LA LESSIVE AUTREFOIS


Article paru dans le bulletin n° 12
 

Dans le bulletin n° 11 nous lancions un appel à tous ceux qui avaient des souvenirs à évoquer sur la vie autrefois à Pers-Jussy. Il a été entendu et, dès ce numéro, nous avons le plaisir de publier un article dans lequel Madame Jean FAVRE, née Évelyne PITTET, domicilée au village des Pittet, nous raconte comment on faisait la lessive autrefois.

Pour faire la lessive, on gardait les cendres de bois, pas celles de chêne qui brunissent le linge.

La veille on mettait dans la cour un cuvier, c'est à dire une grosse "seille" en bois, et on faisait tremper le linge dedans, seulement le blanc, avec de l'eau et des cristaux de soude.

On faisait la lessive deux fois par an

A cette époque on portait beaucoup de linge en grosse toile, chemises d'hommes et de femmes, draps, et la lessive se faisait deux fois l'an, au printemps et à l'automne.

A côté du cuvier, il y avait la chaudière pour chauffer l'eau et, posées sur des tréteaux, des planches pour dégrossir le linge, c'est à dire qu'on le brossait avec une "brosse à rizettes".

On dégrossissait le linge avec la brosse à rizettes"

Le lendemain arrivaient les lavandières, comme je viens de le dire, pour dégrossir le linge. On utilisait du savon de Marseille et de la cendre de bois. Chacune avait sa "brosse à rizettes" et un savon de Marseille leur était remis par la propriétaire.

Une fois le linge dégrossi, on le remettait dans le cuvier. Les cendres étaient déposées dans un sac en toile. On plaçait ce sac sur le linge de façon à le recouvrir. On faisait chauffer l'eau dans la chaudière et quand l'eau était bouillante on la versait sur les cendres et le linge.

On versait l'eau bouillante sur les cendres et le linge

On utilisait pour ça un entonnoir avec un long manche. On laissait reposer toute la journée.
Le lendemain, on ressortait le linge et on le refrottait avant d'aller le rincer au lavoir. Ne possédant pas de lavoir dans notre village, on chargeait le linge sur un chariot tiré par un cheval, et on allait rincer ce linge dans un ruisseau aménagé en lavoir avec de grosses pierres plates. Il fallait se mettre à genoux, alors chaque lavandière avait un sac de paille pour s'agenouiller dessus.

Le ruisseau était aménagé en lavoir avec de grosses pierres plates

On gardait "le lissu", c'est à dire l'eau qui avait bouilli avec les cendres, pour laver après, le linge de couleur.

L'eau qui avait bouilli avec les cendres, c'était le "lissu"

Ensuite sont venues les lessives qui ont remplacé les cendres, et les lessiveuses qu'on mettait directement sur le feu, et enfin les machines à laver qui ont bien soulagé la ménagère.

Évelyne FAVRE (PITTET)

 

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