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Nous ouvrons une nouvelle rubrique alimentée surtout par frère Maurice Rosset qui a autrefois recueilli tant de souvernirs auprès de Pers-Jussiens aujourd'hui disparus. LE CHEMIN DE SAINT-ANTOINE Chaque année, trois jours avant l'Ascension, avaient lieu les Rogations, processions matinales à trois endroits différents de la paroisse. L'une d'elles montait à la Croix d'Ornex : sur une sorte de brancard hissé sur des épaules robustes, on promenait la statue de Saint Antoine, patron de l'ancienne paroisse de Jussy et on redescendait par le chemin de San Tiuounet (Saint Antoine). Un jour, à un endroit particulièrement pentu, scabreux, un costaud colportait le pesant saint de plâtre. Sur le chemin glissant, il devait s'avancer à pas prudents, le dos courbé. Soudain, il aper-çoit une pièce de monnaie qui brille dans la boue. Il se penche davantage mais, patatras ! la statue lui passe par-dessus la tête et plonge sur ladite pièce ! L'homme s'écrie : "Hou ! l'shancre ! L'a viu avant mè !" (Hou ! le salaud ! il l'a vue avant moi !). Telle est l'histoire de San Tiuounet qui fut autrefois contée à frère Maurice Rosset par "la Mayon au frère".
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DIGUE DONDADONDAINE... Placide s'était
amouraché de Péronne, servante du curé
de Pers-Jussy, brave jeune fille de Frangy. Un soir, vers
dix heures, le pasteur allait prendre son repos quand il
entend un bruit de voix et même des rires montant de
la cuisine... Intrigué, il sort de sa chambre et
descend les escaliers. Il ouvre la porte de cette
pièce et ne voit que Péronne, assez surprise
il faut le dire : "Tiens, vous êtes seule ?"
demande-t-il. "Oui... Oui", souffle sans conviction la
servante. - "Alô Placide ! T'ai qu'tai fö itye ?" ("Alors Placide, qu'est-ce que tu fais ici ?" - "Ben ! Vo veyi, Monchu, d'em' promin'ne !" ("Ben, vous voyez monsieur, je me promène !"). L'histoire rappelle beaucoup la chanson "Perrine était servante chez monsieur le curé..." mais elle se termina beaucoup mieux et très moralement... par un mariage. Placide, le "héros" de l'aventure, était le frère de la "Lympe à Barcelogne" qui a raconté l'histoire à frère Maurice Rosset... il y a longtemps.
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Un habitant de Navilly, un peu
naïf, était "descendu" pour la première
fois de sa vie à Genève et avait pris le tram
à la gare des Vollandes.
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La scène se passe à la fin du XIXè siècle. Le baron de Cevins, à la sortie de la grand'messe, venait faire baptiser sa fille (celle que nos grands-parents ont connu sous la dénomination de "Thérèse, la dame de Cevins"). Le curé Brasier (curé de pers de 1875 à 1897) lui demande : - "Monsieur, comment l'appellerez-vous ?" - "Adelgonde, Amaranthe, Joséphine, Hélène, Thérèse". Le curé se penche alors en souriant vers son clerc : - "Phonse, on pou pliet d'aidye !" (Alphonse, un peu plus d'eau !).
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La scène se passe pendant la guerre de 14-18, dans le train de La Roche. Dans un compartiment, deux militaires
de Pers-Jussy, montés en gare de Chevrier, rentrent
de permission pour rejoindre le front. Ils sont en compagnie
de trois dames. L'une d'elle gémit sur la perte de
milliers de soldats mais sa voisine, poudrée,
pomponnée, parfumée, minaude en disant :
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La scène se passe avant la guerre de 1914-1918. A cette époque, le buraliste du
chef-lieu de Pers était François Dubouloz. Il
avait obtenu cet emploi réservé pour avoir
perdu la jambe gauche à la guerre de 1870. Il
compensait ce handicap avec une une jambe de bois. Dans le
pays, on l'appelait "le Seudò" (le soldat). Barbu,
portant beau, il avait pourtant un fichu caractère de
bourru. -"Dis dan, Seudò, d'quol boet ta piôta z'est faita ?" (Dis, soldat, de quel bois ta jambe est faite ?) -"Pet quet tet d'mande santje ?" (Pourquoi tu demandes ça ?), rugit notre scribe. -"Pet quet ? Pass'quet si elle auru faita d'verna, l'auru prê raç'na !" (Pourquoi ? parce que, si elle avait été faite de verne*, elle aurait pris racine !"). * Verne : Aulne, arbuste réputé pour la facilité avec laquelle il se bouture.
Anecdote rapportée autrefois à Maurice Rosset par Marie Dubouloz, dite la Mayon au frère . |
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Il y a bien longtemps, à Marny,
sur le bord de la route, à droite quand on va vers
Arbusigny, existait un café (le bâtiment existe
toujours, peu avant la ferme Trottet), C'était alors
une baraque en bois, aux parois bien mal en point, qui ne
payait pas de mine. Il était tenu par la "Mène
au Bovi", sympathique dame, avantageusement connue.
Malgré la rusticité des
lieux, nombreux étaient ceux qui s'arrêtaient
dans ce lieu isolé, ne fut-ce que pour saluer
l'accorte tenancière. L'un d'eux, après
d'abondantes libations, éprouva un besoin
pressant... Sans façon, il sortit et alla se soulager
la vessie contre la paroi aux planches disjointes.
Malheureusement le "liquide" pénétra à
l'intérieur, à la fureur de la maîtresse
de maison. Elle sortit et lança au responsable qui se
reboutonnait : "Di dan, monchu, v'gni psi d'dian ! D'la
sourta, vot psri d'feu !"(Dis donc, monsieur, venez pisser
dedans, de la sorte, vous pisserez dehors !).
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