LES LAVOIRS DU CHEF-LIEU

Article paru dans le bulletin n° 26

Les anciens ont disparu et il serait bien malaisé de retrouver leur trace. Ils étaient d'ailleurs rudimentaires : une portion de ruisseau aménagée avec quelques pierres plates plantées sur le bord et légèrement inclinées, derrière lesquelles les boyandires (1) agenouillées lavaient et rinçaient leur linge, apporté sur un barrot (2), ou même entassé sur un char, lors des grandes lessives.

Le plus ancien se trouvait au-dessous de la vie de Panchy en bas du talus, sur un ruisseau disparu depuis longtemps, on peut dire sans laisser de trace.
Un autre était au bas de la route de Loisinges, devant chez la Phine à Magnin.
Un troisième se situait peu avant le pont du Beule, non loin de l'ancienne poste, alimentée par le Nant du Châble qui coule le long de la vie de la Pesse. On pouvait descendre sur chacune de ses rives par deux passages aménagés sur les talus des bords.

Ces lavoirs rustiques ont été remplacés par de vraies constructions : un grand bassin abrité sous un toit et autour duquel on pouvait se tenir debout.

Celui de la poste, le dernier construit (1928) juste au-dessus du ruisseau, a été démoli en deux temps : le bassin proprement dit il y a une trentaine d'années, et la construction qui l'abritait, beaucoup plus récemment pour faire place au recouvrement du ruisseau et au parking. En subsistent encore deux autres, le plus ancien (1902) au milieu du village, accoté à un bassin circulaire creusé dans la pierre, un bel orme l'ombrageait autrefois, et le bassin Jacquet, en face de l'actuelle maison Maréchal.

S'ils ne sont plus utilisés, ces témoins d'un autre âge bénéficient d'un enjolivement fleuri et contribuent maintenant à la parure du village.

Joseph DESHUSSES,

d'après les souvenirs de Maurice ROSSET

 

(1) Boyandires : lavandières
(2) Barrot : petit chariot à bras

 

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