SAINT FRANÇOIS DE SALES EN VISITE PASTORALE

À PERS ET JUSSY EN 1606


Saint-François de Sales, fut évêque du diocèse de Genève (en résidence à Annecy à cause de la Réforme protestante) de 1602 à 1622. Il a tenu à visiter toutes les paroisses de son diocèse.

VISITE PASTORALE DE LA PAROISSE DE PERS
Article paru dans le bulletin n° 31

Le vendredi 13 octobre 1606, François de Sales rend visite à la paroisse Saint-Pierre de Pers. Il est accueilli par Michel Mugnier, Mathieu Carrier, syndics de la paroisse, accompagnés de Me Maurice Raffy, notaire, Améd(ée) Roguet, Louis Miucet, Pierre Gars et Mauris Navilliouz. Le recteur (curé) de Pers était Messire Louis Delagrange.
Dans le compte rendu de sa visite épiscopale, l’évêque fait un constat sur l’état de la paroisse, donne des “injonctions” au clergé et aux paroissiens, et enregistre les vœux de ses hôtes.  
Ce texte est rédigé dans une langue assez hermétique pour un lecteur du 21è siècle aussi ne ferons-nous qu’en dégager l’esssentiel.
A.D.
En 1606, il y avait environ 650 habitants à Pers

On y apprend qu’il y a environ 150 feux (foyers) dans la paroisse de Pers, on peut donc estimer la population de Pers (sans Jussy) à environ 600 ou 700 habitants.
Au curé, l’évêque rappelle, entre autres, qu’il est tenu de célébrer :
-     les dimanches et jours de fêtes, une grand messe, avec, en plus, les matines et vêpres lors des fêtes solennelles.
-     le lundi, une grand-messe pour les trépassés.
-     les autres jours, à dévotion.

En 1605, le presbytère de Pers a subi un incendie

Aux paroissiens, il demande de :

-     “plâtrer et blanchir” le chœur de l’église (1) et de le “couvrir” (sans doute remplacer les tuiles ou le chaume du toit) dans le
       délai d’un mois,

-     “planchonner” la nef de l’église,
-     “faire rebâtir la maison pastorale qui se trouve brûlée” depuis un an (ce qui nous apprend incidemment que le presbytère a
       été incendié en 1605),

-      fournir à l’église trois nappes, six serviettes, un ciboire d’étain.
Les paroissiens ont, eux aussi, une demande à formuler : ils veulent un vicaire.
Comme la plupart des églises de l’époque, celle de Pers possède des chapelles, sur lesquelles François de Sales fait le point :
-      une chapelle du Saint Esprit et de Notre-Dame, où messire Jacques Vachoud, prêtre habitant Arbusigny, célèbre deux      
       messes par semaine à l’intention des paroissiens ; l’évêque enjoint ces derniers de la faire “parer, orner, doter” et et de            “faire les vitres dans le mois, faire le marchepied et vitres, planchonner”.

-       une chapelle de Saint Sébastien, où messire Pierre Roguet, vicaire du Sappey, est tenu de célébrer une messe pour les
        familles Constantin dit Cornu et Constantin dit Bellard.

-      une autre chapelle de Notre-Dame, patronnée par les “Constantin de Pers, Magny et de La Roche”, à laquelle est affectée
        un “recteur” : Vénérable Messire Adrien Constantin, religieux de St-Victor, qui devra la “faire réparer, orner, couvrir et vêtir”
        dans le délai d’un mois.

-       une autre chapelle de Notre-Dame se trouve sur les tribunes de l’église : il y a un autel mais ni retable ni  recteur, on y fait
        des “dévotions pour les enfants morts”(2) et des “services pour les trépassés”.

L’évêque énumère les biens et revenus de la cure

Le compte rendu de la visite fait également le point sur les biens fonciers dont dispose le curé et les rentrées en argent dont il bénéficie.
Le curé dispose d’une maison (s’agit-il de celle qui a été incendiée l’année précédente ?), un jardin, une terre cultivable et  deux pièces de pré.
Les dîmes et la “prémice”(impôts ecclésiastiques en nature) sont perçues par l’Abbé d’Entremont, qui n’en reverse qu’une faible part au curé.
Le curé reçoit les revenus d’un legs fait à la paroisse et ceux d’une somme destinée aux réparations de l’église et actuellement entre les mains de Me Myucet, notaire.
François de Sales ordonne d’augmenter la redevance perçue pour les inhumations dans l’église, “taxe”modulée en fonction de l’emplacement de la tombe : plus on est proche du chœur, plus c’est cher !
Il décide également  de changer le jour de la dédicace, qu’on célébrait jusqu’alors le jour de la saint Roch, au mois d’août, et de le transférer au 18 novembre !

(1) Il s’agit bien entendu de l’ancienne église, détruite vers 1858.
(2) On avait coutume d’y amener les enfants mort-nés. On espérait que la Sainte Vierge les ressusciterait le temps de recevoir le baptême. Rien ne semblait pire que la mort d’un enfant sans baptême. L’Église laissait faire, avec beaucoup de réticences.
A.D.

VISITE PASTORALE DE LA PAROISSE DE JUSSY-SOUS-PERS

Article paru dans le bulletin n° 32

Après avoir visité Pers, François de Sales s'est rendu à Jussy-sous-Pers.

La paroisse est beaucoup plus petite, c'est peut-être pour cela que le compte-rendu est plus succint.

Le vendredi 13 octobre 1606, François de Sales rend visite à la paroisse “Saint Antoenne de Jussye soub Pers” Il est accueilli par Henry Mestral, Jehan Mestral, Thomas Dunant et André du Cimitière. Le recteur (curé) de Jussy était Messire Gonln Gras, “prebstre” (prêtre).

En 1606, Jussy est une petite paroisse :
sa population est inférieure à 100 habitants

Il y a dix-neuf feux (foyers) dans la paroisse. On peut donc estimer que la population de Jussy oscille entre 80 et 100 habitants.

Les charges du curé

Le curé est tenu de célébrer :
-  les fêtes et dimanches : une petite messe
-  les jours solennels : matines et vêpres
-  le lundi : une petite messe
-  les autres jours : à dévotion.

Les revenus de la cure

Le curé dispose d’une maison avec grange et jardin plus cinq poses de terre.
Le curé perçoit en “cense volante” (sorte de loyer) un quart et demi de froment. Il est le seul à percevoir la dîme sur le territoire de la paroisse, alors qu’à Pers, le curé n’en perçoit que la portion congrue. Il lui revient ainsi 45 coupes de céréales, les deux tiers en froment, le reste en seigle.
Le curé reçoit en outre une gerbe de froment par feu (foyer).

Les injonctions de l’évêque

Au curé l’évêque enjoint d’avoir un purificatoire, de faire repeindre “l’image de St-Antoenne” et d’avoir un autel portatif.
Aux paroissiens, il demande de réparer “la coupe du calice” et de fournir une nappe, six serviettes et un ciboire,.
Le tout dans le délai d’un mois.
A.D.