OÙ ÉTAIT SITUÉE L'ANCIENNE ÉGLISE DE JUSSY ?

Article paru dans le bulletin n° 21

Au cours de la randonnée du 1er juillet 2001, nous nous sommes arrêtés sur le site de l'ancienne église de Jussy mais il est bien difficile d'imaginer les lieux tels qu'ils étaient avant la destruction de cet édifice 

N°215 : Église et cimetière

N° 213 : presbytère

N°214 : Cour du presbytère.

N° : 210 Pré-verger

N° 211 : Jardin.

N° : 212 : Verger

N° 215 : Place devant l'église

Sur un extrait de plan cadastral actuel au 1/2.000 (en jaune pale), nous avons superposé un fragment, à la même échelle, de la mappe sarde de 1732 : le secteur de l'église et de ses dépendances avant la Révolution Française.

Voir la reproduction de cet extrait de mappe dans l'article consacré aux églises de Pers-Jussy

 

À PROPOS DE L'ÉGLISE DE JUSSY

L'église de Jussy, dédiée à St-Antoine, était très ancienne, elle a sans doute été construite avant le XVè siècle. Comme partout en France, elle fut désaffectée sous la Révolution Française mais, après le rétablissement du culte catholique, si on en croit les dires du baron de Cevins, elle a été "réparée". Malgré ces travaux, la paroisse de Jussy a été réunie à celle de Pers en 1803. La commune de Jussy, elle, a survécu jusqu'en 1814, date de sa fusion avec Pers pour former la commune de Pers-Jussy. On peut toutefois remarquer que l'Édit royal qui entérine la chose n'a été proclamé que le 16 décembre 1816.

Le baron de Cevins fut un farouche adversaire de ces fusions, tant civiles que religieuses. Elles lèsaient ses intétrêts : gros propriétaire terrien à Jussy, il "avait barre" sur les habitants de cette commune tandis qu'à Pers son influence sur la population était faible. Dans une lettre de protestation aux autorités, il écrit notamment : "Notre paroisse [a] été réunie à Pers contre les principes du bon sens plutôt qu'à Reignier, vu l'enclavement de sa surface et la proximité du bourg par une bonne route bien entretenue".

Quand, après la fusion des deux communes, on entreprit la destruction de l'église de Jussy, il entra dans une grande fureur, écrivit aux Autorités et fit pétitionner ses concitoyens. Dans ses lettres, il évoque "les avanies que subissent jusque dans l'église de Pers les paroissiens de Jussy". Il affirme que "les habitants de Jussy espéraient pouvoir ériger en chapelle leur ancienne église si [le curé] de Pers n'avait eu le sacrilège désir de la démolir, s'étant permis même de monter sur le toit et de découvrir de sa main la maison de Dieu et de faire emporter les tuiles sur son presbytère de Pers". Le curé de Pers avait pour but, écrit-il, de "provoquer la vente du lieu sacré sans égard aux droits des tiers qui y avaient des chapelles".

D'après les écrits du baron, la vente de l'église, du cimetière et d'une chambre consulaire dans le presbytère "a fourni la somme de 800 francs qui furent pris par l'administration de Pers". Cette dernière "en plus, emporta notre cloche de trois quintaux puis s'empara des vases sacrés... et de quatre ornements qui étaient la propriété d'une famille de Jussy qui les avait prêtés à titre précaire... La même administration fit vendre deux tilleuls énormes du cimetière", etc...

Ces protestations furent sans effet mais, pendant de nombreuses années, subsista à Jussy une certaine animosité contre "les gens de Pers".

D'après des documents fournis

par Maurice ROSSET

 

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