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(Article paru dans le bulletin n° 15) |
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Notre Président
d'honneur, frère Maurice Rosset, la personne qui
assurément connaît le mieux le passé de
notre commune, nous a adressé un petit texte à
propos des surnoms familiaux - nous disons bien "familiaux"
et non pas "personnels" - ceux qui se transmettaient (et se
transmettent parfois encore) comme le patronyme. Ils n'ont
rien de péjoratif et permettaient de distinguer des
familles différentes portant le même
patronyme.
Au fil des ans ils disparaissent :
certains en avaient presque honte, comme s'il se fut agi de
vieux habits usagés, démodés, des
défroques surannées ! Et pourtant, nos
grands-parents, nos "vieux" les avaint portés,
disons... gaiement. Certains formaient une
généalogie en miniature: "portrait de famille"
disait Jérémie au Dian Joset, le sage de
Loisinges. Il n'est que de dérouler la litanie de...
Guste à Mile à Phonse à... etc... Maurice ROSSET Certains des surnoms cités
ci-dessus par Maurice Rosset ont une origine assez
récente mais beaucoup sont attestés depuis
fort longtemps ainsi trouve-t-on déjà,
à Pers, des Constantin dits Cornut dans un document
fiscal de 1530, des Constantin dits Bolliet dans le
dénombrement de 1561 pour la gabelle du sel, des
Mestral (= Métral) dits Berthaz dans un acte
notarié de 1616. Dans l'état civil ancien,
dans l'état des âmes de Pers de 1766
(recensement d'origine ecclésiastique), dans les
actes notariés d'avant la Révolution, on
mentionnait couramment le surnom familial pour
résoudre le problème des homonymies. Dans ces
documents, on trouve de nombreux surnoms qui ont
survécu jusqu'à une période très
récente, voire même jusqu'à aujourd'hui.
Ainsi les Constantin se subdivisaient naguère encore
en Barcellone (ou Barcelogne), Refon, Bois (ou Boëx),
Duamy (Diômi en patois), Borguet, Combloux (Cambleu en
patois), etc... Chez les Navilloux (devenus Naville par la
suite), on distinguait les Brun, les Bran, les Beule, les
Branquais, les Bergoën, les Collombet (ou Collambet),
les Dandallet, etc... Chez les Roguet, on trouvait des
Taupet (ou Teupet), des Vaillant, etc... Parmi les Mugnier
(=Munier) on distinguait les Bédail (B'dôye en
patois) et les Bise. On peut encore ajouter à cette
liste au moins deux "lignées" de Mieusset : les
Corson et les Rosset. Ces derniers doivent leur surnom
à leur ancêtre commun, Nicolas Mieusset
(1712-1768), surnommé "Le Rouget" à cause de
sa chevelure rousse. Dans ces listes, on trouve aussi des
Métral dits Bertat, des Chevallier dits Escaloux
(selon une tradition orale, ce surnom serait dû
à un ancêtre qui aurait participé
à l'Escalade en 1602 !), des Tissot dits Pany (surnom
d'origine inconnue, attesté depuis au moins 300 ans).
On y rencontre aussi des sobriquets disparus depuis
longtemps de la mémoire collective : des
Calligé dits Chausse, des Constantin dits
Bélard, des Gignioux (ou Gignoud) dits Riand,
etc... A.D. |
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