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LE TÉLÉPHONE PUBLIC À PERS-JUSSY Article paru dans le bulletin n° 6
À
l’égal des grandes villes de notre département,
notre commune est désormais raccordée au réseau
téléphonique. Une cabine téléphonique
publique vient en effet d’être installée au
café du chef-lieu tenu par monsieur et madame Victor
Maréchal. Jusqu’à présent une seule ligne
téléphonique - privée - aboutissait à
Pers-Jussy, celle du château de Cevins, installée aux
frais de monsieur le Baron. On peut désormais appeler des
correspondants dans toute la France et même à
l’étranger ! On ose espérer que ce progrès
sera apprécié de la population.
Cette
rubrique aurait pu figurer dans un journal de 1906. L’anecdote
nous a été fournie par Mme Gaby Naville, fille de Victor
et Joséphine Maréchal. Le café en question
s’appelle aujourd’hui “Le vieux pressoir”.
LA PREMIÈRE AUTOMOBILE À PERS-JUSSY Article paru dans le bulletin n° 11 La première voiture automobile achetée par un habitant de Pers-Jussy n'était pas destinée à rester dans la commune. Selon Maurice Rosset, au cours de la première décennie du siècle, cette voiture aurait été offerte par la baronne de Cevins au docteur Bourbon de Reignier qui lui avait sauvé la vie. Selon madame Gaby Naville, doyenne du chef-lieu de Pers, la baronne, qui avait eu de nombreux enfants en peu d'années, avait failli mourir d'une phlébite à la naissance du dernier. "A cette époque, on en mourait ou on en restait infirme pour la vie" (Mme Naville). La baronne aurait été sauvée par son téléphone (voir bulletin n° 6) et par le Docteur Bourbon : elle aurait offert cette voiture au praticien pour le remercier et pour qu'il puisse venir plus rapidement chez elle. D'après Jean Lavorel, 92 ans, la première auto destinée à rester à Pers-Jussy a été achetée après la guerre de 1914-1918 par un commerçant en légumes et oeufs qui habitait à Chevrier dans la maison occupée aujourd'hui par M. et Mme Bonnefoy. La voiture était une Ford "haute sur pattes". Pour Maurice Rosset, la
première auto appartenait à une
coquetière, "la Clotilde à Lanne". C'est aussi
elle qui a eu le premier accident de voiture à
Pers-Jussy avec la "pauvre Wilhelmine Verdel". Qui pourrait
nous en dire davantage ?
LES DÉBUTS
DE LA T.S.F. À PERS-JUSSY
Article paru dans le bulletin n° 12 Pour les jeunes qui n'ont pas connu cette époque, il faut signaler que jusque vers les années 50, on ne disait pas "la radio" mais "la T.S.F." (téléphonie sans fil). Maurice Rosset nous a confié quelques souvenirs sur les premiers "postes de T.S.F." à Pers-Jussy.
"En 1924, je suis parti au
collège, à Annecy, fin septembre. Quand je
suis revenu pour les vacances de Noël, mon grand
frère Louis avait construit un poste à
galène. L'antenne, parallèle au Salève,
donc à Genève, était tendue d'un arbre
à un autre. Il paraît que les gens, en revenant
de la fruitère, défilaient chez nous.
L'audition était remarquable, sans parasite ! Nous
écoutions naturellement la radio suisse.
Le premier poste à lampes fonctionna au château de Pers qui appartenait encore à l'époque aux Dompmartin "du château", des suisses. J'ai pu le voir à l'occasion des bénédictions des maisons, en août. En effet, j'accompagnais le curé Blanc et les propri-étaires du château, quoique protestants, nous recevaient fort bien. Ce poste de T.S.F. était donc à lampes et fonctionnait avec accumulateurs (à courant continu) et avec une antenne à cadre. Nul ne pouvait ignorer son existence et sa présence au château car, mal manipulé, il faisait entendre des hurlements, des coupures de musique. Les Dompmartin maîtrisaient encore mal leur appareil et le faisaient entendre dans tout le village. Il paraît qu'il y avait un autre appareil de T.S.F. à lampes chez Constantin, le meunier-scieur du Châtelet. Mon frère Émile croît qu'il serait antérieur à celui des Dompmartin. On m'a également dit que Joseph Raphoz de Loisinges, avait lui aussi monté un poste à galène. Il se peut que certains lecteurs, témoins de cette "époque héroïque" de la radio, aient d'autres souvenirs sur ce sujet. Qu'ils nous les confient ! LE PREMIER PHONOGRAPHE À PERS-JUSSSY Article paru dans le bulletin n° 17 Peut-être, ce fut le premier appareil qui nasilla dans notre commune. C'était dans les années 21 ou 22. J'avais peut-être huit ans quand j'allais prendre les premières notions de catéchisme à Jussy, chez la Mathilde Chambet, personne instruite, fille d'instituteur. De temps en temps, elle nous faisait entendre son phonographe. Oh ! pas des disques mais des rouleaux qui tournaient dans un appareil à ressort qu'elle remontait. Cela donnait un ton nasillard aux voix enregistrées. Et de durée très courte ! Je me souviens du titre de la scène : "visite chez le dentiste" et de la seule phrase retenue : "Fermez la porte du corridor". Je suis sûrement le dernier à l'avoir écouté. Paulette Constantin, François Gerine, un autre garçon dont j'ai oublié le nom et moi faisions partie des "auditeurs". Maurice ROSSET UNE POMPE À ESSENCE À PERS-JUSSYPers-Jussy, 25 janvier 1925 Monsieur Schlibs, cafetier à
Loisinges, a demandé ce jour l’autorisation
d’installer sur son terrain, devant son établissement, un
dépôt souterrain d’essence de 2000 litres,
rangé dans la 3ème catégorie des
établissements dangereux, insalubres et incommodes.
Il est destiné à être relié à une pompe distributrice d’essence de la marque Gillert et Barker. Désormais, les Pers-Jussien devront se familiariser avec cet objet insolite et les automobilistes qui fréquentent la route départementale apprécieront le service ainsi offert. Il leur suffira d’appeler le cafetier qui viendra pomper le précieux liquide à l’aide d’un levier pour le faire monter dans un réservoir en verre situé tout en haut de la machine. Quand le récipient sera plein, il se videra, sous le seul effet de son poids dans le tuyau relié au réservoir. Où s’arrêtera le progrès ? |
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