LES DERNIÈRES NOUVELLES D'AUTREFOIS

Articles parus dans divers bulletins
 

Cette rubrique présente à la manière d'un journal actuel, des événements qui se sont produits autrefois dans notre commune.

Nous les avons reclassées non pas dans l'ordre de leur publication mais dans l'ordre chronologique
 
MGR L'ÉVÊQUE EN VISITE À PERS EN 1414 

Pers-en-Genevois le 18 août 1414

Hier, notre paroisse a accueilli avec toute la pompe due à son rang, Monseigneur l'Évêque de Genève, en visite pastorale.

La paroisse compte 80 feux (1) et l'église perçoit des revenus qui s'élèvent à 80 florins. Messire Antoine de Chenay, curé de la paroisse, était absent : il est actuellement "aux études". Monseigneur n'a trouvé sur place qu'un vicaire, Messire Pierre Mousse. Ce dernier a des mÏurs très dissolues : c'est un chasseur notoire qui vit en concubinage avec une femme "dont il est passionné". Monseigneur l'évêque lui a enjoint de "ne plus vivre avec cette femme et de ne plus se livrer à la chasse" sous peine d'être privé de son bénéfice (2).

Dans l'église (3), Monseigneur a constaté qu'il manque un tabernacle "solide pour la conservation de l'Eucharistie, un voile et une aiguière, une image de St-Pierre, patron de ladite église". En revanche, il a trouvé la nef de l'église encombrée d'armoires appartenant aux confréries (4) : elles devront être enlevées par les paroissiens "pour la prochaine fête de Pâques". Il a par ailleurs imposé aux paroissiens, sous peine d'excommunication, de ne plus réunir leurs confréries et de ne plus manger dans ladite église, "comme ils en ont abusé jusqu'ici".

Monseigneur a encore constaté des "défectuosités dans la maison et la grange du curé qui sont menacées de ruine". Il a enjoint au vicaire de rendre au curé les 25 florins qu'il "avoue lui devoir de ses pensions du temps passé et de lui remettre également les fruits futurs qu'il recueillera jusqu'à ce que le curé ait fait réparer sa maison et sa grange.

D'après la transcription et la traduction de la version orignale, en latin, réalisée par l'abbé Bouvard, ancien curé de Pers-Jussy.
(1) Feu = foyer. (80 feux représentent environ 400 habitants).
(2) Bénéfice = revenus liés à la fonction ecclésiastique.
(3) Il s'agit de la première église de Pers dont l'emplacement est mal connu (sans doute près des "Bégauds").
(4) Confréries = Associations pieuses de paroissiens comme, par exemple, la "Confrérie du Saint-Sacrement de l'autel".


SAINT FRANÇOIS DE SALES EN VISITE PASTORALE À PERS EN 1606

Saint-François de Sales, fut évêque du diocèse de Genève (en résidence à Annecy à cause de la Réforme protestante) de 1602 à 1622. Il a tenu à visiter toutes les paroisses de son diocèse.

Le vendredi 13 octobre 1606, François de Sales rend visite à la paroisse Saint-Pierre de Pers. Il est accueilli par Michel Mugnier, Mathieu Carrier, syndics de la paroisse, accompagnés de Me Maurice Raffy, notaire, Améd(ée) Roguet, Louis Miucet, Pierre Gars et Mauris Navilliouz. Le recteur (curé) de Pers était Messire Louis Delagrange.
Dans le compte rendu de sa visite épiscopale, l’évêque fait un constat sur l’état de la paroisse, donne des “injonctions” au clergé et aux paroissiens, et enregistre les vœux de ses hôtes. 

En 1606, il y avait environ 650 habitants à Pers

Ce texte est rédigé dans une langue assez hermétique pour un lecteur du 21è siècle aussi ne ferons qu’en dégager l’esssentiel.
On y apprend qu’il y a environ 150 feux (foyers) dans la paroisse de Pers, on peut donc estimer la population de Pers (sans Jussy) à environ 600 ou 700 habitants.
Au curé, l’évêque rappelle, entre autres, qu’il est tenu de célébrer :

-     les dimanches et jours de fêtes, une grand messe, avec, en plus, les matines et vêpres lors des fêtes 
solennelles.
-     le lundi, une grand-messe pour les trépassés

-     les autres jours, à dévotion.


Le presbytère a subi un incendie en 1605

Aux paroissiens, il demande de :

-   “plâtrer et blanchir” le chœur de l’église (1) et de le “couvrir” (sans doute remplacer les tuiles ou le chaume du toit) dans le délai d’un mois,
-    “planchonner” la nef de l’église,
-  “faire rebâtir la maison pastorale qui se trouve brûlée” depuis un an (ce qui nous apprend incidemment que le presbytère a été incendié en 1605),
-     fournir à l’église trois nappes, six serviettes, un ciboire d’étain.

Les paroissiens réclament un vicaire

Les paroissiens ont, eux aussi, une demande à formuler : ils veulent un vicaire.

Comme la plupart des églises de l’époque, celle de Pers possède des chapelles, sur lesquelles François de Sales fait le point :
-    une chapelle du Saint Esprit et de Notre-Dame, où messire Jacques Vachoud, prêtre habitant Arbusigny, célèbre deux messes par semaine à l’intention des paroissiens ; l’évêque enjoint ces derniers de la faire “parer, orner, doter” et et de “faire les vitres dans le mois, faire le marchepied et vitres, planchonner”.
-    Une chapelle de Saint Sébastien, où messire Pierre Roguet, vicaire du Sappey, est tenu de célébrer une messe pour les familles Constantin dit Cornu et Constantin dit Bellard.
-   Une autre chapelle de Notre-Dame, patronnée par les “Constantin de Pers, Magny et de La Roche”, à laquelle est affectée un “recteur” en la personne de Vénérable Messire Adrien Constantin. Ledit recteur devra la “faire réparer, orner, couvrir et vêtir” dans le délai d’un mois.
-    Une autre cha-pelle de Notre-Dame se trouve sur les tribunes de l’église : il y a un autel mais ni retable ni  recteur, on y fait des “dévotions pour les enfants morts”(2) et des “services pour les trépassés”.
Le compte rendu de la visite fait également le point sur les biens fonciers dont dispose le curé et les rentrées en argent dont il bénéficie.
Le curé dispose d’une maison (s’agit-il de celle qui a été incendiée l’année précédente ?), un jardin, une terre cultivable et  deux pièces de pré.
Les dîmes et la “prémice”(impôts ecclésiastiques en nature) sont perçues par l’Abbé d’Entremont, qui n’en reverse qu’une faible part au curé.
Le curé reçoit les revenus d’un legs fait à la paroisse et ceux d’une somme destinée aux réparations de l’église et actuellement entre les mains de Me Myucet, notaire.
François de Sales ordonne d’augmenter la redevance perçue pour les inhumations dans l’église, “taxe”moduléeen fonction de l’emplacement de la tombe, plus on est proche du chœur, plus c’est cher !
Il décide également  de changer le jour de la dédicace, qu’on célébrait jusqu’alors le jour de la saint Roch, au mois d’août, et de le transférer au 18 novembre !

(1) Il s’agit bien entendu de l’ancienne église, détruite vers 1858.
(2) On avait coutume d’y amener les enfants mort-nés. On pensait que la Sainte Vierge les ressuscitait le temps de recevoir le baptême. Rien ne semblait pire que la mort d’un enfant sans baptême. L’Église laissait faire non sans réticence.


SAINT FRANÇOIS DE SALES EN VISITE PASTORALE À JUSSY-SOUS-PERS EN 1606


Dans le bulletin n° 31, nous avons rendu compte de la visite de la paroisse de Pers par l’évêque du diocèse de Genève, canonisé plus tard sous le nom de Saint François de Sales. Le même jour,il a visité la paroisse de Jussy-sous-Pers et en a fait 0un compte rendu beaucoup plus succinct.

Le vendredi 13 octobre 1606, François de Sales rend visite à la paroisse “Saint Antoenne de Jussye soub Pers” Il est accueilli par Henry Mestral, Jehan Mestral, Thomas Dunant et André du Cimitière. Le recteur (curé) de Jussy était Messire Gonln Gras, “prebstre” (prêtre).

En 1606, Jussy est une petite paroisse : sa population est inférieure à 100 habitants

Il y a dix-neuf feux (foyers) dans la paroisse. On peut donc estimer que la population de Jussy oscille entre 80 et 100 habitants.

Les charges du curé

Le curé est tenu de célébrer :
-  les fêtes et dimanches : une petite messe
-  les jours solennels : matines et vêpres
-  le lundi : une petite messe
-  les autres jours : à dévotion.

Les revenus de la cure

Le curé dispose d’une maison avec grange et jardin plus cinq poses de terre.
Le curé perçoit en “cense volante” (sorte de loyer) un quart et demi de froment. Il est le seul à percevoir la dîme sur le territoire de la paroisse, alors qu’à Pers, le curé n’en perçoit que la portion congrue. Il lui revient ainsi 45 coupes de céréales, les deux tiers en froment, le reste en seigle.
Le curé reçoit en outre une gerbe de froment par feu (foyer).

Les injonctions de l’évêque

Au curé l’évêque enjoint d’avoir un purificatoire, de faire repeindre “l’image de St-Antoenne” et d’avoir un autel portatif.
Aux paroissiens, il demande de réparer “la coupe du calice” et de fournir une nappe, six serviettes et un ciboire,.
Le tout dans le délai d’un mois.

CAMBRIOLAGE À LA CURE DE PERS

Pers, mai 1640
Des cambrioleurs se sont introduits dans le presbytère de la paroisse de Pers. Ils ont dérobé la somme de mil cent cinquante florins tant or qu’argent appartenant à Messire Pierre Navilliouz, prêtre, appelé à remplacer prochainement messire Claude Antoine Donyer à la cure de Pers. Le révérend Donyer a immédiatement publié un monitoire(1) qui été lu six fois en chaire en l’église de Pers.
L’appel a été efficace puisque les auteurs du vol sont venus se dénoncer auprès de Messire Donyer. Ils ont demandé à ce prêtre de les accompagner auprès de la victime. à qui ils ont rendu 180 florins(2) et 8 sols, lui promettant de s’acquitter du reste, soit environ la somme de 970 florins.
Stupeur du révérend Navilliouz : les cambrioleurs, qui s’étaient partagé le butin après leur forfait, étaient Étienne et Nicod, fils de feu Nicolas Navilliouz, et la Perrine, fille de feu Jacques Navilliouz, autrement dit ses neveux et nièce !

(1)     Monitoire : Avertissement solennel invitant tous ceux qui sont instruits d’un fait dont les auteurs sont inconnus à venir dire ce qu’ils savent, sous peine éventuellement d’excommunication.
(2)     Le florin était alors la monnaie du Duché de Savoie, il était subdivisé en 12 sols (sous). Le sol était lui-même subdivisé en 12 deniers. Avec la somme volée, un paysan de Pers aurait eu de quoi donner une “jolie” dot à cinq ou six de ses filles ! A moins qu’il eût préféré acheter cinq ou six vaches !!

NDLR :
    Quatorze mois après ces faits, la somme n’a pas encore été remboursée. Le révérend Navilliouz, devenu entre  temps curé de Pers, rédige alors son testament. Il y évoque le vol dont il a été victime, disant que la perte de cette somme l’a “beaucoup incommodé” et lui “a porté beaucoup de préjudice” (il parle même “d’incommodité immémorable”). Il déshérite les trois voleurs et couche leur dette dans son testament au profit de ses héritiers : ses autres neveux.
Les clauses de ce testament sont si complexes qu’elles seront à l’origine d’une “zizanie” qui durera près de 150 ans chez les héritiers (devenus Navilloux ou Naville) !

La source de cette anecdote provient du fameux testament du curé Navilliouz, dont notre ami Joseph Deshusses, lointain descendant d’un neveu (honnête, celui-là !) du curé Navilliouz possède une copie.

ENCORE UNE "BAVURE" DU FISC !

Pers-en-Genevois, décembre 1684

Claude Verdel, granger(1) à Chevrier, vient d'être la victime de la désinvolture des exacteurs(2) de la paroisse de Pers-en-Genevois. Ces derniers on saisi à son domicile une "pollaine"(3) d'environ une année et demie, un petit "bovet", deux chèvres et un chevrot et les ont amenés à La Roche pour les remettre au châtelain(4). Les exacteurs croyaient que ce "bestail" appartenait à la propriétaire du grangeage dudit Verdel, la Jeanne Dard, veuve de maître Marchand, de La Roche, qui n'avait pas payé sa "taille".

Le châtelain a été saisi de la plainte dudit Claude Verdel et a dû rendre les animaux saisis. Il les a remis à Claude Delapierre, domestique dudit Verdel, après cependant que ce dernier eut payé les frais d'entretien du bétail pendant le séquestre !
(1) Granger : sorte de métayer.
(2) Exacteurs : habitants du lieu, élus par les autres "communiers" pour collecter la "taille" (impôt foncier sous l'Ancien Régime).
(3) Pollaine : pouliche
(4) Châtelain : fonctionnaire subalterne local qui exerçait des responsabilités diverses.

UNE LETTRE DU MAIRE DE JUSSY-SOUS-PERS AU PRÉFET 

Jussy-sous-Pers le 4 juillet 1812

Nous venons de prendre connaissance du contenu de la lettre qu'a adressée hier monsieur Jean-Pierre Constantin, Maire de Jussy-sous-Pers à Monsieur le baron d'Empire, Préfet du Département du Léman.

"Monsieur,

J'ai l'honneur de vous exposer que, malgré diverses défenses que j'ai faites à mes administrés et notamment au sieur François-Hyacinthe Constantin par une lettre que j'ai reçue à ce sujet de Monsieur le Préfet en date du 6 avril 1810, dont je lui ai transmis le contenu, qui portait défense de ne point commettre d'usurpations sur les biens communaux. Malgré cela, le susdit Constantin continue d'extraire des matériaux et de les enlever à son profit, des masures d'un vieux château situé sur le fond communal, dit au Châtelard. Cet enlèvement est d'autant plus préjudiciable à la commune que, non content de s'approprier les beaux matériaux et le sable, il couvre le pâturage qui entoure le château des mauvais matériaux à une distance de plusieurs mètres, et par là même il engage plusieurs personnes à en faire autant et d'autres à murmurer.

Je vous prie en conséquence, Monsieur, de me tracer la marche que je dois tenir pour ma décharge soit en leur donnant plein pouvoir ou en leur faisant connaître d'encourir des sévices graves s'ils continuent les usurpations, à quoi je ne parviendrai que lorsque je pourrai leur faire voir votre façon de penser par écrit à ce sujet.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon respect profond.

(1) Syndic = maire sous le régime sarde.

Document fourni par Maurice Rosset, D'après ce dernier, Jean-Pierre Constantin, dit "au Marin", le dernier maire de Jussy, avait des relations tendues avec les deux nobles de Jussy , le baron de Cevins et Hyacinthe Cons-tantin de Moussy. Ce dernier a utilisé illégalement les pierres du château du Châtelard pour construire sa demeure de la Charmille.

Après la restauration sarde, le Baron de Cevins a envoyé de nombreuses lettres à l'Intendant de Bonneville contre Jean-Pierre. Constantin. Il y écrit par exemple : "Le pont de Vuret n'a été fait que pour satisfaire les intérêts des propres neveux du syndic (1)".


LE MACHINISME ENTRAÎNE LE CHÔMAGE

Pers-Jussy septembre 1839

Monsieur le Baron de Cevins, Syndic de la commune de Pers-Jussy, vient d’écrire à monsieur l’Intendant de la province du Faucigny, pour attirer son attention sur un problème social qui lui tient à cœur. Il signale que, “dans sa commune et dans le mandement de Reignier, des industriels mécaniciens d’Éteaux-en-Bornes, les frères Jean et Marc Constantin”, proposent aux cultivateurs l’usage de battoirs à blé portatifs et ambulants. Ces “machines mécaniques”, mues au moyen de chevaux, “sont colportées aux points les plus culminants et les plus inaccessibles”. Les propriétaires de ces machines-battoirs gagnent, “outre la nourriture des ouvriers et des chevaux, un hectolitre de froment sur 25 qu’ils peuvent battre chaque jour”, Ce faisant, ils “enlèvent le travail de tout l’hiver et le gagne-pain des pauvres manœuvres”, qui sont réduits  à la misère alors qu’ils sont chargés de familles nombreuses.

NDLR : Cette rubrique a été rédigée à partir d’un document fourni par le frère Maurice Rosset. Son intérêt est de montrer que les machines à battre existent depuis fort longtemps. En 1839, il y en avait déjà ! De quel type étaient-elles ? Si quelqu’un peut nous donner des renseignements à leur sujet, son avis sera le bienvenu.

IL FAUT OUVRIR UNE AUBERGE À PERS-JUSSY !

Pers-Jussy, le 1er décembre 1839

En date d'hier, monsieur le Baron de Roget de Cevins, Syndic de Pers-Jussy*, a adressé une supplique à l'Intendant de la province pour obtenir l'autorisation d'ouvrir une auberge au Chef-Lieu de Pers-Jussy. Il y souligne qu'il agit "dans l'intérêt général du public pour prévenir des accidents et éviter des sinistres". Il signale que les habitants des Hautes Bornes (Le Sappey, Menthonnex, La Muraz et Arbusigny) "fréquen-tent habituellement les routes qui traversent sa commune du couchant au levant pour se rendre aux marchés de La Roche et du midi au nord pour arriver aux audiences du juge de mandement et pour aller acquiter leurs contri-butions chez le percepteur à Reignier". Il attire aussi l'attention de Monsieur l'Intendant de Province sur le fait qu'à Reignier "n'existe qu'une auberge peu sûre, ce qui force les habitants des communes montagneuses et éloignées de s'exposer en hiver à périr dans les neiges plutôt que de chercher un asile dans cette locande** où ils sont rançonnés à discrétion sans pouvoir se plaindre. Ils y sont exposés à y être assassinés par des bandits et des contre-bandiers qui se rendent redoutables et font main forte dans cette auberge ainsi que l'attestent nombre de cas arrivés aux habitants de Pers-Jussy et des autres communes."

Pour justifier ses affirmations, monsieur le syndic de Pers-Jussy précise que "les procédures criminelles dont les tribunaux sont fréquemment saisis en sont la preuve évidente et irréfragable".

* Syndic : maire, sous le régime sarde

** Locande : de l'italien "locanda", auberge.

UN CEP DE VIGNE PHÉNOMÉNAL

Dans le compte-rendu de la réunion du 10 janvier 1887 de l’Académie Chablaisienne, on peut lire une communication qui concerne Pers-Jussy:

“Le frère Valfrid présente un énorme fragment d’un cep de vigne phénoménal qui a été abattu le 16 novembre dernier sur la propriété de M. Constantin, au hameau de la Beule (sic), com-mune de Pers-Jussy . Ce fragment mesurait 85 cm de circonférence. Il a été coupé à 1,50 m au-dessus du sol et provient d’un pied de vigne dont la tige avait 4 m de haut et un diamètre moyen de 25 cm et dont les branches, étendues sur cinq arbres très espacés, couvraient une surface d’au moins 150 m2.”
A l’aide de ces renseignements, quelqu’un peut-il donner un âge à ce pied de vigne ?


Information transmise par un “Ami de Pers-Jussy”, monsieur André-Marc CHEVALLIER, président du Centre Généalogique Savoyard de Paris et de la Région Parisienne.

LES ÉLECTIONS DU 6 MAI A PERS-JUSSY SONT VALIDÉES

Pers-Jussy le 30 juin 1888.

En date d'hier, le Conseil de Préfecture a validé les résultats des élections municipales du 6 mai 1888 à Pers-Jussy. Rappelons qu'elles avaient fait l'objet d'un recours en annulation à la suite d'une réclamation effectuée par divers électeurs de la commune. Ces derniers contestaient la régularité du dépouillement, faisant remarquer, entre autres griefs, qu'aucun éclairage n'avait été aménagé à la tombée de la nuit et que les scrutateurs avaient opéré dans une quasi-obscurité.

Le maire et ses colistiers ont réfuté les arguments de leurs adversaires, les accusant même d'avoir perturbé le dépouillement, obligeant les scrutateurs à recompter et relire tous les bulletins déjà lus, leur reprochant aussi de n'avoir pas lu tel nom ou d'avoir lu deux fois un tel autre nom. "Et cela malgré les protestations d'une foule d'électeurs..."

Ont donc été définitivement proclamés élus : Roguet Jean, Constantin Jean-Marie, Péguet Louis, Métral Auguste, Métral Jean-Marie, Regat Joseph-Marie, Dompmartin Xavier, Mieusset Jean-François, Barbier Casimir, Constantin Nazaire, Passerat Joseph, Regat Jean, Volland Jean, Dompmartin Jean-François, Critin Jean, Chambet Auguste. Sur les 16 conseillers élus, 14 appartiennent à la liste du maire sortant. De ce fait, la réélection de Jean Regat au poste de maire est également validée.

MODIFICATION DES PLANS DE L'ÉCOLE D'ORNEX

Pers-Jussy, 30 juillet 1888.

Le Conseil municipal de Pers-Jussy réuni hier sous la présidence de Jean Regat, maire, a apporté une modification au projet de construction de l'école d'Ornex-Chevranges. Les deux montées d'escaliers prévues à l'arrière du bâtiment ne seront pas construites perpendiculairement au bâtiment mais latéralement. La plate forme à laquelle elles donneront accès sera modifiée avec la construction d'un mur de séparation. De cette manière, les garçons et les filles pourront monter et entrer dans leurs classes respectives sans jamais s'apercevoir.

Une initiative pleine de bon sens !

SECOURS PRÉSIDENTIEL

Pers-Jussy, ....octobre 1888.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1888, des inondations ont rendu impraticable le chemin vicinal n° 7, dit de Chevranges au Chef-lieu, et causé des dommages aux biens de plusieurs personnes. Monsieur Sadi Carnot, Président de la République, qui était venu dans notre commune quand il était ingénieur des chemins de fer, a mis 50 francs à la disposition du conseil municipal pour être répartis entre les plus nécessiteux des victimes de l'inondation. De son côté, le Préfet de la Haute-Savoie a offert la somme de 25 F.


LE TÉLÉPHONE PUBLIC À PERS-JUSSY !

Pers-Jussy, 1906

À l'égal des grandes villes de notre département, notre commune est désormais raccordée au réseau téléphonique. Une cabine téléphonique publique vient en effet d'être installée au café du chef-lieu tenu par monsieur et madame Victor Maréchal. Jusqu'à présent une seule ligne téléphonique - privée - aboutissait à Pers-Jussy, celle du château de Cevins, installée aux frais de monsieur le Baron. On peut désormais appeler des correspondants dans toute la France et même à l'étranger ! On ose espérer que ce progrès sera apprécié de la population.

Cette anecdote nous a été fournie par Mme Gaby Naville, fille de Victor et Joséphine Maréchal. Le café en question s'appelle aujourd'hui "Le vieux pressoir".

CIRCULATION AUTOMOBILE

Pers-Jussy, juin 1923

Extrait des délibérations du conseil municipal de Pers-Jussy du 10 juin 1923

"Monsieur le Maire fait remarquer que très souvent les automobiles et les bicyclettes circulent dans les villages à vive allure, sans ralentir, sans souci des accidents qu'elles peuvent occasionner. Il conviendrait de prendre un arrêté limitant la vitesse de tous les véhicules à 12 km à l'heure et de faire placer sept poteaux indicateurs à l'entrée du chef-lieu, des hameaux de Chevrier et de Loisinges où la circulation automobile est plus intense."

Maurice ROSSET, notre Président d'honneur, se souvient de l'époque où, à l'entrée du chef-lieu, côté fruitière du Marais, au contour - à ce moment-là - du Pré Poulaillon, un panneau métallique brun portait l'inscription : "Arrêté municipal, vitesse maxima 12 km à l'heure".

UNE MODIFICATION DU CODE DE LA ROUTE

Pers-Jussy, janvier 1930

En date du 4 janvier 1930, le préfet de la Haute-Savoie rappelle les nouvelles prescriptions du code de la Route qui prévoient que tout véhicule circulant après la tombée du jour doit être muni d'un ou de deux feux blancs à l'avant et d'un feu rouge à l'arrière. Il faut au minimum une lanterne à gauche à l'avant et une à gauche à l'arrière, cette dernière étant rouge. Les lanternes vénitiennes (lampions en papier) ne sont plus tolérées pour les bicyclettes ni pour les voitures. Il en va de même pour les lanternes "tempête" qui ne sont plus admises. Il faut des feux fixes.

Maurice ROSSET se souvient que, vers 1920-21, alors qu'il était bien jeune, certains cyclistes avaient, la nuit venue, des lampions au guidon de leur engin. D'autres, plus nombreux, dont son grand frère Louis, avaient un "falot" contenant une bougie et fixé sur le devant. Des lampes à acétylène étaient fixées sur le garde-boue des rares autos.

UNE MACHINE À ÉCRIRE À LA MAIRIE !

Pers-Jussy, avril 1939

Lors de la dernière réunion du conseil municipal, Éloi DOMPMARTIN maire de Pers-Jussy, a fait remarquer aux conseillers que "beaucoup de communes sont dotées d'une machine à écrire alors que Pers-Jussy, commune importante, n'en a pas".

Après délibération, "le conseil municipal, jugeant nécessaire pour les besoins de la mairie l'achat d'une machine à écrire", a voté la somme de 1.200 francs prise à l'article 47 du budget additionnel de 1939.

Pers-Jussy, Juin 1941

Lors de la réunion de juin du conseil municipal, Éloi DOMPMARTIN, maire de Pers-Jussy, a fait constater au conseil "l'état défectueux dans lequel se trouve la machine à écrire de la mairie dont il n'est plus possible de faire un usage en rapport avec le travail demandé actuellement. Il informe qu'il se trouve dans la possibilité d'acquérir d'occasion une autre machine en bon état moyennant la somme de frs 6.000 et lui demande de bien vouloir l'autoriser à l'acheter."

 

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