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LA LIGNE DE
CHEMIN DE FER ANNEMASSE - LA ROCHE
ET LA GARE DE CHEVRIER |
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La ligne Annemasse-La Roche a
été mise en chantier vers 1879-1880 par la
compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), à l'instigation de l'ingénieur
Sadi Carnot, futur Président de la République. Sadi Carnot
serait venu à Pers-Jussy Selon une tradition orale, les
contrats d'acquisition des terrains de Pers-Jussy
nécessaires à sa construction auraient
été signés par Sadi Carnot
lui-même dans la maison de la famille Volland à
Chevrier. Le tracé de la voie a dû faire
l'objet d'un débat car, dans un projet
précédent, on avait retenu un autre
itinéraire décalé vers l'ouest.
Les habitants de Chevrier manifestent pour obtenir un passage à niveau Il fallut construire une gare, qui
existe toujours bien que désaffectée, et des
passages à niveau. On en avait prévu un
à Loisinges mais pas à Chevrier :
l'administration estimait en effet que "le chemin
était trop étroit et trop en pente et que la
courbe qu'il décrivait était telle que deux
voitures allant à la rencontre l'une de l'autre ne
pouvaient s'apercevoir qu'à une distance de 8
à 10 m".
Chaque jour, six trains s'arrêtaient
à Chevrier
La ligne a été ouverte
le 10 juillet 1883. Chaque jour, trois trains dans chaque
sens s'arrêtaient à la gare de Chevrier. En
direction d'Annemasse, on avait le choix entre les trains de
9h30, 12h37 et 18h12 et on arrivait au terminus au bout
d'environ une demi-heure. Pour aller à La Roche, les
horaires étaient les suivants : 8h53, 11h40 et 17h27
et il fallait 8 minutes pour atteindre le but.
Le prix du billet La Roche-Annemasse était de 1,55 F en 2ème classe et de 1,15 F en 3ème classe (les trains avaient alors trois classes mais y-avait-il des wagons de 1ère classe sur cette ligne ?). ![]() La gare de Pers-Jussy-Chevrier vers 1930 |
![]() Horaire des trains entre Aix-les-Bains et Annemasse au début du XXe siècle
Tous les trains s'arrêtaient à la gare de Pers-Jussy-Chevrier
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Le chef de
gare était une femme Le premier chef de gare a été une femme : Augustine Rodet, épouse de Jacques Candé, brigadier poseur. Quelques années après, Augustine a été rem-placée par Élisa Godard, épouse Thura, dont le mari était également brigadier poseur. Henri Thura, leur fils, a été tué au cours de la guerre de 1914-1918, son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. La tradition a été conservée car le chef de gare de Chevrier à (presque?) toujours été une femme. Cette voie ferrée qui permettait d'accéder rapidement à Genève a eu une importance considérable sur l'économie de la commune et les personnes qui souhaitent en savoir davantage sur son histoire peuvent consul-ter le bulletin n° 4 des "Amis du Vieux La Roche" (disponible à la Maison du Pays Rochois au prix de 40,00 F) ainsi que plu-sieurs numéros récents de la revue municipale d'Annemasse. Les citations entre guillemets sont extraites des délibérations du conseil municipal de Pers-Jussy . |
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LA ROCHE-ANNEMASSE Dans sa jeunesse, notre Président d'honneur , le frère Maurice Rosset, a eu l'occasion de glaner quelques anecdotes remontant aux origines de cette ligne dont l'inauguration a marqué la vie des Pers-Jussiens de l'époque. Le forgeron de Chevrier Cette anecdote m'a été
rapportée par Auguste Naville (Guste à Mile
à Phonse à la Tiennette à Bargoen).
Lors du passage du premier convoi, toute la population
riveraine était accourue le long de la voie et
attendait avec fièvre. A Chevrier, bavardant avec ses
voisins, le grand oncle d'Auguste, forgeron ou
maréchal, je ne sais. Entre autres
déclarations, il disait :
- "Pensa vi ! i vu pò tgni bin longtems s'lou ròye, u bà det na dovan'ne d'passajhe, i va tot s'éclafò, i vu pò tgni ! D'pouai en parlò, d'mi cniesse, d'sai d'la partia ! (Pensez voir ! ça ne va pas tenir bien longtemps ces rails, au bout d'une douzaine de passages, çà va tout s'éclater, ça ne va pas tenir ! Je peux en parler, je m'y connais, je suis de la partie !)". Un homme de Chevrier, un peu demeuré, disait fièrement à un habitant des hauts de la commune : "Oh ! Shevri, yet pò ran ! i passan lou train qu'van à Paris ! (Oh ! Chevrier, c'est pas rien, y passent les trains qui vont à Paris !)". Une femme du haut de Pers-Jussy
prenait le train pour la première fois à
Chevrier. Le convoi était déjà en gare.
Notre dame demande le prix du billet : (1) Les chefs de gare de Chevrier ont presque toujours été des femmes. La dernière anecdote se passe
non sur notre commune mais, paraît -il, en amont de La
Roche.
Quand on dut construire la voie ferrée, les ingénieurs du P.L.M. vinrent trouver un vieux paysan dont la grange se trouvait sur le tracé. - "Monsieur, lui expliquent-ils, vous serez avantageusement remboursé, dédommagé, le train passera dans votre grange". Réplique furieuse du propriétaire : - "Ah ! monchu, n'y comptò pò ! Alô, vot creyi qu'à tot lou cou, ma fenne avouai met, on va ovri la pourta à v'tron mécanique ? Ah ! non ! n'y comptò pò ! (Ah! monsieur n'y comptez pas ! Alors, vous croyez qu'à chaque fois ma femme et moi, on va ouvrir la porte à votre mécanique ? Ah ! non, n'y comptez pas!)". |
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