PERS-JUSSY PENDANT LA GUERRE DE 1914-1918

Années 1914 et 1915

Articles paru en feuilleton dans plusieurs bulletins

Bulletin n° 31 : Premier trimestre 2004

En cette année 2004 on va commémorer le 90è anniversaire du déclenchement de la guerre de 1914-1918. Cette tragédie, dont nous subissons encore aujourd'hui les conséquences (conflits de l'ex-Yougoslavie et du Moyen Orient, etc...), a profondément bouleversé l'Histoire du monde en général et de Pers-Jussy en particulier. En 1997, nous avons consacré une exposition à cet événement mais il n'est peut être pas inutile d'y revenir. Nous vous proposons donc ici le début d'un feuilleton destiné à s'étaler sur de nombreux numéros. Nous le "distillerons" à petites doses pour ne pas vous lasser.

Il ne s'agit pas de faire une histoire de la guerre, il y a de très bons livres sur ce sujet . Nous essayerons seulement de montrer ce qui s'est passé à Pers-Jussy pendant la guerre et surtout ce qu'ont enduré les soldats de notre commune pendant plus de quatre ans et ça, vous ne pourrez le lire nulle part ailleurs.

Si vous possédez des photos ou des documents (citations, par exemple), concernant des "poilus" de Pers-Jussy, faites-le nous savoir.

PERS-JUSSY LORS DE LA DÉCLARATION DE GUERRE

En 1914, Pers-Jussy est une commune totalement axée sur l'agriculture. Environ 75% des chefs de familles sont agriculteurs. Beaucoup ne possèdent que quelques vaches. On n'achète que les denrées que l'on ne peut pas produire. Les jeunes sont tentés de partir, définitivement ou non, pour aller gagner leur vie en ville (à Genève surtout).

Mais on s'amuse aussi : le dimanche, on danse, on va au café (il y a eu jusqu'à 18 cafés à Pers-Jussy !), on joue aux quilles.

En 1914, il n'y a évidemment ni radio ni télévision. Les nouvelles du monde extérieur arrivent par les hebdomadaires auxquels certains sont abonnés. Deux sont très marqués politiquement : "La Croix de la Haute-Savoie", proche de la hiérarchie catholique, et "Le Progrès de la Haute-Savoie" qui appartient au camp "d'en face". Deux autres, "Le Messager agricole" (ancêtre du "Messager" actuel) et "Le Cultivateur savoyard", affectent une certaine neutralité. On lit aussi "Le Rochois" qui donne des informations plus locales. Mais c'est surtout à la fruitière, au café, au marché de La Roche et éventuellement aux enterrements qu'on apprend les nouvelles.

En fait, on s'intéresse plus à la vie locale qu'à l'actualité nationale ou internationale. Depuis 1905, il y a matière à discussion : la loi de séparation de l'Église et de l'État - dont on parle beaucoup en cette année 2004 - a créé la zizanie dans la commune. D'un côté, il y a le camp des partisans de la loi, de l'autre, il y a le camp des adversaires. La mairie, avec à sa tête Louis Péguet dit "Ouiss à Barthou", est tenue par les premiers qu'on appelle encore "les rouges". L'application de la loi a entraîné un conflit avec l'abbé Delacroix, curé de Pers-Jussy. Les passions se sont exacerbées de part et d'autre et, en "représailles", l'évêché a supprimé le culte catholique à Pers-Jussy en 1911. On raconte que le chef de gare faisait sur le quai l'annonce suivante : "Pers-Jussy-Chevrier sans curé" ! Les fidèles allaient à la messe dans les paroisses environnantes.

On avait sans doute trop de sujets de préoccupation pour s'intéresser à l'assasssinat de l'Archiduc Ferdi-nand d'Autriche à Sarajevo le 29 juin 1914. L'assassinat de sa mère, l'impératrice d'Autriche (la fameuse "Sissi"), en 1901, avait sans doute davantage frappé les esprits : il faut dire que ça s'était passé à Genève, la "porte à côté" pour des Pers-jussiens ! C'est pourtant cet événement qui est à l'origine du conflit. Jusqu'au 23 juillet, on ne pressent pas trop le danger mais, ce jour-là, l'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie et la situation s'emballe. Le 1er août, la France décrète la mobilisation générale : à 4 heures de l'après-midi on sonne le tocsin à Pers-Jussy. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. La grande tuerie peut commencer.

Avant l'exposition de 1997, nous avions interrogé quelques Pers-jussiens assez âgés pour se souvenir de cet événement. Voici leurs témoignages.

Gabrielle NAVILLE (née en 1906) : "J'avais 8 ans. La veille, j'étais allée en promenade scolaire(1) avec M. Peccoud, l'instituteur. Nous avions pris le train à la gare de Chevrier et nous étions descendus à celle de St-Pierre-de-Rumilly(2). Nous sommes allés ensuite à pied visiter l'usine hydroélectrique du Borne, un peu avant Le Petit-Bornand. Nous sommes revenus à St-Pierre avec des carrioles à cheval. Le lendemain (donc le premier août, NDLR), le tocsin a sonné. Peu après, des hommes d'Arbusigny sont descendus de leur village dans des chars à échelles. Ils criaient : "On va à Berlin ! On sera de retour dans quinze jours !".

Augusta LAPHIN (née en 1899) : "J'avais quinze ans. On a entendu le tocsin jusque chez nous, aux Pittet, et on a compris que c'était la guerre".

Louis CHAPPAZ (né en 1907) : "J'avais sept ans. J'habitais Vercot. Je me souviens que les cloches ont sonné, des gens ont dit que c'était la guerre".

Placide DUVERNAY (né en 1903) : "J'avais 11 ans. On moissonnait dans le champ où se trouve aujourd'hui Super U(3). Les cloches ont sonné. Les ouvriers ont abandonné leurs outils et sont partis. Les jours suivants, à la gare de Reignier, des trains ont emmenés les mobilisés. Ils criaient : "À Berlin ! à Berlin !".

à suivre

A.D

(1) Les vacances scolaires commençaient alors le 1er août.
(2) Aujourd'hui St-Pierre-en-Faucigny.
(3) Devenu "Casino" depuis ce témoignage.

 

Bulletin n° 33 : Troisième trimestre 2004

LES PERS-JUSSIENS ET LES PREMIERS COMBATS

Nous avons dit que les Pers-Jussiens mobilisés en 1914 étaient, dans leur immense majorité, des fantassins et, qui plus est, des fantassins de montagne ou des chasseurs alpins. Ceci explique pourquoi ils vont presque tous se retrouver dans les Vosges, au cours du mois d'août.

En août 1914, les fantassins de Pers-Jussy
sont envoyés sur le front des Vosges

Dès le 7 août, l'état-major français lance une offensive en direction du Sud de l'Alsace alors que, semble-t-il, "nos" Pers-Jussiens ne sont pas encore arrivés sur place. Au début, l'attaque est couronnée de succès, notre armée libère même Mulhouse. Dans les convois ferroviaires qui les conduisent au front, les Pers-jussiens pensent peut-être qu'ils avaient raison, ceux qui disaient, le jour de la mobilisation : "Dans trois semaines, on est à Berlin. On sera de retour à Pers-Jussy pour récolter les pommes de terre" !

Mais les Allemands réagissent avec une extrême vigueur. Il faut reculer.

Avec le renfort des nouvelles troupes arrivées sur le front, l'État major français lance une seconde offensive le 14 août : elle débute par des victoires, Mulhouse est libérée une seconde fois. C'est dans ce contexte que nombre de nos concitoyens vont connaître le baptême du feu.

Marie Arthur Roguet, le premier mort de Pers-Jussy

Le 97è RI entre en action le 19 août seulement. Dans ses rangs se trouve le caporal Marie Arhur Roguet, de la classe 1912 (il était donc déjà sous les drapeaux à la déclaration de guerre), fils de François Roguet et de Sylvie Chevallier, aubergistes aux Roguet.

Il va enfin les voir ces ennemis ! Sans doute éprouve-t-il une certaine appréhension mais, pour l'instant, il ne voit qu'un plateau dominé vers le fond par une colline boisée, au-dessus du village de Flaxlanden, à une dizaine de kilomètres au SSW de Mulhouse Bientôt les balles sifflent : l'ennemi, invisible, semble tirer de partout. Les Français continuent d'avancer sous la mitraille mais c'est l'hécatombe. Marie Arthur Roguet est mortellement frappé, le jour même de son baptême du feu. C'est le premier mort de Pers-Jussy mais Louis Péguet, le maire, n'aura pas la lourde tâche d'informer la famille : avant son incorporation, Marie Arthur avait quitté sa famille pour aller travailler à La Roche et l'avis de décès sera transmis à la mairie de cette commune. Ceci explique peut-être le fait que son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy mais pas sur la plaque commémorative de l'église.

Ce 19 août marque le début de la contre-offensive allemande. Mieux armées, mieux équipées, les troupes allemandes font des "cartons" avec leurs mitrailleuses sur les fantassins français qui, avec leurs pantalons rouges, constituent des cibles idéales.

Claudius Philistin Nicollet est porté disparu

Le 99è RI, arrivé dans les Vosges dès le 12 août, est aussitôt pris dans la tourmente. Dans ses rangs se trouve Claudius Philistin Nicollet, de la classe 1910, fils de Jean-Marie Nicollet et de Françoise Pittet, agriculteurs aux Pittet. Le 24, à Saulxures, le 99è est engagé dans une grande bataille : les pertes sont très élevées et Claude Philistin Nicollet est porté disparu. Après la retraite des Français, son corps sera identifié par les autorités allemandes grâce à sa plaque d'identité, mais l'avis officiel de décès ne parviendra à la mairie de Pers-Jussy que le 14 novembre 1915.

(1) Il s'agit sans doute de Saulxures-sur-Moselotte (Vosges) à une quinzaine de kilomètres à l'Est de Remiremont.

Joseph Bailly, Pers-jussien de Genève, meurt de ses blessures

Le 30è RI, d'Annecy, lui aussi, participe à ces premiers combats dans les Vosges, avec de nombreux Pers-jussiens dans ses rangs. L'un d'eux a été grièvement blessé dès les premiers jours. Il s'agit de Joseph Bailly : né à Plainpalais (CH - GE) en 1883, il a été élevé à Vuret chez son cousin Pierre-Marie Desbiolles. Au jour de la mobilisation, il habitait Genève, était marié avec un enfant mais il n'a pas hésité à répondre à l'appel de mobilisation. Blessé, il est recueilli par les Allemands qui le dirigent sur l'hôpital militaire de Regensbourg où il décède le 28 août. Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy, mais pas sur la plaque commémorative de l'église.

Joseph Bailly

François Adrien Mugnier meurt de maladie, à l'hôpital

Un autre fantassin du 30è RI, François Adrien Mugnier, dit Bise, de la classe 1901, fils de François Mugnier et d'Anastasie Gaud, agriculteurs à Chevrier, tombe malade au début des combats ; il décède peu après, le 12/09/1914 à l'Hôpital de la Houssière (88).

Pierre Ernest Suatton tombe au col d'Anozel

Le 30è RI poursuit sa retraite sous la poussée allemande et arrive dans le secteur de St-Dié où il perd son troisième Pers-jussien : Pierre Ernest Suatton, de la classe 1909, fils de Jean Suatton, négociant à Navilly, et de Fébronie Critin. Il tombe le 28 août au cours des violents combats livrés par son régiment au Col d'Anozel : les pertes françaises sont effroyables.

Pierre-François Constantin est porté disparu près de St-Dié

Le seul chasseur alpin de Pers-Jussy à avoir perdu la vie au cours de la campagne des Vosges sert au 62è BCA : il s'agit de Pierre-François Constantin, de la classe 1907, fils de Jean-Joseph Constantin, dit Joachim, et de Jeannette Degerine, agriculteurs au Chef-lieu. Au jour de la mobilisation, il habitait Genève et était marié avec Marie-Esther Decroux. Lui non plus n'a pas hésité à répondre à l'appel. Il est porté disparu le 29 août sur le champ de bataille de St-Dié (88) aux "Rochers Saint Martin" où son corps ne sera retrouvé et identifié que le 5 décembre 1915 ! Il meurt donc trois jours après son baptême du feu et à deux jours de son 27ème anniversaire.`

François Cyrille Gerine est mortellement blessé

Le 140è RI, de Grenoble, lui aussi se bat dans les Vosges. Dans ses rangs, il compte François Cyrille Gerine, de la classe 1908, fils de Paul Gerine et de Lucie Laphin, agriculteurs au Four. Le 4 septembre 1914, ce soldat de 1ère classe est grièvement blessé sur le champ de bataille de Sauceray (88). Il décède le soir même des suites de ses blessures.

François Gerine

Plusieurs Pers-jussiens sont blessés ou capturés

Au cours de cet épisode vosgien, plusieurs Pers-jussiens sont blessés, plus ou moins grièvement. On connaît le nom d'un seul d'entre eux : Auguste Arthur Maulet, de la classe 1904, soldat au 230è RI, blessé le 28 août 1914 au combat de Gerbéviller (54).

À la même époque, d'autres Pers-jussiens sont capturés par l'ennemi. Ils passeront plus de quatre ans dans les camps de prisonniers, mais on peut affirmer sans grand risque que plusieurs d'entre eux devront leur survie à cette mésaventure.

Pendant l'offensive des Vosges, les Allemands violent la neutralité belge et envahissent le Nord-Est de la France. L'armée française recule sous le choc, frôlant la déroute. L'avance allemande est heureusement bloquée par une vive réaction française. Le 9 septembre 1914, les Allemands battent en retraite, c'est la victoire de la Marne. Les Français reconquièrent une partie du terrain perdu. Il ne semble pas que des Pers-jussiens aient été engagés dans cette phase des opérations.

Dans un prochain bulletin, nous suivrons les soldats de Pers-Jussy au cours de la fin de l'année 1914.

A.D.

Bulletin n° 35 : Premier trimestre 2005


LES COMBATS DE FIN AOÛT 1914 À JANVIER 1915

Dans le bullletin n° 33, la place nous a manqué pour évoquer tous les Pers-Jussiens morts au combat au cours de la malheureuse campagne des Vosges d'août 1914.

L
e 62è BCA et le 230è RI dans les Vosges

Deux unités dont nous n'avons pas parlé ont, elles aussi, payé leur tribut.dans cette campagne des Vosges : le 62è BCA et le 230è RI.

Alphonse TISSOT et Émile-John BURNIER dans les Vosges

Le 62è BCA a perdu Alphonse Tissot, dit Pany, de la classe 1908, natif de Loisinges, fils de François Tissot, agriculteur, et de Marie Cohannier. Il a disparu le 28/08/1914 à La Roche-St-Martin, commune de Denipaire, près St-Dié (Vosges), deux jours après son "baptême du feu".



Alphonse Tissot

Le 230è RI, constitué par scission du 30è RI, a perdu Émile-John Burnier, de la classe 1901, tué à l'ennemi le 28/08/1914 à Gerbevillers (54). Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy, mais nous ignorons tout de lui et de ses liens avec notre commune. Il est né à Genève et fait sans doute partie de ces nombreux Français de Suisse qui ont répondu à l'appel de mobilisation. Son patronyme laisse supposer que son père était originaire de Pers-Jussy.

Après la victoire de la Marne, l'armée française, épuisée et à court de munitions, n'arrive pas à talonner l'adversaire en retraite qui a le temps d'organiser une ligne de défense entre l'Oise et la frontière suisse. Cependant, aucune des deux armées n'occupe sérieusement les régions situées à l'ouest de l'Oise. Un million d'allemands et autant de franco-britanniques s'y précipitent pour tenter de combler ce "vide". Cette phase de la guerre, appelée la "course à la mer", a duré deux mois (du 11 septembre au 14 novembre). Elle fut meurtrière avec de violents combats sur la Somme (23 - 26 septembre), en Artois (2 - 9 octobre) et dans les Flandres (12 octobre - 14 novembre). Au moins trois unités, comportant des Pers-Jussiens dans leurs effectifs, y ont participé : le 30è RI, le 97è RI et le 51è BCA. Dix Pers-Jussiens y ont trouvé la mort

Le 30è RI sur la Somme

Le 24 septembre, ce régiment se porte à Foucaucourt (80) où le premier bataillon livre un combat très vif pour enrayer une offensive ennemie, les pertes sont énormes : après la bataille de Faucancourt, le 1er bataillon n'existe plus ! Parmi les tués se trouve un Pers-Jussien :

François-Alphonse Grange, de la classe 1900, natif du Biollay, fils de Pierre Grange, charpentier, et de Marie-Louise Grange, disparu le 25 septembre.

François-Alphonse GRANGE, François-Marie MAULET, Jean-Marie MIEUSSET, Marius DUMONT, Sylvain GERINE, Alfred CORBET et François REGAT, sur la Somme

Pendant que se déroulent ces combats sanglants autour de Faucancourt, le 3è bataillon attaque Herleville. 80 hommes sont tués ou blessés. Parmi les tués, il y a trois Pers-jussiens :

François-Marie Maulet, de la classe 1900, célibataire, natif de Chevrier, fils de Joseph Maulet, agriculteur à Chevrier et de Joséphine Péguet, porté disparu le 25 septembre.

Jean-Marie Mieusset, de la classe 1903, domicilé à Chevranges, fils d'Ambroise Mieusset et de Philomène Balthassat, marié avec Marie-Angeline Henry, tué le 25 septembre.

Marius Dumont, de la classe 1911, natif de Navilly, fils de Félix Dumont, agriculteur à Navilly et de Joséphine Critin, disparu le 28 septembre..



Marius Dumont

En quelques jours le 30è RI, où combattent de nombreux Pers-Jussiens, a perdu 840 hommes tués, blessés ou disparus,


Beaucoup plus tard, en novembre-décembre 1904 et janvier 1915, le 30è RI perdra encore trois Pers-Jussiens dans la Somme :


Sylvain Gerine, de la classe 1901, domicilié au Four, fils de de Paul Gerine, agriculteur, et de Lucie Laphin, marié avec Marie Gignoux et père de famille, disparu le 5 décembre 1914 à Frise (Somme). Il est le frère de François Achille, mort au combat le 4 septembre dans les Vosges. La famille Gerine a été une des plus éprouvées au cours de cette guerre.

Alfred Corbet, de la classe 1903, natif de Taninges, mais domicilé à Ornex, fils de François Corbet et de Marie-Louise Perrier, décédé le 17 décembre à Villers-Bretonneux (Somme), à la suite de ses blessures de guerre.

François Regat, dit Taque, de la classe 1898, domicilié à Ornex, fils de Jean-Marie Regat et de Thérèse Pittet, marié avec Marie-Joséphine Regat, père d'au moins deux enfants : Armand-Léandre et Hélène-Wilelmine. Il est décédé le 29/01/15 à la suite de ses blessures de guerre à l'infirmerie de Coppy (Somme). Il a inspiré des pages émouvantes à sa petite-fille, Françoise Blanchard, dans son livre "La maille anglaise" (voir Bulletin APJ n° 22).

Le 97è RI en Artois

Ils sont livrés par le 97è RI qui arrive dans la région d'Arras le 30 septembre. Le 2 octobre, il subit une violente attaque allemande à Wancourt (62) et subit des pertes effrayantes : 1130 tués, blessés ou disparus. Au soir du 2 octobre, il ne restait que 1400 hommes de troupe valides au 97è RI ! Deux Pers-Jussiens figurent parmi les disparus :

Eusèbe PÉGUET et Eugène TISSOT en Artois

Eusèbe Péguet, dit Catelin, de la classe 1912, natif du Four, fils d'Émile-Benjamin Péguet, agriculteur, et de Victorine Dunand. C'est le troisième enfant du village du Four qui disparaît ainsi depuis le mois d'août.

Eugène Tissot, de la classe 1913, natif de Chevrier, fils de François Tissot, cordonnier et d'Andréanne Calligé.

Combats en Flandres (Belgique)

Le 51è BCA, après avoir combattu sur la Somme, arrive en novembre dans la région d'Ypres en Belgique (un toute petit secteur de la Belgique, autour d'Ypres, a échappé à l'occupation allemande). De violent combat s'engagent à proximité de la localité de Verbranden-Nolen. Deux Pers-jussiens y perdent la vie :

Jérémie-Claude CONSTANTIN et Joseph RAPHOZ en Flandres

Jérémie-Claude Constantin, de la classe 1902, natif de Chevrier, fils d'Émile Constantin, aubergiste à Chevrier et d'Angeline Roguet, tué le 17/11/1914

Joseph Raphoz, de la classe 1900, domicilié à Loisinges, fils de François Raphoz, agriculteur à St-Laurent, et de Marie Soudan, marié avec Josephte Lacrosaz, de Pers-Jussy et père d'au moins trois enfants : René, Lucienne, et Joseph. Il a encore de la descendance à Pers-Jussy. Il a été tué le 18/11/1914.

Joseph Raphoz

   A.D
L'ANNÉE 1915

Bulletin n° 38 : Quatrième trimestre 2005


Nous avons vu qu'au cours de cinq mois de guerre en 1914, vingt Pers-jussiens (21 si on compte François Regat) sont morts au combat ou des suites de leurs blessures. En fait, il faut en rajouter un qui figure à l'année 1915 sur le monument aux morts. Il s'agit de Pierre-François Constantin, né le le 31/08/1887 à Pers-Jussy, fils de Jean-Joseph Constantin, dit Joachim, agriculteur au Chef-lieu, et de Jeannette Dégerine, qui avait épousé Marie-Esther Decroux en 1912, à Genève. Il a été déclaré mort le 5/12/1915 quand on a retrouvé son corps (identifié à l'aide de sa plaque d'identité) aux "Rochers St-Martin", près de St-Dié (88). En fait, il aurait été tué en août 1914, alors qu'il combattait dans les rangs du 62e BCA. Il est peut-être mort en même temps qu'Alphonse Tissot (voir Bull. n° 35).

Dès la fin de l'année 1914, la ligne de front se stabilise sur une double ligne de tranchées dont le tracé ne changera presque pas jusqu'au printemps 1918. Pendant plus de trois ans, les deux armées vont se faire face.

En 1915, les Allemands font porter leur effort maximum sur le front russe et restent adeptes d'une stratégie défensive sur le front français. Au contraire, l'État major français a l'obsession de la "percée" ou au moins du "grignotage". Toutes les tentatives seront vaines et se solderont chaque fois par une hécatombe. Ces stratégies auront des conséquences sur la vie quotidienne des combattants. Les Allemands s'installent dans la durée et tentent de donner un peu de "confort" à leurs tranchées. Les Français, persuadés que la situation est transitoire, s'installent dans le provisoire et les conditions de vie des fantassins sont épouvantables. Le film "Un long dimanche de fiançailles" illustre de manière réaliste et poignante la vie dans les tranchées.

Une partie des "poilus" de Pers-Jussy se retrouve dans les mêmes unités qu'en 1914 mais beaucoup ont été dispersés dans d'autres régiments. Ils y côtoient des jeunes de la classe 1915, mobilisés dès la fin de l'automne 1914. Ceux de Pers-Jussy sont peu nombreux, une dizaine environ : c'est trop peu pour compenser les 20 morts de 1914. La plupart d'entre eux n'ont pas encore 20 ans et malgré leur jeune âge, ils sont rapidement envoyés sur le front.

Nos Pers-jussiens, qui sont presque tous des fantassins, sont répartis sur quatre zones du front : la Champagne, la Lorraine, l'Artois et l'Alsace. Nous les suivrons secteur par secteur en respectant, pour chaque front, la chronologie des événements.

Le front de Champagne

La plupart des Pers-jussiens du secteur servent au 30e RI mais on en trouve également quelques-uns disséminés dans diverses unités.

Jean-François Naville du 6e RI

Le premier mort de l'année 1915 était sur ce front et servait au 6e RI localisé dans une zone où se produisirent des combats restés tristement célèbres : la forêt d'Argonne (55). Il s'agit du caporal Jean-François Naville, décédé le 14/03/1915 aux Trois Ravins, commune de La Chalade (55). Âgé de 35 ans, il était né le 9/10/1880 à Reignier (Magny), fils de Jean-Marie Naville et d'Annette Chambet. À la déclaration de guerre, il habitait à Jussy.

Dans le même secteur de l'Argonne se trouve le 5e RIC (Régiment d'Infanterie Coloniale). En juillet 1915, il participe à un assaut meurtrier dans le Bois de la Gruerie. Le 13/07, un violent duel d'artillerie s'engage et les Allemands utilisent les gaz. C'est peut-être la première fois que des Pers-jussiens sont exposés aux gaz asphyxiants.

Joseph-Arthur Démolis et Pierre-Arthur Burnier, du 5e RIC

Les Allemands pénètrent dans nos lignes mais, le 14, les Français contre-attaquent et deux Pers-jussiens laissent la vie dans cet assaut, le jour de la fête nationale :

- Joseph-Arthur Démolis, né le 8 septembre 1895 à Pers-Jussy (il n'avait pas encore 20 ans), fils de Louis Démolis, agriculteur à Jussy et de Jeannette Lacrosaz.

- Le caporal Pierre-Arthur Burnier, né le 30 septembre 1893, à Pers-Jussy (il avait à peine 22 ans), fils de Jean Burnier, agriculteur à Loisinges, et d'Antoinette Moënne, garde-barrière.

Le 30e RI tient le front dans la région de Souain (Marne). Le 22 septembre 1915, l'armée française déclenche un formidable pilonnage des lignes allemandes par l'artillerie. Ce sont les préparatifs d'une tentative de percée programmée pour le 25. Malgré des conditions météorologiques épouvan-tables, l'offensive est déclenchée comme prévu à 9h15. Dès le premier jour, au 30e RI, 11 officiers et 212 hommes de troupe sont tués à Perthes-les-Hurlus (commune aujourd'hui réunie à Souain). Il y a aussi de nombreux blessés dont deux Pers-jussiens :

- Le soldat Edmond-Auguste Lamouille né le le 8/01/1890 à Pers-Jussy, fils de Jean Lamouille, cordonnier à Chevrier, et de Léonie Dumont, chapelière, frère de François-Henri évoqué ci-dessus. Il est blessé au bras droit.

- Le sous-lieutenant Léon-Auguste Mugnier, né le 5/05/1878 à Pers-Jussy, fils de François Mugnier, agriculteur à Chevrier, et d'Anastasie Gaud. Il avait épousé Anne-Andréanne Naville le 4/05/1901 à Pers-Jussy. Avant la guerre, il exerçait la profession d'épicier. Il est blessé à la jambe droite, à l'abdomen et au front. Cela lui vaudra d'être décoré de la croix de guerre. En 1919, il sera élu maire de Pers-Jussy.


François Moënne, du 30e RI

Le 27 septembre, le 30e RI a encore 27 tués au nord de la route Souain-Tahure. Parmi eux, le soldat François Moënne. Âgé de 23 ans, il était né le 10/09/1892 à Pers-Jussy, fils de François Moënne, charpentier au Crêtet, et de Célestine Constantin.

Joseph-Marie Duvernay, du 1er RAM, Jean-Marie Desbiolles, du 153e RI

Les autres Pers-jussiens qui tombent en Champagne appartiennent aux unités suivantes :

1er Régiment d'artillerie de montagne :

Il compte dans ses rangs l'un des rares artilleurs de Pers-Jussy, Joseph-Marie Duvernay, canonnier à la 4e Batterie, porté disparu à Souain le 25/09/1915. Âgé de 26 ans, il est né le 22/11/1889, fils d'Augustin Duvernay, agriculteur à La Crosaz, et de Marie-Adèle Péguet. Il habitait la maison qui appartient aujourd'hui à "Nous aussi".

153e RI :  

Il compte dans ses rangs Jean-Marie Desbiolles, né le le 11/01/1880 à Pers-Jussy, fils de Jean Desbiolles, meunier à Vuret, et de Marie Dumont. Au moment de la mobilisation, il habitait Genève. Il a été tué le 26/09/1915 à Minaucourt (51), à quelques km à l'est de Souain. Il avait 35 ans.

156è RI :

Le 25 septembre, ce régiment est transféré d'Artois en Champagne pour participer à la grande offensive de Champagne. Pendant environ une semaine, il livre de sanglants combats dans le secteur de Souain. Le 28 septembre, les 2è et 3è bataillons subissent des pertes extrêmement sévères, ils sont réduits à 150 hommes chacun.

André Chambet, du 156e RI

Parmi les morts de cette journée se trouve André Chambet, né le 2/11/1883 à Pers-Jussy, fils de Joseph Chambet, agriculteur aux Verdel, et de Françoise Naville. Il est "tué à l'ennemi" le 28/09/1915 à 5 heures à la ferme de Beauséjour (51). Il avait 31 ans.

Le front de Lorraine

On y trouve le 13è et le 51e BCA, le 223e et le 230e RI.

Jean-Pierre Gignoud, du 13e BCA

Le premier mort du secteur appartient au 13e BCA, Il s'agit de Jean-Pierre Gignoud, décédé le 23 mars 1915 à l'ambulance 5/63 à Bussang (88) à la "suite de blessures reçues sur le champ de bataille". Âgé de 21 ans, il est né le 23/11/1894 à Pers-Jussy, fils de François Gignioud, agriculteur au Châble, et de Marie-Adèle Vidonne.

Jean-Pierre Gignoud

La plupart des autres Pers-jussiens morts dans ce secteur en 1915 servent au 230e RI qui, rappelons-le, a été constitué en partie avec des éléments venus du 30e RI, régiment basé à Annecy avant la guerre.

Henri-Claude-Marie Chambet, Henri-François Thura, Joseph-Faustin Regat, Joseph-Marie Verdan, Léon-Jean Naville, du 230e RI

Le 26 mars 1915, dans la forêt de Parroy, au NE de Lunéville (54), Henri-Claude-Marie Chambet, soldat du 230e RI est "tué d'une balle ennemie", à l'âge de 31 ans. Né le 6/10/1884 à Pers-Jussy, il était le fils de feu Jean-Xavier Chambet et d'Eugénie-Marie Chappuis, de Jussy. Au moment de son incorporation, il habitait Annemasse, aussi son nom ne figure-t-il pas sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

Le 20 juin 1915, un autre Pers-jussien du 230e RI, est blessé au combat de de Reillon (Meurthe-et-Moselle) au cours duquel le régiment a eu 21 tués, 96 blessés et 7 disparus. Il s'agit de Henri-François Thura qui décédera le 24 juin à l'Hôpital auxiliaire n°102 de Lunéville, à l'âge de 39 ans. Né le 19/04/1876 à Bréry (Jura), il était le fils de François-Élisée Thura, brigadier-poseur à la compagnie PLM, et d'Élisa Godard, chef de gare à Chevrier. Il s'était marié en 1902 avec Marie-Vaninca Mugnier, de Chevrier, et avait au moins un enfant. À la déclaration de guerre, ce soldat habitait Lausanne.

Le 22 juin 1915, un détachement du 230e RI reçoit l'ordre d'attaquer des ouvrages allemands sur la route Vého-Leintrey, à environ 2 km de Reillon, localité citée ci-dessus. Au cours de l'opération, il y a 17 tués, 52 blessés et un disparu. Parmi les tués se trouve un Pers-jussien, le caporal Joseph-Faustin Regat. Âgé de 28 ans, il était né le 14/02/1887 à Reignier, fils de Casimir Regat et de Lucie-Josephte Paccard.

Joseph-Faustin Naville

Est-ce au cours d'un de ces combats qu'est blessé grièvement Joseph-Marie Verdan, soldat au 230e RI, qui décède le 23 juin 1915 à l'hôpital de Lunéville, des suites de ses blessures, à l'âge de 36 ans ? Né le 18 mars 1879, à Reignier, où il habitait lors de la déclaration de guerre aussi son nom ne figure-t-il pas sur le monument aux morts. Il était cependant électeur dans notre commune où résidaient son frère Gabriel, agriculteur aux Bégauds, et sa sÏur, Joséphine Maréchal, aubergiste au Chef-lieu et bien connue sous le nom de "Phine à Victor".

Plus tard, le 17 octobre, sur ce même front, à Vého, pendant une période pourtant plus calme, est tué le sergent Léon-Jean Naville, du 230e RI. Ce "vieux" soldat de 37 ans était né le 21 mai 1878 à Pers-Jussy, fils de Joseph Naville, agriculteur à Chevrier, et de Philomène Navilloux. Il s'était marié en 1904 avec Georgette-Uranie Gallon.

Léon-Jean Naville

Claude-François Tissot, du 223e RI

Dans ce secteur, à une date inconnue, est grièvement blessé Claude-François Tissot, soldat au 223e RI, né le 29/07/1886 à Pers-Jussy, fils de François-Cyrille Tissot, agriculteur à Loisinges, et de Jeannette Maulet. Il décédera le 8/10/1915 "suite de blessures sur le champ de bataille", au quartier Clarenthal, ambulance 3/14, de Lunéville. Il avait 29 ans.


Claude-François Tissot

Par bonheur, les Pers-jussiens du 51e BCA sortiront indemnes de ces batailles.

Le front d'Artois

On y retrouve le 1er BCP, le 17e, le 97e et le 149e RI, qui étaient déjà sur place depuis septembre 1914. Ils tiennent le front entre Aix-Noulette et Souchez (72), à une dizaine de km au S.O. d'Arras, près du sanctuaire de ND de Lorette, une chapelle située sur un promontoire qui domine le site environnant. Le site est resté célèbre pour la violence des combats qui s'y sont déroulés en 1915 : on a parlé du "charnier de Lorette".

Henri Tollance, du 17e RI

Les 9, 10 et 11 mai 1915, le 17è RI participe à une violente attaque vers la crête d'Ablain-St-Nazaire (72), au S.O. de ND de Lorette, et subit de lourdes pertes : 232 tués, 677 blessés et 205 disparus. Parmi les tués se trouvait le soldat Henri Tollance, âgé de 20 ans. Il était né le 13/08/1894 à Pers-Jussy, fils de François Tollance, agriculteur à Jussy, et d'Antoinette Constantin.

Édouard Roguet et Louis-François Regat, du 149e RI

Le 29 mai, le 149e RI combat dans le secteur d'Aix-Noulette. Un Pers-jussien y laisse la vie, le sergent Édouard Roguet, âgé de 35 ans. Il était né le 16/01/1880 à Pers-Jussy, fils de feu François Roguet et de Mélanie Roguet, cultivatrice au chef-lieu . Il avait épousé Amelina Lamasure en 1909 à Paris, où il résidait lors de la déclaration de guerre.

Plus tard, le 14 juillet, dans le même secteur, "aux tranchées de ND de Lorette", est tué un autre soldat du 149e RI : Louis-François Regat, âgé de 20 ans. Né le 26/11/1894 à Pers-Jussy, il était fils de Jean Regat, agriculteur à Navilly, et d'Andréanne Barbier

Quant au 97e RI, il combat devant Souchez (62). Trois de ses Pers-jussiens y perdent la vie.

François-Ernest Regat et Léon-Alphonse Desbiolles, du 97e RI

Le premier est le caporal François-Ernest Regat, né le 6/11/1892 à Pers-Jussy, fils de Marie-Élie Regat, agriculteur au Biollay et de Thérèse Constantin. Il est porté disparu le 5/05/1915. Il avait 22 ans.

Le second est le soldat Léon-Alphonse Desbiolles. Grièvement blessé au cours de ces combats, il décède le 13/05/1915 à 13 heures, à l'ambulance 2/18 à Camblain-l'Abbé (72). Âgé de 24 ans, il était né le 23/03/1891 à Pers-Jussy, fils de Jean Desbiolles, agriculteur à Vuret, et de Marie Dumont. Il a reçu la médaille militaire à titre posthume en1923.

Joseph Regat, du 1er BCP

Au 1er BCP combattait le sous-lieutenant Joseph Regat, né le 10 juin 1883 à Pers-Jussy. Il avait quitté Pers-Jussy très jeune pour Arbusigny puis Neydens, ce qui explique que son nom ne figure pas sur le monument aux morts. Devenu prêtre, il a été vicaire à Cranves-Sales, puis à Allinges. Il est décédé le 21/10/1915, "suite de blessures de guerre", à l'ambulance 5/17 de Houdain (72).

Le front d'Alsace

En 1915, quelques Pers-jussiens combattent la partie alsacienne du massif des Vosges qui a été conquise et conservée en 1914 (secteur de Thann). En juillet l'armée française lance une attaque. Au 133e RI, on déplore un blessé chez les Pers-jussiens : François-Henri Lamouille, né le 7/11/1892 à Pers-Jussy, fils de Jean Lamouille, cordonnier à Chevrier, et de Marie-Léonie Dumont, chapelière.

Adrien-Joseph Chevalier, du 114e BCA

Le 22 juillet, le 114e BCA progresse vers le Barrenkopf. Au cours de cet assaut un Pers-jussien est tué : le chasseur Adrien-Joseph Chevalier, né le 6/10/1895 à Pers-Jussy, fils de Pierre-Louis Chevalier, agriculteur à Ornex, et de Virginie Regat.


Adrien-Joseph Chevalier

Autres Pers-jussiens décédés en 1915

En 1915, deux Pers-Jussiens sont morts de maladie, loin du front. Leurs noms figurent sur le monument aux morts mais ils n'ont peut-être pas été reconnus "Morts pour la France" puisqu'ils sont absents du site internet "Mémoire des hommes". Ce sont :

Auguste Naville, né le 6/08/1877 à Pers-Jussy, fils de Pierre Naville, aubergiste à Chevrier et d'Andréanne Métral. Il avait épousé Catharina Brandl le 6/11/1912 à Genève où il semble qu'il ait habité lors de la déclaration de guerre. Il appartenait au 14è Escadron du train et est décédé le 21/07/1915 à l'Hôpital militaire complémentaire de Lyon, des suites d'une maladie. Il avait 38 ans.

Auguste Naville et Alphonse-Edmond Roguet

Alphonse-Edmond Roguet, né le le 7/05/1896 à Pers-Jussy, fils de Louis Roguet, agriculteur à Vuret, et de Marie-Eugénie Bouvard. À la mobilisation, il habitait Blouville-sur-mer (14). Il est décédé, le 8/11/1915 à Falaise (35) mais on ignore la cause du décès. Il appartenait au 36e RI et venait d'être incorporé puisqu'il n'avait pas 19 ans.

Au cours de l'année 1915, vingt-quatre Pers-jussiens ont laissé leur vie au front ou à l'hôpital. Ils ont déjà été remplacés par les "bleuets" de la classe 1916, appelés sous les drapeaux à l'âge de 19 ans.

A.D.

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