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Article paru dans le bulletin n° 10 |
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Le dolmen de Pers-Jussy a été évoqué pour la première fois, semble-t-il, en 1820 par l'écrivain suisse Salverte, dans son ouvrage sur les mégalithes du Genevois et du Faucigny : il l'appelle "Pierre à cache de Mandrin" et le situe "à l'entrée du bois de la Perrière" mais ce bois est totalement inconnu dans la région. Pierre aux Fées ou Cache de Mandrin ? Vers 1857, le dolmen de Chevrier a
été dessiné par G. Roux pour illustrer
les "Nouvelles montagnardes" évoquées dans le
bulletin n° 6. Ce dessin est reproduit ci-contre : en
toile de fond, on reconnaît la pointe d'Andey, le
Jalouvre. etc...
Décrit après sa destruction par Fenouillet, Mairot et Revon |
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| L'emplacement du dolmen de Chevrier (symbolisé par un point rouge) sur une carte topographique récente |
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D'après Revon "il était adossé à la pente orientale d'un des innombrables monticules qui s'élèvent dans la plaine des Rocailles, près du mas de Chautenber". Il avait la forme d'une énorme table de protogine (granite verdâtre à gros cristaux provenant du massif du Mont-Blanc) mesurant six mètres sur quatre, épaisse de près de deux mètres et soutenue par trois piliers. Il était donc plus grand que la Pierre aux Fées de Reignier. Le tout formait une espèce de chambre ouverte vers le Nord-Est où, dit-on, les bergers allaient se mettre à l'abri. Revon signale également que,
lors de la destruction, "lesupport postérieur ayant
été enlevé pour être
utilisé, la table subit un mouvement de bascule et
prit une position inclinée". Selon quelques personnes, dont France
Robert, qui ont autrefois recueilli les témoignages
d'anciens, le dolmen dominait la route de Chevrier au
Châtelet du Crédoz, sur la gauche quand on
descend, juste après le pont de la voie
ferrée. D'autres le situent près de la maison
Naville dit Collambet en arguant que le coin de cette
demeure s'appellerait La Perrière. Nous avons fait des recherches dans ce
sens et, dans un premier temps l'hypothèse de Jean
Lavorel semblait prendre corps. Il y a sur le chemin des
Essartons un amas de petits blocs anguleux qui pouraient
être des débris abandonnés après
la taille. Toutefois, il ne s'agit pas de protogine mais
d'une sorte de gneiss et les cassures paraissent un peu
"fraîches". Un peu plus loin, toujours sur le chemin
des Essartons, on trouve un gros bloc de granite à
mica blanc, en forme de tronc de pyramide assez
régulier de 1,80m de haut. C'est le seul bloc
erratique granitique de ce secteur, les autres étant
de nature calcaire (nous sommes déjà dans la
plaine des rocailles). De là à penser qu'il
pouvait s'agir d'un des piliers du dolmen resté en
place, il n'y avait qu'un pas. Nous avons failli le
franchir.
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Mais une autre découverte toute fortuite nous a fait éliminer cette hypothèse. En consultant dans un tout autre but une vieille carte d'état major sarde levée vers 1840, nous avons constaté que la Pierre aux Fées de Reignier était indiquée par un symbole évoquant la lettre grcque minuscule Pi. Nous avons cherché le même symbole sur les emplacements possibles du dolmen de Chevrier. Il y était ! Le dolmen de Chevrier avait été cartographié par les géographes sardes ! Aucune des deux hypothèses précédentes n'était bonne ! Pour le situer, il faut savoir
qu'avant la réalisation de la voie ferrée,
l'ancienne route de Losnèlaz passait devant les
maisons Tissot et Volland et descendait tout droit. Si on
tient compte des données de la carte et de la
description donnée par Revon, on peut penser que le
dolmen se trouvait sur la butte entre l'actuelle voie
ferrée et le début du chemin de terre qui
mène aux Vuardes (voir plan en encart dans ce
numéro. Ainsi, l'énigme est presque
résolue : on connaît à peu près
l'emplacement du dolmen. Maigre consolation ! Il y a 134
ans, un acte de vandalisme utilitaire a
irrémédiablement détruit un monument
historique, un élément irremplaçable de
notre patrimoine communal.
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Article rédigé essentiellement à partir des notes réunies par Maurice ROSSET