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Article paru dans le bulletin n° 19 |
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Grâce au dépouillement
systématique de l'état civil ancien de Pers,
de Jussy puis de Pers-Jussy effectué par M.
André-Marc Chevallier, nous pouvons faire très
facilement quelques statistiques. Avant de publier les résultats de nos recherches, il faut préciser que les actes de mariages de Jussy sont assez bien conservés depuis 1637 alors que ceux de Pers ne sont complets que de 1740 à nos jours (avec cependant quelques "trous" vers 1794-95). Ils sont lacunaires de 1647 à 1694 et totalement absents de 1694 à 1740. Nous n'aurons donc qu'un aperçu fragmentaire des coutumes matrimoniales des anciens Pers-Jussiens avant 1740. En revanche, on peut faire des statistiques précises à partir de cette date.
Signalons enfin que notre étude
s'arrête à 1860 car, au-delà de cette
date - à une exception partielle entre 1860 et 1872 -
l'état civil ancien de Pers-Jussy n'a pas
été saisi sur informatique.
![]() On se mariait surtout en hiver et au début du printemps avec une préférence marquée pour le mois de février, suivi d'avril, janvier et novembre. On ne se marie pratiquement jamais en décembre, l'église interdisant, - sauf dispense- le mariage pendant la période de l'avent. Pour les mêmes raisons, on se marie peu en mars, pendant le carême, mais les dispenses accordées par l'église sont plus fréquentes pour cette période de l'année. En revanche, les mariages au mois de mai - le mois de Marie - réputé défavorable, ne sont pas rares. On se marie peu en été, à cause des travaux des champs mais la fréquence des mariages d'été augmente quand on passe du 18è au 19è siècle. ![]() Jusqu'à la fin du 19è siècle au moins, on se marie de préférence le mardi : c'est le jour choisi par plus de la moitié des couples ! Jusqu'à la Révolution, le second jour préféré, loin derrière le mardi, est le jeudi. Après la Restauration sarde en 1814, c'est le mercredi qui passe en seconde position mais de peu.
Les autres jours de la semaine sont
peu prisés et le dimanche est exceptionnel, sauf au
17è siècle (non représenté sur
le graphe).
Pendant la période Révolution-Empire (non représenté sur le graphe), le mardi reste le jour préféré mais la répartition est plus équilibrée dans la semaine. L'explication réside sans doute dans le fait que, dans l'esprit de la majorité des Pers-Jussiens de l'époque, malgré les persécutions, c'est le mariage religieux qui compte en priorité. Or, la date donnée dans les registres est celle du mariage civil et le mariage religieux était célébré clandestinement, sans doute un autre jour. A.D. |