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Article publié dans le bulletin n° 25 |
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La lettre commence par un morceau de bravoure : "J'ai dû défendre, le sabre à la main, l'enlèvement de l'urne à huit heures du soir, contre la fraction helvétique qui avait soudoyé trois ou quatre ivrognes pour venir nous attaquer. Dans la salle des élections, après une vigoureuse résistance digne d'un ancien cuirassier du Premier Empire, nous transportâmes l'urne dans la sacristie de l'église". Le dépouillement a eu lieu le lendemain "à la satisfaction de la population qui venait de voter pour la France (oui et zone)". Il rappelle que ces gens, en sortant de la salle des élections, avaient exprimé "leur chaleureux enthousiasme, par des hourrah, des vivats adressés au Très Haut, pour la conservation de la famille impériale et à la prospérité de la France", cette France qui "daignait recevoir nos votes unanimes d'annexion à ses destinées et nous soustraire pour toujours à l'esclavage tyrannique des piémontais". Le baron rappelle que "certains fonctionnaires des communes rurales" s'étaient acharnés "à froisser par des injustices effrayantes ceux de leurs administrés qui ne partageaient pas leurs opinions en politique et en matière de finances". Le baron continue par des flagorneries : "j'ai la satisfaction, en quittant la vie, de penser que le règne des oppresseurs pâlit sous les lois de Sa majesté l'empereur Napoléon III" et "que les justes plaintes ne seront pas repoussées" par les nouvelles autorités françaises "comme elles l'étaient par Messieurs les intendants et avocats fiscaux" du régime sarde. Ces derniers ne se donnaient pas la peine de donner "la moindre satisfaction aux diverses plaintes qui leur étaient adressées ni même de répondre à des requêtes légalement présentées". Cette attitude des anciennes autorités sardes a placé l'auteur de la lettre "dans la nécessité de donner" sa "démission de syndic de la commune de Pers-Jussy". Le baron estime en effet qu'il ne pouvait "plus lutter contre la majorité du conseil et soutenir la controverse [avec les] opposants par système aux intérêts financiers et au bon ordre dans la commune". Il pense que sa rigueur l'a fait "passer aux yeux de ces pauvres ambitieux ignorants pour un despote rétrograde". Il évoque les "quelques brouillons qui se sont incriminés contre" lui et dont il a "méprisé la clameur ainsi que leurs auteurs". Il avoue qu'il se serait "abstenu d'en parler si "les habitants de ce pays "n'avaient pas eu l'inespéré bonheur de redevenir français". Il signale qu'il a porté dans
son coeur le deuil de la France depuis 1814 et que dans la
commune de Pers-Jussy, il est un "fort contribuable", qu'il
fut conseiller ordinaire délégué
syndic, conseiller de nouveau réélu à
l'unanimité et promu de même capitaine de la
garde nationale en 1848. En 1818 et 1820, il fut
"chargé par délibération du conseil
approuvée par Mr l'Intendant de la province de
procéder géométriquement à la
délimitation de tous les chemins de la commune". Il a
fait "exécuter tous les travaux par la corvée
pour les rendre praticables, en conformité des
tracés des mappes et des besoins des usagers". Il
raconte par le détail comment il a mené
à bien sa tache en commençant "par le village
du Chef-lieu de Pers-Jussy" et insiste sur le fait que ces
opérations furent très difficiles car il
fallait éviter "d'irriter les habitants".
La fin de la lettre n'a pas
été photocopiée. Pourquoi le baron
l'a-t-il écrite alors qu'il n'avait plus de fonctions
officielles ? Sans doute, un peu pour régler ses
comptes avec les Pers-Jussiens, en les "cafardant" (d'autres
lettres montrent qu'il avait un petit côté
délateur assez désagréable). Mais sans
doute aussi pour se faire "mousser" auprès des
nouvelles autorités. Peut-être
espérait-il être le premier maire de Pers-Jussy
après l'annexion, car le maire était
nommé et non élu. Auquel cas, ce fut
raté ! Le premier maire fut Jean Chevallier, Le
premier maire fut Jean Chevallier, le syndic d'avant
l'annexion.
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