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Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 1998 sur le chantier d'aménagement et d'élargissement de la départementale 2, à Chevrier. Un compte rendu signé par Gaëlle PINARD en a été publié dans le numéro 1998 de "La Revue Savoisienne", organe de l'Académie Florimontane. Monsieur Pierre SOUDAN, directeur de la revue, nous a aimablement autorisé à le reproduire ci-dessous et nous l'en remercions Comme l'auteur de l'article, nous ne pouvons que regretter les actes de vandalisme qui ont saccagé le site |
La nécropole de Margueire (1)
(IVè-VIIèsiècle) a été
reconnue au milieu du XIXè siècle, sans doute
lors de la création de la route départementale
2 qui relie Annemasse à La Roche-sur-Foron ; de
nouvelles observations ont été
effectuées en 1932 lors d'un premier
élargissement. Plus récemment, un nouveau
projet d'élargissement a entraîné la
réalisation, dans un premier temps d'une campagne de
diagnostic (mars-avril 97) puis d'une fouille
préventive en 1998, toutes deux financées par
le Conseil Général.
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77 sépultures ont été mises au jour sur la bande de terrain affectée par les travaux, à l'est de la RD 2, sur une surface d'envi-ron 1100 m2 (120 X 9 m) Le site s'étend sur une butte morainique (2) attribuable au Wurm (3) dont le relief érodé ne présente qu'une couche limoneuse de faible épaisseur (une dizaine de cm), intercalée entre la terre végétale et le substratum. L'érosion, mais surtout les pillages anciens et récents ont considérablement endommagé le site. Ainsi, sur les 77 sépultures repérées, près de 40% ont été perturbées et 22% ont été complètement détruites. Ces dégradations ont
représenté une perte d'informations
irrémédiable, concernant les modes
d'inhumation et le mobilier associé au défunt,
nuisant par la même occasion à la
compréhension globale du site
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BILAN DE LA
CAMPAGNE DE FOUILLES L'absence de stratigraphie et de chronologie relative entre les sépultures, ainsi que la rareté du mobilier (en partie dérobé par les fouilleurs clandestins) a conduit, dans la plupart des cas, à ne retenir que la typologie des sépultures comme élément de datation. Les différents modes d'inhumation observés (typologie des sépultures) révèlent une occupation longue de la nécropole.
Cette nécropole, reconnue depuis près de 150 ans au gré des travaux de la RD 2, se développe sans doute encore à l'est, sur l'extrèmité de la croupe morainique, mais ses autres limites restent difficilement appréciables.
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La nécropole évoquée ci-contre se prolongeait à l'ouest sur l'emplacement de la route. Cette zone a été explorée puis détruite en 1932. Dans trois numéros différents du "Messager agricole", Andrée BRAND a retrouvé des articles qui relatent ces découvertes archéologiques. En exécutant les travaux d'élargissement et de rectification de la route 14 entre Reignier et La Roche, les ouvriers de l'entreprise Golliez et Cottin ont mis au jour une cinquantaine de squelettes, sur la commune de Pers-Jussy, vers la croix de Navilly. Ces ossements se trouvaient à 60 ou 80 centi-mètres de profondeur. Aucun indice ne permet de retrouver trace de l'époque à laquelle les cadavres furent inhumés mais, selon les observations de M. Leroux, le savant archéologue, conservateur du Musée d'A-necy, il est probable qu'on se trouve en présence de sépultures datant des Burgondes, population d'origine germanique, qui ont habité la Savoie après l'occupation romaine, du 5è au 8è siècle après Jésus-Christ. Le Messager agricole du 2/07/1932 Sur la route de La Roche où l'on a mis à jour un cimetière burgonde, un squelette particulièrement bien conservé avait été extrait d'une tombe et déposé sur le bord de la route en attendant que l'emporte un savant archéologue d'Annecy. Or, ce squelette vient de disparaître, emporté, croit-on, par un automobiliste genevois, amateur lui aussi, sans doute, de recherches scientifiques. Le Messager agricole du 9/07/1932 En juin dernier, des ouvriers terrassiers occupés à pratiquer des tranchées destinées à l'élargissement de la route de La Roche avaient mis au jour des tombes remontant à l'ère burgonde (huitième siècle). De nouvelles tombes viennent encore d'être découvertes à 1500 m des premières dont un squelette complet, au lieu-dit Vercot. On a également mis à jour une tête de cheval. Le Messager agricole du 3/09/1932 |
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Les découvertes archéologiques de 1998 ont montré que la nécropole de Chevrier a commencé de "fonctionner" au quatrième siècle c'est-à-dire entre 300 et 400 après J.C. Par conséquent, contrairement à ce qu'on croyait et à ce qui se raconte encore, les débuts de la nécropole sont antérieurs à l'arrivée des Burgondes dans notre région (vers 440) et les ossements qu'on y a trouvés - au moins pour les plus anciens - appartenaient à des Gallo-romains. A.D. |
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A l'époque de ces "fouilles archéologiques", j'étais à Genève à l'institut Florimont. Je vins voir ces découvertes, c'était déplorable, les ossements étaient éparpillés dans le champ opposé. Je remarquai un fémur extraordinaire et l'emportai dans un carton ad hoc. A la douane, aux Eaux-vives, le douanier voulut absolument que j'ouvre le carton, malgré mes explications... Sa tête lorsqu'il vit l'objet en question... Ce fémur fut placé au musée de l'Institut. Élise Naville, dite à
Collambet, qui logeait Henri de Ziegler et sa famille, m'a
dit que l'écrivain avait recueilli un crâne
"sur les Crêts", l'avait nettoyé et
placé sur son bureau à Genève !
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Les plus anciens utilisateurs la nécropole de Chevrier vivaient paisiblement dans un empire romain tout récemment converti au christianisme (313). Etaient-ils eux-mêmes chrétiens? Rien ne permet de l'affirmer mais ils ont dû se convertir assez tôt à cause de la proximité de Genève, foyer d'expansion chrétienne. A la fin du IVè et au début du Vè siècle, les utilisateurs de la nécropole connaissent les invasions barbares (les "méchants" Vandales, Suèves et Alains, suivis par les "gentils" Burgondes) et la chute de l'empire romain (408). De 443 à 534, ils sont sujets du royaume burgonde. En 534, le pays est conquis par les Francs mais l'utilisation de la nécropole se poursuit jusqu'à la fin des Mérovingiens. Elle cesse alors que s'esquisse l'empire carolingien avec Charles Martel et Pépin le Bref. Quand Charlemagne arrive au pouvoir (768), elle est sans doute déjà désaffectée. A.D. |