cm3 à compresseur. Dès 1952, il  pilote lui-même sa 203 aux 24 heures du Mans, sous le n° 43, en équipe avec Jacques Poch   mais doit abandonner au cours de la 15è heure à la suite d’une sortie de route. Il se représente en 1953, en équipe avec Michel Aunaud. Il termine l’épreuve, 25è sur 26.

Il invente le compresseur Constantin qui équipera de nombreux véhicules

En 1954, il  présente au Mans un nouveau modèle, une “barquette” dérivée elle aussi de la 203. Extrêmement légère, cette voiture est  munie d’un compresseur basse pression - le compresseur Constantin - qui améliore considérablement la  puissance du véhicule. Hélas, il sera “trahi” par la boîte de vitesse. Il représente sa barquette en 1955, sans la piloter lui-même, mais la voiture abandonne à la 9ème heure.
Alexis Constantin a également présenté  ses 203 transformées à bon nombre de courses automobiles (sans les piloter au-delà de 1954) : 12 heures de Reims (1953 et 1954), Bol d’or à Montlhéry (1954), 4è Tour de France (1954), Coupe d’automne à Montlhéry (1954), Coupe Wyn de tourisme à Montlhéry (1955), Coupe de Paris à Montlhéry (1955), Grand prix de Paris (1955), Tour de Corse, Mille milles, etc..

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Ses voitures participent à de nombreuses compétitions

Signalons que le compresseur initialement conçu pour les 203 a équipé par la suite des 403, 404, 504, DS, BMW, 2 CV, Simca, et même des bateaux de compétition ! En 1955, une Panhard équipée du compresseur Constantin, pilotée par Pierre Chancel, a battu le record du monde de vitesse.
Parallèlement à son activité sportive, Alexis Constantin a tenu des garages à Paris, Vincennes, Montreuil-sous-bois, et enfin au Perreux où il a passé ses dernières années. Il est décédé le 3/05/1983.
D’après son petit-fils, Alexis Constantin revendiquait son origine savoyarde. Il a dû séjourner en Haute-savoie puisqu’il a passé son permis de conduire à Annecy en 1927. Est-il revenu dans son village natal ? C’est vraisemblable car il avait une sœur, Solange Constantin*, qui aurait résidé à Pers-Jussy et à qui il rendait visite.

*    Si un de nos lecteurs se souvient de cette personne, qu’il nous le fasse savoir.


Au début des années 50 on évoquait souvent Alexis Constantin dans la presse spécialisée

Les informations concernant Alexis Constantin nous ont été communiquées par son petit-fils, Franck Constantin. Ce dernier nous a contactés par notre site Internet pour nous demander des renseignementsd’ordre généalogique sur ses ancêtres Constantin. Nous le remercions de nous avoir fait connaître ce Pers-jussien méconnu dans sa commune natale. Un fois de plus le proverbe est vérifié : “Nul n’estprophète en son pays”. Franck Constantin nous signale par ailleurs que Jacques Poch, copilote d’Alexis aujourd’hui âgé de 92 ans, est toujours très actif et se rend trois fois par semaine à son bureau.
               

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