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Le texte ci-dessous a
été publié dans un numéro
spécial de revue des sapeurs-pompiers d'Annemasse
consacré à un historique des compagnies de
sapeurs-pompiers dans le secteur d'Annemasse.
La compagnie des sapeurs-pompiers de
Pers-Jussy a été créée en
octobre 1865 par le conseil municipal de cette commune
présidé par Jean Chevallier, maire de
l'époque. Cette décision a été
prise sous la pression du sous-préfet de
Saint-Julien. Les conseillers municipaux trouvaient trop
onéreux l'achat d'une pompe à incendie.
Heureusement, les fonds furent apportés par les
habitants du chef-lieu de Pers-Jussy qui venaient de gagner
un procès contre la commune : ils
décidèrent d'affecter à cet achat la
somme que leur avait allouée le tribunal. L'engin fut
acheté à Genève, chez le sieur Schmidt,
C'était "une magnifique mécanique rouge avec
ses quatre roues, ses balanciers, ses tuyaux et ses seaux de
toile de chanvre".
On a peu d'informations sur le fonctionnement de cette
compagnie. Il semble que tous les cinq ans la
municipalité procédait à sa
réorganisation et mettait en place un nouveau plan
quinquennal.
En 1923, on dénombrait 63 sapeurs pompiers qui
disposaient de trois pompes à incendie et du
"matériel nécessaire qu'il importe pour en
assurer l'utile emploi". La pompe la plus ancienne
était remisée dans l'ancienne grange des
dîmes en face de l'église. Il y en avait une
autre au village des Roguets et, semble-t-il, une
dernière au village d'Ornex.
Le 2/12/1928, la commune prend l'engagement de subvenir
pendant quinze ans aux dépenses relatives à
l'organisation et au fonctionnement du corps des
sapeurs-pompiers. Du fait de la guerre, cet engagement ne
sera renouvelé qu'en 1948. Le Conseil Municipal
constate alors que la pompe la plus ancienne est hors
d'usage et émet l'avis d'en acheter une autre : il
décide l'acquisition d'une moto-pompe et de ses
accessoires ainsi que celle d'un "dodge" pour la tracter. A
cet effet, il lance un emprunt de 460.000 francs,
émis par souscription publique auprès des
particuliers, sous forme d'obligations au porteur, au taux
de 4 1/2% et remboursables en cinq ans.
A cette époque, l'effectif du corps des
sapeurs-pompiers s'élevant à 120 hommes, ce
que le préfet juge excessif compte tenu des frais
engagés pour l'équipement, la tenue (valeur
10.000 F), l'assurance. Le conseil municipal refuse de
s'incliner, estimant que la commune est vaste avec des
hameaux dispersés, qu'elle possède un
équipement suffisant pour les pompiers, qu'il est
inutile d'acheter une tenue spéciale puisque la
compagnie des sapeurs-pompiers n'est pas "une compagnie de
parade" et que seuls les frais d'assurance resteront
à couvrir.
Désormais, c'est la moto-pompe tractée par son
"dodge" qui servira dans la lutte contre les incendies. Des
particuliers auront tendance à s'en servir pour un
usage personnel, par exemple pour effectuer la vidange et le
nettoyage de puits. En 1953, l'état-major de la
Compagnie des Sapeurs-Pompiers, craignant que des
dégâts puissent être occasionnés
au matériel, demande que la moto-pompe ne soit plus
affectée à ce genre de travail, mais
réservée strictement pour le service incendie.
Une décision du conseil municipal exauce ce vÏu.
Vers 1960, le conseil municipal réorganise le corps
des sapeurs-pompiers et s'engage, au nom de la commune,
à subvenir au moins pendant 30 ans à ses
besoins. Il sera constitué de 18 hommes qui "jouiront
des avantages et indemnités ci-après : 500
francs* par service, lesquels devront être et ne
pourront excéder deux dans l'année, et 1000 fr
par sinistre". Mais quelques années après, la
compagnie sera dissoute alors qu'elle était
commandée par M. Félicien Naville. Selon une
tradition orale, la décision aurait été
prise après un sinistre au village des Pittet sur les
lieux duquel les pompiers d'Annemasse seraient
arrivés avant ceux de Pers-Jussy !
Des trois pompes "historiques" de Pers-Jussy il ne subsiste
plus que celle du village des Roguet,
régulièrement présentée au
public le jour de la fête du battage. La pompe la plus
ancienne aurait été vendue vers 1950 à
un ferrailleur qui aurait récupéré le
métal et brûlé les parties en
bois.
* Il s'agit évidemment
d'anciens francs
Renseignements fournis par
"Les Amis du Pers-Jussy d'Autrefois et d'Aujourd'hui."
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LA POMPE À
INCENDIE DE PERS-JUSSY
Article paru dans le bulletin n°
12
Selon Maurice Rosset, notre
président d'honneur, en 1859, la commune de
Pers-Jussy a perdu un procès intenté contre
elle par un certain nombre d'exploitants agricoles du
chef-lieu. Elle fut condamnée à verser une
somme de 583,26 francs aux plaignants. Ces derniers,
après de multiples tergiversations du conseil
municipal, ont obtenu que ces fonds fussent affectés
à l'acquisition d'une pompe à incendie, une
"pompe à feu" comme on disait alors.
En 1862, la
commune achète une "pompe à feu"
et on
crée une compagnie de sapeurs-pompiers
L'engin fut acheté à
Genève, chez le sieur Schmitt , vers 1862. On lui
trouva une place dans l'ancienne "grange aux dîmes",
en face de l'église. C'était "une magnifique
mécanique rouge avec ses quatre roues, ses
balanciers, ses tuyaux et ses seaux de toile de
chanvre".Après cet achat, on créa une
compagnie de sapeurs-pompiers à Pers-Jussy. Elle a
survécu très longtemps et nous lançons
un appel à ceux qui ont été pompiers de
Pers-Jussy dans leur jeunesse pour qu'ils nous donnent leur
témoignage. Nous reparlerons donc une autre fois de
cette compagnie. Signalons seulement une anecdote
rapportée autrefois par un témoin oculaire
à Maurice Rosset : au début du siècle,
François Roguet ("Fouais à Teupet, à la
Julie", selon Maurice Rosset) remplissait les fonctions de
capitaine des pompiers. Quand ces derniers étaient
à la manÏuvre, il donnait le signal en commandant :
"En akchon !", tout en abaissant les bras. Selon le
témoin ("la Lice au Frère"), "c'était
solennel".
François Roguet, capitaine des pompiers,
s'écriait : "En akchon !"
Mais qu'est devenue la pompe à
incendie ? Maurice Rosset a entendu dire qu'elle aurait
été brûlée, il y a plus de
quarante ans, près du bassin - aujourd'hui disparu -
situé non loin du monument aux morts. Le cuivre
aurait été vendu au "pattier". Notre
Président d'honneur aimerait bien en savoir davantage
sur le malheureux destin de cette pompe. Nous lançons
donc un appel à tous ceux qui ont des souvenirs sur
ces faits.
ÒIl a également été
rapporté à Maurice Rosset qu'en 1914, on a
utilisé un des seaux de la pompe pour rassembler les
pièces de deux sous en bronze - 10 centimes "anciens"
- quêtées dans la commune. Ce seau avait
été déposé dans la salle du
rez-de-chaussée de la mairie. Quelqu'un sait-il ce
qu'est devenu ce seau ?
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