|
|
Articles paru en feuilleton dans plusieurs bulletins au cours des années 2004 à 2008 |
|
ANNÉES 1914 et 1915
Bulletin n° 31 : Premier trimestre 2004 En cette année 2004 on va commémorer le 90è anniversaire du déclenchement de la guerre de 1914-1918. Cette tragédie, dont nous subissons encore aujourd'hui les conséquences (conflits de l'ex-Yougoslavie et du Moyen Orient, etc...), a profondément bouleversé l'Histoire du monde en général et de Pers-Jussy en particulier. En 1997, nous avons consacré une exposition à cet événement mais il n'est peut être pas inutile d'y revenir. Nous vous proposons donc ici le début d'un feuilleton destiné à s'étaler sur de nombreux numéros. Nous le "distillerons" à petites doses pour ne pas vous lasser. Il ne s'agit pas de faire une histoire de la guerre, il y a de très bons livres sur ce sujet . Nous essayerons seulement de montrer ce qui s'est passé à Pers-Jussy pendant la guerre et surtout ce qu'ont enduré les soldats de notre commune pendant plus de quatre ans et ça, vous ne pourrez le lire nulle part ailleurs. Si vous possédez des photos
ou des documents (citations, par exemple), concernant des
"poilus" de Pers-Jussy, faites-le nous savoir.
En 1914, Pers-Jussy est une commune totalement axée sur l'agriculture. Environ 75% des chefs de familles sont agriculteurs. Beaucoup ne possèdent que quelques vaches. On n'achète que les denrées que l'on ne peut pas produire. Les jeunes sont tentés de partir, définitivement ou non, pour aller gagner leur vie en ville (à Genève surtout). Mais on s'amuse aussi : le dimanche, on danse, on va au café (il y a eu jusqu'à 18 cafés à Pers-Jussy !), on joue aux quilles. En 1914, il n'y a évidemment ni radio ni télévision. Les nouvelles du monde extérieur arrivent par les hebdomadaires auxquels certains sont abonnés. Deux sont très marqués politiquement : "La Croix de la Haute-Savoie", proche de la hiérarchie catholique, et "Le Progrès de la Haute-Savoie" qui appartient au camp "d'en face". Deux autres, "Le Messager agricole" (ancêtre du "Messager" actuel) et "Le Cultivateur savoyard", affectent une certaine neutralité. On lit aussi "Le Rochois" qui donne des informations plus locales. Mais c'est surtout à la fruitière, au café, au marché de La Roche et éventuellement aux enterrements qu'on apprend les nouvelles. En fait, on s'intéresse plus à la vie locale qu'à l'actualité nationale ou internationale. Depuis 1905, il y a matière à discussion : la loi de séparation de l'Église et de l'État - dont on parle beaucoup en cette année 2004 - a créé la zizanie dans la commune. D'un côté, il y a le camp des partisans de la loi, de l'autre, il y a le camp des adversaires. La mairie, avec à sa tête Louis Péguet dit "Ouiss à Barthou", est tenue par les premiers qu'on appelle encore "les rouges". L'application de la loi a entraîné un conflit avec l'abbé Delacroix, curé de Pers-Jussy. Les passions se sont exacerbées de part et d'autre et, en "représailles", l'évêché a supprimé le culte catholique à Pers-Jussy en 1911. On raconte que le chef de gare faisait sur le quai l'annonce suivante : "Pers-Jussy-Chevrier sans curé" ! Les fidèles allaient à la messe dans les paroisses environnantes. On avait sans doute trop de sujets de préoccupation pour s'intéresser à l'assasssinat de l'Archiduc Ferdi-nand d'Autriche à Sarajevo le 29 juin 1914. L'assassinat de sa mère, l'impératrice d'Autriche (la fameuse "Sissi"), en 1901, avait sans doute davantage frappé les esprits : il faut dire que ça s'était passé à Genève, la "porte à côté" pour des Pers-jussiens ! C'est pourtant cet événement qui est à l'origine du conflit. Jusqu'au 23 juillet, on ne pressent pas trop le danger mais, ce jour-là, l'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie et la situation s'emballe. Le 1er août, la France décrète la mobilisation générale : à 4 heures de l'après-midi on sonne le tocsin à Pers-Jussy. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. La grande tuerie peut commencer. Des témoignages
Avant l'exposition de 1997, nous avions interrogé quelques Pers-jussiens assez âgés pour se souvenir de cet événement. Voici leurs témoignages. Gabrielle NAVILLE (née en 1906) : "J'avais 8 ans. La veille, j'étais allée en promenade scolaire(1) avec M. Peccoud, l'instituteur. Nous avions pris le train à la gare de Chevrier et nous étions descendus à celle de St-Pierre-de-Rumilly(2). Nous sommes allés ensuite à pied visiter l'usine hydroélectrique du Borne, un peu avant Le Petit-Bornand. Nous sommes revenus à St-Pierre avec des carrioles à cheval. Le lendemain (donc le premier août, NDLR), le tocsin a sonné. Peu après, des hommes d'Arbusigny sont descendus de leur village dans des chars à échelles. Ils criaient : "On va à Berlin ! On sera de retour dans quinze jours !". Augusta LAPHIN (née en 1899) : "J'avais quinze ans. On a entendu le tocsin jusque chez nous, aux Pittet, et on a compris que c'était la guerre". Louis CHAPPAZ (né en 1907) : "J'avais sept ans. J'habitais Vercot. Je me souviens que les cloches ont sonné, des gens ont dit que c'était la guerre".
Placide DUVERNAY (né en 1903) :
"J'avais 11 ans. On moissonnait dans le champ où se
trouve aujourd'hui Super U(3). Les cloches ont sonné.
Les ouvriers ont abandonné leurs outils et sont
partis. Les jours suivants, à la gare de Reignier,
des trains ont emmenés les mobilisés. Ils
criaient : "À Berlin ! à
Berlin !".
|
|
LES PERS-JUSSIENS ET LES PREMIERS COMBATS Nous avons dit que les Pers-Jussiens mobilisés en 1914 étaient, dans leur immense majorité, des fantassins et, qui plus est, des fantassins de montagne ou des chasseurs alpins. Ceci explique pourquoi ils vont presque tous se retrouver dans les Vosges, au cours du mois d'août. Dès le 7 août,
l'état-major français lance une offensive en
direction du Sud de l'Alsace alors que, semble-t-il, "nos"
Pers-Jussiens ne sont pas encore arrivés sur place.
Au début, l'attaque est couronnée de
succès, notre armée libère même
Mulhouse. Dans les convois ferroviaires qui les conduisent
au front, les Pers-jussiens pensent peut-être qu'ils
avaient raison, ceux qui disaient, le jour de la
mobilisation : "Dans trois semaines, on est à Berlin.
On sera de retour à Pers-Jussy pour récolter
les pommes de terre" ! Marie Arthur Roguet est mortellement frappé, le jour même de son baptême du feu. C'est le premier mort de Pers-Jussy mais Louis Péguet, le maire, n'aura pas la lourde tâche d'informer la famille : avant son incorporation, Marie Arthur avait quitté sa famille pour aller travailler à La Roche et l'avis de décès sera transmis à la mairie de cette commune. Ceci explique peut-être le fait que son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy mais pas sur la plaque commémorative de l'église. Ce 19 août marque le début de la contre-offensive allemande. Mieux armées, mieux équipées, les troupes allemandes font des "cartons" avec leurs mitrailleuses sur les fantassins français qui, avec leurs pantalons rouges, constituent des cibles idéales. Le 99è RI, arrivé dans
les Vosges dès le 12 août, est aussitôt
pris dans la tourmente. Dans ses rangs se trouve Claudius
Philistin Nicollet, de la classe 1910, fils de Jean-Marie
Nicollet et de Françoise Pittet, agriculteurs aux
Pittet. Le 24, à Saulxures (Il s'agit
sans doute de Saulxures-sur-Moselotte à une
quinzaine de kilomètres à l'Est de Remiremont).
Le 30è RI, d'Annecy, lui aussi, participe à ces premiers combats dans les Vosges, avec de nombreux Pers-jussiens dans ses rangs. L'un d'eux a été grièvement blessé dès les premiers jours. Il s'agit de Joseph Bailly : né à Plainpalais (CH - GE) en 1883, il a été élevé à Vuret chez son cousin Pierre-Marie Desbiolles. Au jour de la mobilisation, il habitait Genève, était marié avec un enfant mais il n'a pas hésité à répondre à l'appel de mobilisation. Blessé, il est recueilli par les Allemands qui le dirigent sur l'hôpital militaire de Regensbourg où il décède le 28 août. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy, mais pas sur la plaque commémorative de l'église.
Joseph Bailly Un autre fantassin du 30è RI, François Adrien Mugnier, dit Bise, de la classe 1901, fils de François Mugnier et d'Anastasie Gaud, agriculteurs à Chevrier, tombe malade au début des combats ; il décède peu après, le 12/09/1914 à l'Hôpital de la Houssière (88). Le 30è RI poursuit sa retraite sous la poussée allemande et arrive dans le secteur de St-Dié où il perd son troisième Pers-jussien : Pierre Ernest Suatton, de la classe 1909, fils de Jean Suatton, négociant à Navilly, et de Fébronie Critin. Il tombe le 28 août au cours des violents combats livrés par son régiment au Col d'Anozel : les pertes françaises sont effroyables. Le seul chasseur alpin de Pers-Jussy à avoir perdu la vie au cours de la campagne des Vosges sert au 62è BCA : il s'agit de Pierre-François Constantin, de la classe 1907, fils de Jean-Joseph Constantin, dit Joachim, et de Jeannette Degerine, agriculteurs au Chef-lieu. Au jour de la mobilisation, il habitait Genève et était marié avec Marie-Esther Decroux. Lui non plus n'a pas hésité à répondre à l'appel. Il est porté disparu le 29 août sur le champ de bataille de St-Dié (88) aux "Rochers Saint Martin" où son corps ne sera retrouvé et identifié que le 5 décembre 1915 ! Il meurt donc trois jours après son baptême du feu et à deux jours de son 27ème anniversaire.` Le 140è RI, de Grenoble, lui aussi se bat dans les Vosges. Dans ses rangs, il compte François Cyrille Gerine, de la classe 1908, fils de Paul Gerine et de Lucie Laphin, agriculteurs au Four. Le 4 septembre 1914, ce soldat de 1ère classe est grièvement blessé sur le champ de bataille de Sauceray (88). Il décède le soir même des suites de ses blessures.
François Gerine Au cours de cet épisode vosgien, plusieurs Pers-jussiens sont blessés, plus ou moins grièvement. On connaît le nom d'un seul d'entre eux : Auguste Arthur Maulet, de la classe 1904, soldat au 230è RI, blessé le 28 août 1914 au combat de Gerbéviller (54). À la même époque, d'autres Pers-jussiens sont capturés par l'ennemi. Ils passeront plus de quatre ans dans les camps de prisonniers, mais on peut affirmer sans grand risque que plusieurs d'entre eux devront leur survie à cette mésaventure. Pendant l'offensive des Vosges, les Allemands violent la neutralité belge et envahissent le Nord-Est de la France. L'armée française recule sous le choc, frôlant la déroute. L'avance allemande est heureusement bloquée par une vive réaction française. Le 9 septembre 1914, les Allemands battent en retraite, c'est la victoire de la Marne. Les Français reconquièrent une partie du terrain perdu. Il ne semble pas que des Pers-jussiens aient été engagés dans cette phase des opérations.
|
|
Bulletin
n° 35 : Premier trimestre 2005 Dans le bullletin n° 33, la place nous a manqué pour évoquer tous les Pers-Jussiens morts au combat au cours de la malheureuse campagne des Vosges d'août 1914. Le 62è BCA et le 230è RI dans les Vosges Deux unités dont nous n'avons pas parlé ont, elles aussi, payé leur tribut.dans cette campagne des Vosges : le 62è BCA et le 230è RI. Le 62è BCA a perdu Alphonse Tissot, dit Pany, de la classe 1908, natif de Loisinges, fils de François Tissot, agriculteur, et de Marie Cohannier. Il a disparu le 28/08/1914 à La Roche-St-Martin, commune de Denipaire, près St-Dié (Vosges), deux jours après son "baptême du feu". ![]() Alphonse Tissot Le 230è RI, constitué par scission du 30è RI, a perdu Émile-John Burnier, de la classe 1901, tué à l'ennemi le 28/08/1914 à Gerbevillers (54). Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy, mais nous ignorons tout de lui et de ses liens avec notre commune. Il est né à Genève et fait sans doute partie de ces nombreux Français de Suisse qui ont répondu à l'appel de mobilisation. Son patronyme laisse supposer que son père était originaire de Pers-Jussy. Après la victoire de la Marne, l'armée française, épuisée et à court de munitions, n'arrive pas à talonner l'adversaire en retraite qui a le temps d'organiser une ligne de défense entre l'Oise et la frontière suisse. Cependant, aucune des deux armées n'occupe sérieusement les régions situées à l'ouest de l'Oise. Un million d'allemands et autant de franco-britanniques s'y précipitent pour tenter de combler ce "vide". Cette phase de la guerre, appelée la "course à la mer", a duré deux mois (du 11 septembre au 14 novembre). Elle fut meurtrière avec de violents combats sur la Somme (23 - 26 septembre), en Artois (2 - 9 octobre) et dans les Flandres (12 octobre - 14 novembre). Au moins trois unités, comportant des Pers-Jussiens dans leurs effectifs, y ont participé : le 30è RI, le 97è RI et le 51è BCA. Dix Pers-Jussiens y ont trouvé la mort François-Alphonse Grange, de la classe 1900, natif du Biollay, fils de Pierre Grange, charpentier, et de Marie-Louise Grange, disparu le 25 septembre. Pendant que se déroulent ces combats sanglants autour de Faucancourt, le 3è bataillon attaque Herleville. 80 hommes sont tués ou blessés. Parmi les tués, il y a trois Pers-jussiens : François-Marie Maulet, de la classe 1900, célibataire, natif de Chevrier, fils de Joseph Maulet, agriculteur à Chevrier et de Joséphine Péguet, porté disparu le 25 septembre. Jean-Marie Mieusset, de la classe 1903, domicilé à Chevranges, fils d'Ambroise Mieusset et de Philomène Balthassat, marié avec Marie-Angeline Henry, tué le 25 septembre.Marius Dumont, de la classe 1911, natif de Navilly, fils de Félix Dumont, agriculteur à Navilly et de Joséphine Critin, disparu le 28 septembre.. ![]() Marius Dumont En quelques jours le 30è RI, où combattent de nombreux Pers-Jussiens, a perdu 840 hommes tués, blessés ou disparus, Beaucoup plus tard, en novembre-décembre 1904 et janvier 1915, le 30è RI perdra encore trois Pers-Jussiens dans la Somme : Sylvain Gerine, de la classe 1901, domicilié au Four, fils de de Paul Gerine, agriculteur, et de Lucie Laphin, marié avec Marie Gignoux et père de famille, disparu le 5 décembre 1914 à Frise (Somme). Il est le frère de François Achille, mort au combat le 4 septembre dans les Vosges. La famille Gerine a été une des plus éprouvées au cours de cette guerre. Alfred Corbet, de la classe 1903, natif de Taninges, mais domicilé à Ornex, fils de François Corbet et de Marie-Louise Perrier, décédé le 17 décembre à Villers-Bretonneux (Somme), à la suite de ses blessures de guerre. François Regat, dit Taque, de la classe 1898, domicilié à Ornex, fils de Jean-Marie Regat et de Thérèse Pittet, marié avec Marie-Joséphine Regat, père d'au moins deux enfants : Armand-Léandre et Hélène-Wilelmine. Il est décédé le 29/01/15 à la suite de ses blessures de guerre à l'infirmerie de Coppy (Somme). Il a inspiré des pages émouvantes à sa petite-fille, Françoise Blanchard, dans son livre "La maille anglaise" (voir Bulletin APJ n° 22). Ils sont livrés par le 97è RI qui arrive dans la région d'Arras le 30 septembre. Le 2 octobre, il subit une violente attaque allemande à Wancourt (62) et subit des pertes effrayantes : 1130 tués, blessés ou disparus. Au soir du 2 octobre, il ne restait que 1400 hommes de troupe valides au 97è RI ! Deux Pers-Jussiens figurent parmi les disparus : Eusèbe Péguet, dit Catelin, de la classe 1912, natif du Four, fils d'Émile-Benjamin Péguet, agriculteur, et de Victorine Dunand. C'est le troisième enfant du village du Four qui disparaît ainsi depuis le mois d'août. Eugène Tissot, de la classe 1913, natif de Chevrier, fils de François Tissot, cordonnier et d'Andréanne Calligé.Combats en Flandres (Belgique) Le 51è BCA, après avoir combattu sur la Somme, arrive en novembre dans la région d'Ypres en Belgique (un toute petit secteur de la Belgique, autour d'Ypres, a échappé à l'occupation allemande). De violent combat s'engagent à proximité de la localité de Verbranden-Nolen. Deux Pers-jussiens y perdent la vie : Jérémie-Claude Constantin, de la classe 1902, natif de Chevrier, fils d'Émile Constantin, aubergiste à Chevrier et d'Angeline Roguet, tué le 17/11/1914 Joseph Raphoz, de la classe 1900, domicilié à Loisinges, fils de François Raphoz, agriculteur à St-Laurent, et de Marie Soudan, marié avec Josephte Lacrosaz, de Pers-Jussy et père d'au moins trois enfants : René, Lucienne, et Joseph. Il a encore de la descendance à Pers-Jussy. Il a été tué le 18/11/1914.
Joseph Raphoz A.D
|
|
Bulletin n° 40 : Printemps 2006 L' ANNÉE 1916 Les “poilus” de Pers-Jussy ont participé à tous ces combats mais nous nous intéresserons surtout à ceux qui ont coûté la vie à certains d’entre eux. Le front des Vosges Les combats pour la possession de l'arête sommitale des Vosges, commencés en 1915, se poursuivent en 1916. Trois Pers-jussiens décédés de leurs blessures à cette époque ont vraisem-blablement été touchés lors de ces combats ou lors de ceux de la fin de l’année 1915. Ce sont : André Joseph Berthollet, du 12e BCA Né le 1/12/1891à Paris XVIIIe, il est le fils de François Berthollet, de Reignier, et d'Étiennette Deluermoz, de Pers-Jussy. Au jour de la mobilisation il habitait Paris (1er) mais avait passé une partie de son enfance à Loisinges, chez son oncle, Joseph Chavannes. Sergent au 12e BCA, il est décédé des suites de ses blessures le 11 janvier 1916 à l'ambulance 3-58 de Moosch (Hte-Alsace), à l’âge de 24 ans. Joseph Maulet
Né le le 23/08/1884 à Pers-Jussy, il est le fils de Joseph Maulet, agriculteur à Chevrier, et de Joséphine Péguet. Au jour de la mobilisation il habitait chez ses parents, à Chevrier; Soldat au 16è Escadron du train des équipages militaires, qui combattait dans les Vosges depuis 1914, il est décédé le 12 janvier1916 à l'ambulance 3/58, à Moosch (Hte Alsace), "suites de ses blessures reçues au champ d'honneur". Il avait 32 ans. René-Jules Mieusset
Né le 22/07/1892 à Pers-Jussy, il est le fils naturel de Célestine Mieusset. Il avait été élevé par sa grand-mère à Chevranges avant de rejoindre sa mère à Genève et y exercer la profession de garçon de café. Il était marié et avait un enfant mais son épouse et l’enfant ne lui ont pas survécu longtemps. Soldat au 133e RI, il avait combattu dans les Vosges depuis le début de la guerre. Il est décédé le 23 février 1916 à l'Hôpital St-Charles de St-Dié (Vosges), des suites de ses blessures, à l’âge de 24 ans. |
|||
|
|||
|
La bataille de Verdun
(février - décembre 1916) Depuis la fin de l’année 1914, le secteur de Verdun forme un saillant dans le territoire occupé par l’ennemi : il est est cerné sur trois côtés. La prise de Verdun permettrait aux Allemands de raccourcir le front et de porter un coup sévère au moral des Français. C’est pourquoi, le 20 février 1916, ils lancent une formidable offensive contre cette poche de résistance. Après un effroyable bombardement des lignes françaises par l'artillerie (trois millions d'obus en quelques jours), une armée de plus de 250.000 hommes s'élance à l'assaut sur un front de 40 km. Ils avancent moins vite qu'ils ne l'espéraient car l’artillerie n’a pas exterminé les défenseurs français qui sortent des décombres pour résister courageusement à l’assaut de l’ennemi. Le général Pétain est chargé de réorganiser la défense française. Les terrains perdus au début de la bataille sont en partie reconquis par les Français pendant l'été et l'automne 1916. La "kolossale" offensive allemande se solde finalement par un échec, c’est pourquoi on parle de la “victoire de Verdun”. Les pertes en vies humaines furent effroyables : 350.000 tués, blessés ou disparus du côté allemand, 380.000 du côté français ! Plusieurs Pers-jussiens ont dû participer à cette bataille car le 30e RI a été engagé dans ces combats et nous avons déjà signalé que ce régiment, basé à Annecy avant la guerre, avait incorporé un fort contingent de Pers-jussiens. C’est donc presque un miracle si un seul Pers-jussien a perdu la vie à Verdun pendant l'offensive allemande : Edmond-Auguste Lamouille, tué au Ravin de la Dame (55)
Né le le 8/01/1890 à Pers-Jussy, il est le fils de Jean Lamouille, cordonnier à Chevrier, et de Léonie Dumont. Soldat au 30è Régiment d'infanterie (3è Bataillon, 12è Cie), il a été "tué à l'ennemi" le 12/05/1916 au Ravin de la Dame, à l'ouvrage d'Haudremont (Meuse). Il avait 26 ans. L'ouvrage d'Haudremont appartenait au système de fortifications qui protégeait Verdun. Il était situé dans le secteur du célèbre fort de Douaumont, un peu à l’est. Le 12 mai 1916, les 10è, 11è et 12è Compagnies du 30è RI avaient pour objectif la conquête des tranchées au fond du "Ravin de la Dame" situées en avant de la "tranchée des sapeurs". Il y eut 22 tués (3 officiers et 19 hommes de troupe) dont Edmond-Auguste Lamouille. Ce soldat avait déjà été blessé à Perthes-les-Hurlus le 25/09/1915, au cours du combat où François Moënne, du même régiment, a trouvé la mort. C’est dans le ravin de la Dame qu’on a érigé le monument de la tranchée des baïonnettes. La bataille de la Somme (février - novembre 1916)
Le 1er juillet
1916, après 6 jours de préparation d'artillerie, les
Franco-britanniques montent à l'assaut des tranchées
allemandes sur un front d'une trentaine de km, dans la Somme.
L’offensive se poursuivra jusqu’en novembre.
Les assaillants ne progressent guère que d'une dizaine de km en direction de Péronne au prix d’une véritable hécatombe : 200.000 Français, 400.000 Anglais et 300.000 Allemands sont hors de combat ! Près d'un million d'hommes au total pour gagner moins de 200 km2, c'est-à-dire un territoire à peine plus étendu que le canton de Reignier ! Quatre Pers-jussiens ont perdu la vie dans cette aventure sanglante : Louis Dubouloz, mort à Barleux (80) Le 31/07/1909, à Plainpalais (Genève), il avait épousé Marie-Julie-Rose Canon. Au jour de la mobilisation, il habitait Plainpalais Il était sergent au 36è R.I.C (24è Cie). Il est tombé le 20/07/1916 à Barleux (Somme), à 4 km au S.O. de Péronne. Il avait 34 ans Joseph-Marie Perréard, tué au Forrest (80) Il était célibataire et, au jour de la mobilisation, il habitait Cruseilles (au jour de son décès, sa famille habitait Reignier). Il était chasseur de 2è classe au 13è B.C.A. Il a été "tué à l'ennemi" le 3/09/1916 "au combat de la Ferme de l'Hôpital" à Le Forest (Somme). Il avait 25 ans. Ce jour-là s’était produit une attaque française : le 13e BCA avait engagé un "corps à corps terrible" dans le "chemin creux". Il fut inhumé sur le champ de bataille par son frère, Alphonse PERRÉARD, qui combattait dans la même unité. Après la bataille, Alphonse n'a jamais pu retrouver la tombe. Le corps de Joseph a peut-être été exhumé par la suite mais il n'a pas été identifié car son frère avait ôté sa plaque d’identité. Son nom figure sur les monuments aux morts de Pers-Jussy et de Reignier. Eusèbe Constantin, dit Refond, tué au Forrest (80) Né le
26/07/1891 à Pers-Jussy (Ornex), il est le fiils de Jean-Claude
Pérréard et de Célestine Laphin.
Il était célibataire et, au jour de la mobilisation, il habitait Pers-Jussy (Marny). Il était chasseur de 2è classe au 13è BCA. Il a été "tué à l'ennemi" le 3/09/1916 au même lieu et au même moment que son classard et concitoyen Joseph-Marie Perréard. Il avait 25 ans. Il fut également inhumé sur le champ de bataille par Alphonse Perréard aux côtés de Joseph Perréard. Son corps n’a pas été retrouvé. Jean-Marie Constantin, tué à Berny-en-Santerre (80) Né le 23/06/1886 à Pers-Jussy (Vuret), il est le fils de François Constantin et de Françoise Mermoud. Il était célibataire et, au jour de la mobilisation, il habitait Pers-Jussy (Vuret). Il était soldat de 2è classe au 328è R.I. (5è Bat., 19è Cie). Il est décédé le 6/09/1916 à 15 heures 30 à Berny-en-Santerre, canton de Chaulnes (Somme), "par suite de blessures de guerre par balles". Il avait 30 ans. Le front de Champagne
Deux Pers-jussiens y ont laissé la vie en 1916.
Marie Auguste Vachoux, tué Jubécourt (53-
Né le 22/11/1875 à Arbusigny, il est le fils de Jean-François Vachoux et de Philomène Duvernay. En 1900 il avait épousé Françoise Mieusset, de Chevranges. Le couple avait trois enfants : Edmond (1902), Olga (1904) et Irène (1908). Au jour de la mobilisation, il habitait Chevranges. Il était soldat au 105e Régiment d’Infanterie territoriale. C’était donc un “territorial”, un “vieux”, un “pépère”, un de ceux à qui on avait dit qu’ils étaient mobilisés pour garder les voies ferrées ! Et malgré son âge et ses trois enfants, il est monté au front. En fait, il a été porté disparu le 30/05/1915 à Jubécourt, au sud de l’Argonne (53), mais le décès n’a été confirmé qu’en 1916. Il avait 41 ans. Joseph Naville, mort à la ferme de Mon Moret (51)
Né le le 25/11/1888 à Pers-Jussy, il est le fils d'Alexandre Naville, agriculteur à Marny, et de Mariette VACHOUX. Il était célibataire et, au jour de la mobilisation, habitait chez ses parents à Marny. Soldat de 2è classe au 109è Régiment d'infanterie, il est mort au combat le 19/07/16 à 20 heures à la ferme de Mont-Moret (51). La ferme de Mont-Moret est située à 2 km au NE de Châtel-Raould ( sur la voie ferrée de Brienne à Vitry). Il avait 28 ans. Il nous faut également citer encore un Pers-jussien mort en 1916 mais dont nous ne connaissons pas les circonstances du décès. Jean-Pierre Raoul REGAT, décédé à l'hôpital
Né le le 20/11/1875 à Reignier, il était le fils de Joseph-Marie Regat, agriculteur à Ornex, et d'Andréanne Chevallier. Il n’habitait peut-être pas Pers-Jussy en 1914. Soldat au 157è Régiment d'Infanterie, il est décédé le 4/07/1916 à l'Hôpital Bondonneau, commune d'Allan (près de Montélimar ?). Il avait 41 ans. |
|||
|
Bulletin
n° 41 : Quatrième trimestre 2007
L’ANNÉE 1917 L’Etat-major
allemand, au moins provisoirement, change de stratégie sur le
front français. Il y adopte une politique purement
défensive afin de porter ses efforts sur le front russe
où son adversaire est affaibli par la révolution de
février 1917 et la chute du tsar. À cette fin, dès
le début du mois de mars, il décide de raccourcir le
front entre Arras et Laon. Les troupes allemandes se replient sur une
ligne fortifiée préparée à l'avance.
Peu après ce recul volontaire, survient l'entrée en guerre des États-Unis (2 avril 1917). Il faudra cependant attendre longtemps avant que leurs troupes ne soient opérationnelles en Europe. Pendant des mois, les Anglais, les Belges et les Français continueront de combattre seuls. Dans le présent bulletin nous nous contenterons de suivre les poilus de Pers-Jussy sur un seul front : celui de l’Argonne Le front de l’Argonne : de janvier à avril 1917
La retraite allemande, purement stratégique, est mal interprétée par les Alliés : elle donne de faux espoirs au général Nivelle, qui a remplacé Joffre à la tête des armées françaises. Il croit que la percée est possible et, en coordination avec les britanniques, il concocte le plan d’une attaque d’envergure dans l’Argonne, secteur à cheval sur les départements de l'Aisne et de la Marne. Avant même le déclenchement de cette offensive, des escarmouches locales coûtent la vie à deux Pers-jussiens sur ce front ou à proximité. Jules Tissot
Né le le 22/12/1882 à Pers-Jussy, il est le fils de Cyrille Tissot agriculteur à Loisinges, et de Jeannette Maulet. Il était célibataire et, au jour de la mobilisation, il habitait Pers-Jussy (Loisinges). Soldat au 311è Régiment d'infanterie, il est décédé le 19/03/17, à 6 heures, par suite de blessures de guerre au combat de la “Fille-morte”. La “Fille-morte” est un lieu-dit situé à 2,5 Km au NE de La Chalade, hameau de la commune de Ste-Menehould. Il avait 35 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Paul-François Laphin
Né le le 25/08/1894 à Cornier, il est le fils de Julien Laphin et de Clotilde Navilloux. Il était sans doute célibataire et, au jour de la mobilisation, il habitait vraisemblablement chez ses parents. Soldat de 2è classe au 279è Régiment d'infanterie (14è Cie), il est décédé le 29/03/1917, à 16 heures, à l’ambulance de Blérancourt (Aisne) “par suite de ses blessures reçues sur le champ de bataille au combat d'Ostel (Aisne)”. Il était âgé de 23 ans. Le 279è RI a participé à une importante offensive dans l’Aisne en mars 1917. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy et sur celui de Cornier. Il a été décoré de la Médaille militaire. Le Chemin des Dames (16 avril - 10 mai 1917)
Malgré
de fortes réticences dans les milieux gouvernementaux et
même militaires, le général Nivelle choisit de
lancer une offensive massive dans l’Argonne. Auparavant, il
demande aux Anglo-Canadiens d’attaquer sur son flanc nord pour
faire diversion. Ce sera la fameuse bataille de Vimy, remportée
par les Canadiens. Au moment des fêtes de Pâques
2007, on a commémoré le 90e anniversaire de cet
événement en présence de la reine
d’Angleterre.
Pour tenter de percer le front, Nivelle a choisi le secteur du “Chemin des Dames”. Ce chemin - en noir sur la carte - longe la bordure d’un plateau qui domine les lignes françaises. L’escarpement qui limite le plateau est truffé de cavernes dont les Allemands ont tiré parti pour le fortifier. Au delà du Chemin des Dames, le terrain est accidenté, semé d’obstacles, coupé de bois. Pour nos soldats, c’est “mission impossible” mais Nivelle en a décidé ainsi ! La bataille est précédée d’une longue préparation d’artillerie qui commence le 2 avril mais ne détruit que très partiellement les défenses allemandes. Le 16 avril 1917, Nivelle lance l’offensive sur un front d'une cinquantaine de km. Dans le secteur de Berry-au-Bac, les fantassins sont appuyés par les premiers chars d’assaut. Le généralissime misait sur une avance fulgurante de ses troupes mais les premières vagues se heurtent aux solides défenses allemandes et seuls quelques kilomètres carrés sont conquis au prix de pertes considérables. Dès les premières heures, il apparaît que l’offensive est un échec. Nivelle avait promis d’arrêter l’assaut en cas d’échec mais il persévère pendant près d’un mois et les pertes sont lourdes des deux côtés. Début mai, nos soldats arrivent sur le Chemin des Dames mais le bilan est effroyable : du 16 avril au 10 mai, on compte près de 150.000 français mis hors de combat (tués ou blessés). Au Chemin des Dames, le généralissime Nivelle a acquis pour la postérité une détestable réputation. A la mi-mai 1917, Nivelle est limogé avec trois autres généraux. Il est remplacé par Pétain à la tête des armées françaises. Dans le prochain bulletin nous évoquerons les tragiques conséquences de cette offensive meurtrière, en particuliers les célèbres mutineries de 1917. Trois Pers-Jussiens au moins sont morts dans cette offensive du “Chemin des Dames”. François (-Joseph) Laphin, décédé à Ostel (02)
Né le le 26/10/1887 à Pers-Jussy, il est le fils de Maurice Laphin , agriculteur aux Pittet, et de Marie-Horthense Navilloux. Il avait épousé Joséphine Bel le 21/11/1913 et avait un tout jeune enfant, Abel (qui plus tard, sera boulanger au Chef-lieu de Pers-Jussy) Il habitait sans doute Pers-Jussy au jour de la mobilisation. Soldat de 2è classe au 54è Régiment d’infanterie (7è Cie), il est décédé le 6/05/1917 à 18 h 30 à Ostel (Aisne), “par suite de blessures occasionnées par un obus”. Il allait avoir 30 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy Jean Constantin, décédé à Beaulne-et-Chivy (02)
Né le
31/03/1895 à Pers-Jussy, il est le fils de Jean-Marie
Constantin, agriculteur au Biollay, et de Félicie Regat.Au jour de la mobilisation, il était célibataire et habitait Pers-Jussy (Le Biollay). Il était zouave de 2è classe au 1er Régiment mixte de zouaves et de tirailleurs (5è Cie). En avril 1917, ce régiment à été transféré dans l’Aisne. Du 16 avril au 16 mai, il a participé à la bataille du chemin des Dames. Jean Constantin est mort au combat le 11 mai 1917 à 12 heures, à Beaulne-et-Chivy, commune située à une vingtaine de km au NE de Soissons (Aisne) qui a été rayée de la carte par la bataille du Chemin des Dames. Il avait 22 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Joseph-Marie Péguet, décédé au Berry-du-Lac (02)
Né le le
18/04/ 1897 à Pers-Jussy, il est le fils de Jean-Marie
Péguet, agriculteur aux Pittet, et de Jeanne-Marie Lambert.Au jour de la mobilisation, il était célibataire et habitait Pers-Jussy (Les Pittet). Chasseur au 53è Bataillon de Chasseurs Alpins, il est décédé le 21/5/17 “sur le champ de bataille, par blessure de guerre au combat de Berry-au-Bac”, localité située sur l’Aisne, à 9 km au SW de Craonne (Craonne - prononcer Cran-ne - est la commune emblématique du Chemin des Dames). Il venait d’avoir 20 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Bulletin n° 47 : Été 2007
Les conséquences du désastre du Chemin des Dames Aiu
cours de la sanglante offensive du Chemin des Dames. Les troupes
françaises ont été décimées par des
attaques au cours desquelles les poilus ont eu l’impression
d’être sacrifiés pour rien . Il en résulte
une “grogne” qui enfle et devient révolte.
Les mutineries de 1917 (mai - juin - juillet 1917)
L'hécatombe du Chemin des Dames et le mépris de Nivelle pour la vie des hommes se répercutèrent sur le moral des troupes. Il y eut des actes de désobéissance plus ou moins graves allant jusqu'à la mutinerie de régiments entiers. Les estimations sur le nombre des mutins varient de 50.000 à 100.000 selon les sources. En fait, les mutins ne refusaient pas de combattre, mais ils refusaient d’aller se faire massacrer pour satisfaire l’ego surdimensionné d’un général en chef en quête d’un bâton de maréchal. La riposte fut rapide et on discute encore aujourd'hui de l'ampleur de la répression. Selon les estimations les plus modérées, il y aurait eu 412 condamnations à mort mais "seulement" 55 exécutions. On ne sait pas si des Pers-Jussiens ont été plus ou moins directement impliqués dans ces événements. Toutefois, dans la dernière lettre adressée à ses parents, Marcel Maréchal écrit qu'il vient de vivre le pire moment de la guerre : il a fait partie d'un peloton d'exécution. Le fusillé était-il un mutin de 1917 ?
|
|
Bulletiin n° 46 (automne 2008) 1917 LES FRONTS HORS DE FRANCE
Pour la plupart, les poilus de Pers-Jussy ont combattu en France, sur ce vaste front qui s’étendait de la Mer du Nord à la frontière suisse. Quelques-uns cependant ont été envoyés hors du territoire national. Il ne faut pas oublier que la guerre de 1914-1918 a été appelée “la première guerre mondiale”. On a combattu l’Allemagne et ses alliés sur tous les continents sauf l’Amérique : en Asie contre les Turcs, en Afrique et en Océanie où se trouvaient des colonies allemandes. Les poilus de Pers-Jussy n’ont pas quitté l’Europe mais ils ont eu l’occasion de combattre dans les Balkans (front d’Orient) et en Italie (front italien). Les campagnes d’Orient
Quand nous avons passé en revue
l’année 1915, nous avons évoqué la
désastreuse expédition des Dardanelles.
Indépendamment de cette “aventure”, dès le
début de la guerre, les Alliés envoient un corps
expéditionnaire au secours des Serbes. Il s’agit de
l’Armée d’Orient qui débarque à
Salonique, sous le commandement d’un Français, le
général Sarrail. Après bien des
mésaventures, l’armée alliée se replie sur
Salonique pour dissuader la Grèce et la Roumanie, restées
neutres, d'entrer en guerre aux côtés de l'Allemagne et de
la Turquie. Fin 1916, l’armée germano-bulgare envahit la
Macédoine de l’Est, les Alliés - maintenant
commandés par un autre français, le général
Franchet d’Esperey - contre-attaquent dans les montagnes
macédoniennes et poursuivent leur offensive en 1917 et 1918.
Notre concitoyen Gustave Péguet, de Loisinges, a
participé à ces opérations lointaines au cours
desquelles un enfant de Pers-Jussy a trouvé la mort, il
s’agit deJean-Marie Péguet, artilleur, tué à Sakulovo Né le le 4 juillet 1883 à Pers-Jussy, il est le fils de Xavier Péguet, cantonnier aux Cornus, et de Marie Maulet. Brigadier au 109è Régiment d'artillerie lourde (5è Batterie), c’était un des rares artilleurs de Pers-Jussy. Il est décédé le 20/9/17 à 14 heures à l’Ambu-lance 2 à Sakulovo (Macédoine), “des sui-tes de maladie contractée en service commandé”. Il avait 34 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. La campagne d’Italie
L’Italie est entrée en guerre aux côtés des Alliés le 23 mai 1915. Les troupes italiennes combattent principalement contre les Autrichiens dans l’espoir de récupérer les territoires italophones restés rattachés à l’empire austro-hongrois après l’unification italienne. . Après
deux années de guerre sur un front relativement stable, les
troupes italiennes commandées par le général
Cadorna* sont mises en déroute à Caporetto à la
fin du mois d’octobre 1917. Elles se replient en désordre
sur 150 km mais parviennent à arrêter l’avance
ennemie sur le Piave (un fleuve qui descend des Alpes vers la mer
Adriatique), au Nord-Est de Venise. Pris de panique, le
gouvernement italien demande du secours à ses alliés. Un
corps expéditionnaire français est alors envoyé
sur le front italien. Le transfert s’effectue par le rail
à la cadence de 42 trains par jour ! Plusieurs bataillons de
chasseurs alpins en font partie dont le 13è avec Alphonse
Perréard et Louis-Ernest Nicollet, le 22è avec Arthur
Nicollet, le 51è avec René Perréard.
Sous les commandements successifs des
généraux Foch et Fayolle, la situation des Alliés
se rétablit et le corps expéditionnaire français
est rapatrié en avril-mai 1918. Tous les Pers-Jussiens qui ont participé à cette expédition sont, semble-t-il, revenus indemnes ou presque. * Les soldats Français ont composée, dans un jargon franco-italien, une chanson satirique assez féroce sur le général Cadorna. Je me souviens d'un couplet chanté par un ancien poilu dans les annéz 40. lo dzénaral Cardona manndgia la bistèca
pendant qu'le pauv' soldat au front manndgia la castagna sèca (transcription en écriture phonétique).
Bulletin n° 48 (printemps 2008) 1918
Le début
de l’année 1918 peut-ête considéré
comme relaticment calme. Un Pers-jussien a néanmoins pedu la vie
au cours de cette période
(Jules-) Marcel Maréchal, mort des suites de blesures de guerre Né le le 8/05/1897 à Pers-Jussy, il est le fils de Joseph-Andréa Maréchal, agriculteur (en 1897) au chef-lieu, et d’Alphonsine Martin, institutrice. Situation de famille : célibataire Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy (Élève-maître à l’É.N. d’Instituteurs de Bonneville). Caporal au 22è Régiment d’Infanterie (3è Cie); il est décédé le 20/03/1918, à 18 heures, “suite de blessures de guerre”, à l’Hôpital auxiliaire n° 31, rattaché à l’H.O.E. de Morvillars (Territoire de Belfort). Il avait 21 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Observations : Décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. Dans sa dernière lettre il disait qu’il venait de vivre le moment le plus dramatique de la guerre : il avait fait partie d’un peloton d’exécution (il s’agissait peut-être de l’exécution d’un mutin de 1917). (D’après les souvenirs de sa sœur). LA GRANDE OFFENSIVE ALLEMANDE DE 1918
Quand l’Allemagne a failli gagner la guerre
Au début
de l’année 1918, l’état major allemand
prépare une attaque qu’il espère décisive.
Son but : réussir enfin la “percée”. Des deux
côtés du front, on en rêvait depuis le début
de 1915 mais toutes les tentatives avaient échoué dans un
bain de sang.
Le plan conçu par le général allemand Ludendorff est simple et brutal. C’est une méthode qui avait bien réussi aux Allemands sur le front russe : il consiste à asséner des coups de massue préparés dans le plus grand secret et porté avec toutes les forces disponibles en un seul point, convenablement choisi. On distingue plusieurs “coups de massue”, portés successivement, ne des ponts différents L’offensive sur l’Aisne Pour saper le moral de l’arrière, les Allemands mettent en place un canon à très longue portée (120 km), qui bombarde Paris : ce canon a été appelé “la grosse Bertha”. La situation devient extrèmement grave et le gouvernement français envisage de quitter Paris pour Tours. Le 26 mars, une décision capitale est prise : les autorités françaises et anglaises décident de confier la coordination de toutes les troupes alliées à une seule personne : le général Foch. Des troupes française, envoyées en renfort à la hâte, parviennent à à stabiliser le front. Début avril, l’’ennemi n’a pas atteint son objectif mais il a fortement progressé : il a dépassé Montdidier. L’offensive en Flandres
Après une accalmie d’une dizaine de
jours, le 9 avril, les Allemands repartent à l’offensive
en Flandres pour un second coup de boutoir contre le secteur
britannique. Les Anglais résistent bien et Foch, qui vient
d’être nommé commandant en chef de toutes les
troupes alliées, ramène des réserves
françaises et l’offensive allemande s’enlise. Les
Alliés, avec un gros renfort américain, poussent
même des contre offensives victorieuses. Fin mai, la seconde
offensive allemande paraît stabilisée.Au cours de cette offensive en Flandres, un Pers-Jussien perd la vie, il s’agit de : Jean-Marie Duvillard, disparu à Locre (Belgique)
Né le le 7/05 1889 à Pers-Jussy, il est le fils de Julien DUVILLARD, dit Perry, maçon à Ornex, et de Marie-Eugénie MONTAGNOUX. Au jour de la mobilisation, il est célibataire et habite chez ses parents, à Ornex Soldat au 414è Régiment d'Infanterie. Le 29/04/1918, aux environs de Locre (Belgique), ce régiment a été engagé dans une très violente bataille, à l’issue de laquelle J.-M. Duvillard a été disparu. Il avait 29 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de P-J. L’offensive en Champagne
Fin mai, les Allemands lancent une troisième offensive qui a bien failli réussir. Ils concentrent très discrètement des troupes dans le secteur du Chemin des Dames où la ligne de front n’a pas évolué depuis la terrible bataille de 1917. Le 26 mai au soir, ils passent à l’attaque avec de gros effectifs. Ils progressent fortement en direction de Soisons, Reims et Compiègnes la situation des Alliés devient difficile; leurs troupes reculent mais contiennent l’ennemi. L’offensive se termine le 13 juin sans que Compiègnes ait été prise. Cette offensive a été particulièrment meurtière pour les Pers-jussiens : quatre morts. Paul Dompmartin, tué au Charmel (51)
Né le 27/06/1893 à Pers-Jussy, il
est le fils de Jean-Claude Dompmartin, agriculteur au chef-lieu et de
Lucie Barbier.Au jour de la mobilisation, il est célibataire et habite chez ses parents. Il était un des rares cavaliers de Pers-Jussy et servait à l'état-major du 7è Régiment de Cuirassiers. Il est.décédé le 30/05/1918 à 5 heures, au nord du Charmel ( à 7 km au NO de Dormans) "par suite d'éclats d'obus à la tête et aux reins". Il s’était porté volontaire pour une opération en remplacement d’un de ses camarades marié et père de famille. Il avait 25 ans.et avait déjà été blessé auparavant. Il a été enseveli à La Ferre-en-Tardenois. Son nom figure sur le monument aux morts de P-J. Observation : il était le frère d'Éloi DOMPMARTIN qui sera maire de Pers-Jussy de 1935 à 1944. Francis (-Marie) Bouvard, décédé à Bonnesvalyn (02)
Né le le 18/02/1898 à Pers-Jussy, il est le fils de Claude-Joseph Bouvard et de Marie-Angeline Calligé.Au jour de la mobilisation, il est célibataire et "ouvrier journalier" à Marnaz Soldat au 167è régiment d'Infanterie, il est décédé le 1er juin 1918 à Bonnesvalyn (Aisne) dans des circonstances inconnues. Il avait 20 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Victor (-Gustave) Chambet, mort des suites de ses blessures
Né le 17/09/1897 à Pers-Jussy, il est le fils de Félix Chambet, charron à Jussy, et de Marie-Clémentine Forestier. Au jour de la mobilisation, il est célibataire et habite chez ses parents: Il est soldat au 403è Régiment d'Infanterie (9è Cie) . Début juin ce régiment est engagé dans une violente bataille et subit de lourdes pertes : le 9/06/1918, Victor Chambet est blessé et entre à l'ambulance 5/59. Il décède le 10 juin 1918 à 10 heures à Compiègne (Oise), des "suites de blessures de guerre". Il n'avait pas encore 21 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Observations : Victor CHAMBET était le frère de Mme MIEUSSET, qui a longtemps tenu le magasin de chaussures du même nom, rue de la gare à Annemasse. François (-Xavier) Passerat, tué à Saint-Maur (60)
Né le le 7/09/1879 à Pers-Jussy, il est le fils de Jean PASSERAT, sabotier au chef-lieu de Pers-Jussy et d'Andréanne LACROSAZ. Sapeur au 4è Génie (Cie 8/63, il a été "tué à l'ennemi sur la champ de bataille", le 9 juin 1918 à St-Maur (Oise). Il avait 39 ans. Il y a deux St-Maur dans l'Oise : un à 6 km au SO de Granvillers, l'autre à 4 km au SO de Ressons-sur-Matz. Ici, il s’agit sans doute du second. Bulletin ° 49 (été 2008)
LA FIN DE L’OFFENSIVE ALLEMANDE ET LE DÉBUT DE LA LA CONTRE-ATTAQUE ALLIÉE Le rouleau
compresseur allemand a été stoppé devant
Compiègne mais il reste puissant d’autant plus qu'il
reçoit des renforts venant de l’Est (la Russie a
capitulé). Toutefois, chez l’ennemi, le moral des troupes
et de la population civile sont en baisse. Voyant que les Alliés
se renforcent avec l’arrivée massive de troupes
américaines, l’État-major allemand décide de
lancer une nouvelle offensive. Il espère mettre à genoux
ses adversaires et remporter la victoire décisive. Pour cela, il
jette toute ses forces dans la bataille sur une front de 90 km, en
Champagne, entre Château-Thierry (02) et Massige (commune de
Ville-sur-Tourbe - 51).
L’offensive allemande du 15 juillet
Le 14 juillet
1918, la machine est au point et le 15 juillet, à 0 heure, une
préparation d’artillerie, avec obus toxiques et large
emploi d’ypérite (gaz asphyxiant), ébranle le sol
sur plusieurs centaines de kilomètres. Des obus monstrueux
s’écrasent en même temps sur Châlons, sur
Epernay, sur Dunkerque et jusque sur Paris. Cette débauche de
munitions dure quatre heures. A sa faveur, l’infanterie allemande
s’est portée en avant, prête à franchir la
Marne grâce à des ponts et des passerelles jetés
sur la rivière. L’ordre est d’avancer, coûte
que coûte, à raison de 1 kilomètre à
l’heure.
Mais l’État-major allemand ignore que son attaque sur le front de Champagne était prévue depuis longtemps par le commandement allié : nos observatoires et nos avions avaient signalé devant nos lignes de formidables approvisionnements d'obus. En prévision de cet assaut, Pétain avait donné l’ordre d’abandonner la première ligne française en laissant de simples îlots de résistance entre la première ligne et la seconde ligne françaises. Ces îlots opposent une résistance héroïque qui ralentit et fatigue la vague d’assaut allemande. Celle-ci est alors décimée par un violent tir de l’artillerie alliée et taillée en pièces par la seconde ligne française, intacte. D’autres attaques allemandes sur la Marne sont repoussées soit par des troupes franco-italiennes soit par les Américains. Il faut noter que le succès de la contre-offensive alliée doit beaucoup à l’intervention de 470 chars d’assaut Renault qui jettent le désarroi chez l’adversaire. La seconde victoire de la Marne
Toutefois, c’est seulement le 21 juillet au soir que la grande offensive allemande se transforme en une victoire décisive des Alliés : c’est ce qu’on a appelé “la seconde victoire de la Marne”, en souvenir de la première victoire de la Marne de 1914. Cette victoire eut un immense retentissement dans le monde entier et la victoire finale ne semblait plus devoir échapper aux Alliés. Deux Pers-jussiens ont trouvé la mort au cours de cette phase décisive de la guerre. (Achille-) René Perréard, tué à Neuilly-Saint-Front Situation de famille : célibataire. Domicile au jour de la mobilisation : Cruseilles, mais, au jour de son décès, sa famille habitait Reignier (Yvres). Chasseur de 1ère classe au 51è B.C.A. Mort au combat le 20/07/1918 à Neuilly-Saint-Front, commune située près de l'Ourcq, à 17 km au Nord de Château-Thierry. Il avait 22 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy et sur celui de Reignier. François (-Victor) Roguet, mort à Bois-de-Reims (51) Situation de famille : célibataire. Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy Caporal au 97è Régiment d'Infanterie. Décédé le 25/07/1918, à 19 heures à Bois-de-Reims devant Chaumuzy (Marne). Il avait 26 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy. Bulletin n° 50 (automne 2008)
LA CONTRE-ATTAQUE ALLIÉE ET LA FIN DU CAUCHEMAR (juillet - novembre 1918) Le reflux et la démoralisationde l’armée allemande
Après la seconde victoire de la Marne les Allemands sont contraints au repli en Champagne pour éviter l’encerclement et l’espoir change de camp. Stimulés par ce recul, les Alliés (Français, Britanniques, Canadiens, Australiens, Américains, etc...) repartent de l’avant avec le renfort des chars, de l’artillerie et de l’aviation. Devant cet assaut, l’ennemi recule en abandonnant un abondant matériel et de nombreux prisonniers. La démoralisation s’empare de l’armée allemande et gagne la population. Septembre, octobre et le début de novembre sont surtout marqués par la forte progression des Alliés et les défections successives des puissances alliées de l’Allemagne : Bulgarie (29/09), Turquie(31/10), Autriche-Hongrie (3/11). L'armistice
Pendant ce temps, les troubles s’exacerbent
en Allemagne : la “rue gronde” et des marins se mutinent.
Guillaume II abdique le 9 novembre. La république est
proclamée en Allemagne et l’armistice est signé
à Rethondes le 11 novembre entre les Alliés et le nouveau
pouvoir. Les conditions imposées par les Alliés sont
sévères :- évacuation rapide des régions occupées,
Pendant cette dernière phase de la guerre,
la commune de Pers-Jussy a encore perdu un de ses enfants au front mais
sept autres sont morts des suites de la guerre sans qu’on
connaisse toujours la date de l’événement (blessure
ou maladie) qui fut à l’origine du
décès.- occupation par les Alliés de la rive gauche du Rhin ainsi que d’une bande de dix kilomètres de large sur la rive droite, - renonciation aux avantages donnés à l’Allemagne par le traité de Brest-Litovsk passé avec les Russes, - livraison de la flotte de guerre (dont les sous-marins), - etc... Sylvain Laverr!ère, mort des suites de ses blesures
Né le 2/04/1889 à La Muraz.Caporal au 340e RI, il est mort des “suites de blessures de guerre” le 3/09/1918 et a été inhumé au cimetière militaire de Chevillecourt (60). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Pers-Jussy à l’année 1918 mais avec le prénom de Célestin, or les archives militaires ne recèlent aucun soldat mort pour la France s’appelant ainsi ; d’autre part, il semble qu’il ait été recensé à Pers-jussy pour le conseil de révision de la classe 1909. Il devait donc habiter à Pers-Jussy à cette époque. Peut-être était-il domestique de ferme. Son nom figure également sur le monument aux morts de La Muraz avec le prénom de Sylvain. NB : Nous avons mis 12 ans pour identifier cet "inconnu" du monument ausx morts mais le doute est encore permis sur notre conclusion. Léon (-Fernand ) Mieusset, mort à Dallon (02)
Né le 16/06/1894 à Pers-Jussy, fils d'Émile, agriculteur à La Collay, et de Marie Chevallier.Célibataire, il habitait sans doute chez ses parents au jour de la mobilisation. Caporal au 32è BCA (3è Cie), il a été "tué à l'ennemi suite de blessures multiples par éclats d'obus" le 19/09/1918, à 11 heures, à la Corne Nord-Est du Pas-de-Margerin (ou du Bois de Margerin), commune de Dallon (Aisne). Il avait 24 ans. Dallon se trouve sur la Somme à 4 km au SO de St-Quentin. Léon (-Joseph) Constantin, mort à l'hôpital
Né le le 15/05/1880 à Pers-Jussy, fils de feu Frédéric, agriculteur aux Cornus, et de Marie-Josephte Berger. Il semble ne plus habiter à Pers-Jussy au jour de la mobilisation. Soldat au 54è Régiment d'artillerie de campagne (il est un des rares artilleurs de P-J), il décède le 30/09/1918 à 21 heures, à l'Hôpital Février de Châlons (Marne). Il avait 38 ans. Arthur (-Narcisse) Nicollet, mort des suites de ses blesures
Né le le 17/012/1896 à Pers-Jussy, fils de Jean-Marie, agriculteur chez les Pittet et de Françoise Pittet. Il habitait chez ses parents au jour de la mobilisation Chasseur au 22è BCA (2è Cie), il décède le 5/10/1918, à 12 heures, à l'ambulance 7/13, à Hattencourt (Somme), "des suites de blessures de guerre". Il avait 22 ans. Du 1er au 15 octobre le 22è BCA a participé à une offensive au cours de laquelle Arthur Nicollet a pu être mortellement blessé. C’était l’oncle de notre amie Josie, secrétaire des APJ, dont le père fut grièvement blessé à cette époque. La famille Nicollet a été durement éprouvée pendant la guerre : 2 fils tués et un mutilé. Ernest (-François) Naville, le seul "aviateur" de Pers-Jussy, mort des suites de la guerre
Né le le 17/11/1892 à Pers-Jussy, fils de François, agriculteur à Chevrier, et d'Andréanne Gignoux.. Marié le 11/12/1916 à L'Isle-Adam avec Noémie-Julia-Léonie Lepoivre. Au jour de la mobilisation, il habitait Paris. Soldat au 2ème Groupe d'aviation, il est décédé le 6 octobre 1918 à L'Isle Adam (95) des suites de la guerre. Il avait 25 ans. C’était le seul “aviateur” de Pers-Jussy. (Claude-) Marius Mugnier, mort des suites de maladie contractée en service
Né le 23/12/1894 à Pers-Jussy, fils de Joseph, agriculteur à Chevrier, et d'Eugénie Panthin... Marié le 10/10/1917 à Arenthon avec Andréanne-Félicie Genou, il habitait Pers-Jussy (Chevrier) au jour de la mobilisation. Canonnier de 2è classe au 5è Régiment d'Artillerie de campagne (c’était lui aussi un des rares artilleurs de P-J), il est décédé à l'ambulance 13/4 de Coulommiers (77), le 10/10/1918 à 12 heures 30, "des suites de maladie contractée en service". Il avait 24 ans. Ernest (-Félicien) Maréchal, mort des suites d'une maladie contractée à l'armée
Né le le 2/05/1889 à Pers-Jussy, fils de Pierre-Félix, aubergiste au chef-lieu de Pers (la "Pension Maré-chal", devenue "Le verger") et de Marie Chappuis. Marié le 18/06/1913 à Pers-Jussy avec Franceline-Élise Dompmartin, de Pers-Jussy (Vercot ?) Au jour de la mobilisation, il habitait Pers-Jussy, où il exerçait la profession de boucher. Caporal au 97è Régiment d'Infanterie, il est décédé le 18/10/1918, à l'hôpital de Chambéry, des suites d'une maladie contractée à l'armée. Il avait 29 ans. François Constantin, décédé après l'armistice
Né le 13/05/1888 à Pers-Jussy (Les Cornus) Fils de Phanus Constantin, agriculteur aux Cornus, et d'Henriette Verdan, il habitait, semble-t-il , Pers-Jussy lors de la mobilisation. Soldat au 230è Régiment d'Infanterie, il est décédé le 21/11/1918, donc après l’armistice, à Ferney-Voltaire, sans doute des suites de ses blessures. Il avait 30 ans. |
LE “SOLDAT INCONNU” DU MONUMENT AUX MORTS DE PERS-JUSSY
Sur le monument aux morts de P-J, à l’année 1918, figure le nom d’Eugène REGAT, strictement inconnu à Pers-Jussy et absent des listes officielles des “morts pour la France”. Qui était-il ? Mystère. Peut-être un descendant de Pers-jussiens émigrés à Genève ? |
|
TÉMOIGNAGES DE PERS-JUSSIENS À PROPOS DE L'ARMISTICE Lors de la préparation de notre exposition de 1997 consacrée aux Pers-jussiens pendant la grande guerre, nous avions recueilli les témoignages de quelques anciens qui avaient connu cette époque. Vous souvenez-vous de l'armistice du 11 novembre 1918 ?
Madame NAVILLE,
née Gabrielle MARÉCHAL (91 ans) "Il neigeait
à gros flocons. J'avais 12 ans. J'étais seule au
café, ma mère était allée à pied
à Amancy pour la sépulture d'une cousine morte de la
grippe espagnole. Les cloches ont sonné. On a su que
c'était fini. Les femmes de soldats qui étaient
allées à Reignier toucher leur maigre allocation les ont
entendues sur le chemin du retour. Elles sont venues au café et
ont utilisé l'argent de leur allocation pour boire de l'Ayze
avec les vieux. Les jeunes étaient mobilisés... ou morts".
Madame NICOLLET, née Lina MARÉCHAL (95 ans) : "J'avais 16 ans, j'étais en place à Genève. Je me souviens qu'il y a eu des avions au dessus du lac pour fêter l'événement". Placide DUVERNAY (94 ans) : "J'avais 15 ans. J'habitais alors Reignier. Avec un ami, j'étais allé au chef-lieu de Reignier. Le sacristain, qui boîtait, nous a demandé de monter dans le clocher de l'église pour sonner les cloches. C'était la première fois que je montais dans le clocher". Madame Laure SAULNIER-MARÉCHAL (86 ans) : "J'avais 7 ans. J'étais écartelée entre les gens qui faisaient la fête au dehors et ma mère, enfermée dans la maison, qui pleurait la mort de son fils*”. * Marcel Maréchal |
|
TANDIS QUE LA GUERRE DE 14-18 S’ACHEVAIT, SÉVISSAIT UNE ÉPIDÉMIE DÉVASTATRICE, LA GRIPPE ESPAGNOLE De
l’automne 1918 au printemps 1919, le monde entier fut
exposé à l’épidémie de grippe la plus
meurtrière qui ait jamais sévi : on l’a
appelée abusivement “grippe espagnole”.
Le premier foyer de grippe fut la Chine au début de 1918. L’épidémie a rapidement gagné les États-Unis. En l’espace d’une semaine, l'Amérique du Nord tout entière était touchée. Le déploiement massif des forces armées américaines en Europe a sûrement facilité la propagation du virus sur le vieux continent. Dans un premier temps, la maladie n’a pas provoqué un taux de mortalité très élevé. La plupart des victimes étaient rétablies au bout de quelques jours de fièvre. En revanche, la seconde vague de l’épidémie à la fin de 1918, se révéla particulièrement meurtrière. Les victimes décédaient en 3 jours ! Le bilan humain fut effroyable. On dit que la grippe espagnole a fait plus de victimes en quelques mois que la guerre en quatre ans. Environ 550 000 Américains en sont morts. En France, on parle de 400 000 victimes Voir article consacré à cette épidémie. |
|
Retour à l'index thématique Retour à l'accueil |