1917

Le début de l'année est marqué par l'entrée en guerre des États-Unis (2 avril 1917) mais il faudra attendre longtemps avant que leurs troupes ne soient opérationnelles en Europe. Pendant des mois, les Anglais, les Belges et les Français continueront de combattre seuls sur le front français, sans que la ligne de front subisse des modifiations notables. 

LES ALLEMANDS RECTIFIENT LE FRONT

(mars 1917)

En mars 1917, l'Etat-major allemand décide de raccourcir le front entre Arras et Laon. Ils se replient sur une ligne fortifiée préparée à l'avance. Les armées franco-anglaises sont surprises et se contentent de suivre l'ennemi en retraite.

Néanmoins deux Pers-Jussiens furent tués pendant cette période.

- TISSOT Jules, "tué à l'ennemi, le 19/03/17, à 6 heures, par suite de blessures de guerre au combat de la Fille-morte", à La Chalade (Meuse).

- LAPHIN Paul-François, décédé le 29/03/17 à Blérancourt (Aisne) "par suite de ses blessures reçues sur le champ de bataille d'Ostel" (Aisne).

 

LE CHEMIN DES DAMES

(16 avril - 10 mai 1917)

La retraite allemande, purement stratégique, donne de faux espoirs au général Nivelle, qui a remplacé Joffre à la tête des armées françaises. Il croit que la percée est possible. Malgré de fortes réticences dans les milieux gouvernementaux et même militaires, Nivelle choisit d'attaquer dans un des secteurs les plus difficiles à pénêtrer et les mieux fortifiés : l'Argonne, à cheval sur les départements de l'Aisne et de la Marne.

Le 16 avril 1917, Nivelle lance ses troupes à l'assaut sur un front d'une cinquantaine de km. Il leur faut en particulier conquérir la ligne de crête que longe "le chemin des Dames". C'est l'hécatombe : pour un gain de terrain minime (quelques dizaines de kilomètres carrés), les pertes sont effroyables. Du 16 avril au 10 mai, il y eut, selon les diverses estimations, entre 140.000 à 271.000 français mis hors de combat. Nivelle acquiert pour la postérité une réputation de "massacreur" !

A la mi-mai 1917, Nivelle est limogé. Il est remplacé par Pétain à la tête des armées françaises.

Trois Pers-Jussiens au moins sont morts dans cette offensive ou dans les combats de stabilisation du front qui lui succédèrent :

- LAPHIN François (-Joseph), décédé le 6/05/1917 à Ostel (Aisne), "par suite de blessures occasionnées par un obus".

- CONSTANTIN Jean, tué le 11/05/1917 à Beaulne-et- Chivy, à une vingtaine de km au NE de Soissons (Aisne).

- PÉGUET Joseph-Marie, décédé le 21/05/1917 "sur le champ de bataille, par blessure de guerre" au combat de Moseau - Berry-au-Bac , à 9 km au SW de Craonne.

 

LA CHANSON DE CRAONNE


Elle exprime tout le désenchantement des poilus lors des combats du chemin des Dames.

Adieu la vie, adieu l'amour !
Adieu toutes les femmes!
C'en est fini pour toujours,
Dans cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau
Qu'on va laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés.
C'est nous les sacrifiés !
 

Fautil préciser que cette chanson était interdite ?

 

LES MUTINERIES DE 1917  (mai - juin - juillet 1917)

L'hécatombe du Chemin des Dames et le mépris de Nivelle pour la vie des hommes se répercutèrent sur le moral des troupes. Il y eut des actes de désobéissance plus ou moins graves allant jusqu'à la mutinerie de régiments entiers. Les estimations sur le nombre des mutins varient de 50.000 à 100.000 selon les sources.

La riposte fut rapide et on discute encore aujourd'hui de l'ampleur de la répression. Selon les estimatLions les plus modérées, il y aurait eu 412 condamnations à mort mais "seulement" 55 exécutions.

On ne sait pas si des Pers-Jussien ont été plus ou moins directement impliqués dans ces événements. Toutefois, dans la dernière lettre adressée à sa mère, Marcel MARÉCHAL écrit qu'il vient de vivre le pire moment de la guerre : il a fait partie d'un peloton d'éxécution. Le fusillé était-il un mutin de 1917 ?

 

LA MORT ORDINAIRE EN 1917

Après le désastre du Chemin des Dames, il n'y eut plus de vastes offensives sur le front français en 1917 mais de nombreux combats sporadiques et aussi des balles perdues, des obus etc...

Trois Pers-Jussiens au moins en ont été les victimes.

- MARÉCHAL Marius, décédé le 28/08/1917, à Fleury, près de Verdun.

- LAMOUILLE John-Alfred, chasseur de 1ère classe au 12è Bataillon de Chasseurs à Pied, décédé le 11/10/1917 à 15h45 à l'Hôpital Saint-Joseph d'Épinal (Vosges). Ce chasseur sans doute été blessé avant le 6 septembre 1917, date à laquelle le 12è BCP a quitté le front des Vosges pour celui de la Somme.

- DÉMULE Amédée (-Eusèbe), tué le11/11/1917 à St-Pierre-l'Aigle (Aisne)


LES PERS-JUSSIENS MORTS AU COMBAT EN 1917

 CALLIGÉ Émile, Eugène

Né le 26/02/1897 à Neydens (Haute-Savoie)

Fils de Claude, originaire de Pers-Jussy mais habitant Neydens, et de DÉCARROUX Marie-Félicie

Situation de famille : marié à Reignier (17/07/1915) avec GENOUD Angèle

Domicile au jour de la mobilisation : Reignier ?

Soldat au 27è B.C.A.

Décédé le 30 octobre 1917 à l'ambulance 12/20 à Cerseuil (Aisne).

Il avait 20 ans.

La transcription de l'acte de décès a été faite à la mairie de Reignier.

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

 

CONSTANTIN Jean

Né le 31/03/1895 à Pers-Jussy

Fils de Jean-Marie CONSTANTIN, agriculteur au Biollay,

et de Félicie REGAT.

Situation de famille : Célibataire.

Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy (Le Biollay)

Zouave de 2è classe au 1er Régiment mixte de zouaves et de tirailleurs (5è Cie).

Mort au combat le 11 mai 1917 à 12 heures, à Beaulne-et- Chivy (Aisne).

Il avait 22 ans.

Beaulne-et- Chivy se trouve à une vingtaine de km au NE de Soissons.

En avril 17, le 1er Régiment mixte de zouaves et de tirailleurs avait été transféré dans l'Aisne. Du 14 avril au 16 mai, il a participé à la bataille du chemin des Dames. C'est pendant ces combats que Jean CONSTANTIN a été tué.

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

DÉMULE Amédée (-Eusèbe)

Né le16/12/1879 à Pers-Jussy (Les Cornus)

Fils de PierreDÉMULE (décédé 2 jours avant la naissance de l'enfant), de Cornier, et de DESBIOLLES Marie-Philomène.

Situation de famille : ?

Domicile au jour de la mobilisation : Cornier

Soldat de 1ère classe au 30è Régiment d'Infanterie.

Mort au combat le 11 novembre 1917 à St-Pierre-l'Aigle (Aisne) (ou le 23/10/1917 à Allemant (Aisne) ?).

Il avait 38 ans.

Inhumé au cimetière d'Amblémy (Aisne), carré J, tombe n° 155

La transcription de l'acte de décès a été faite à la mairie de Cornier.

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy et sur celui de Cornier

Observations : Il y a eu une demande de pension d'ascendant le 18/06/1928

 

LAPHIN François (-Joseph)

Né le le 26/10/1887 à Pers-Jussy

Fils de Maurice LAPHIN , agriculteur aux Pittet,

et de Marie-Horthense NAVILLIOUX.

Situation de famille : marié le 21/11/1913 à Pers-Jussy (ou à Paris ?) avec Joséphine BEL

Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy ?

Soldat de 2è classe au 54è Régiment d'infanterie (7è Cie).

Décédé le 6/05/1917 à 18 h 30 à Ostel (Aisne), "par suite de blessures occasionnées par un obus".

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

Observations : Le Diplôme des morts pour la patrie au nom de ce soldat a été envoyé à la mairie de Pers-Jussy en juillet 1919. Il a été réclamé par sa veuve qui habite Faucigny et lui a été expédié.

Père d'Abel LAPHIN qui fut boulanger à Pers-Jussy.

 

LAPHIN Paul-François

Né le le 25/08/1894 à Cornier

Fils de Julien LAPHIN et de Clotilde NAVILLOUX,

Situation de famille : célibataire ?

Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy (???)

Soldat de 2è classe au 279è Régiment d'infanterie (14è Cie).

Décédé le 25/08/1894 à 16 heures à Blérancourt (Aisne) "par suite de ses blessures reçues sur le champ de bataille"au combat d'Ossel (Aisne).

Le 279è RI a participé à une grande offensive dans l'Aisne en mars 1917

Avis de décès parvenu à la mairie de Pers-Jussy le 14/04/17

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.et sur celui de Cornier.

Observations : Décoré de la Médaille militaire.

 

MARÉCHAL Marius

Né le 19 septembre 1979 à Pers-Jussy.

Fils de

Situation de famille : marié à Paris avec Clotilde-Marie PÉGUET, de Jussy.

Domicile au jour de la mobilisation : Villeneuve-le Roi (Val de Marne) ?

Grade et corps inconnus.

Décédé le 28/08/1917 à l'hôpital de Fleury-sur-Aire, près de Verdun.

Il avait 38 ans.

Inhumé au cimetière de Pers-Jussy où sa tombe existe encore.

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

 


 
PÉGUET Jean-Marie

Né le le 4 juillet 1883 à Pers-Jussy

Fils de Xavier PÉGUET, cantonnier aux Cornus (cultivateur en 1883), et de Marie MAULET.

Situation de famille : ?

Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy

Brigadier au 109è Régiment d'artillerie lourde (5è Batterie).

Décédé le 20/9/17 à 14 heures à l'Ambulance 2 à Sakulovo (Macédoine), "des suites de maladie contractée en service commandé".

Il avait 34 ans.

Avis de décès parvenu à la mairie de Pers-Jussy le 31/10/17

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

 PÉGUET Joseph-Marie

Né le le 18/04/ 1897 à Pers-Jussy

Fils de Jean-Marie PÉGUET , agriculteur aux Pittet, et de Jeanne-Marie LAMBERT.

Situation de famille : Célibataire

Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy (Les Pittet).

Soldat. au 53è Bataillon de Chasseurs Alpins.

Décédé le 21/5/17 "sur le champ de bataille, par blessure de guerre au combat de Moseau - Berry-au-Bac".

Il avait 20 ans.

Berry-au-Bac se trouve sur l'Aisne, à 9 km au SW de Craonne.

Avis de décès parvenu à la mairie de Pers-Jussy le 11/6/1917

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

 
TISSOT Jules

Né le le 22/12/1882 à Pers-Jussy

Fils de Cyrille TISSOT, agriculteur à Loisinges, et de Jeannette MAULET.

Situation de famille : Célibataire

Domicile au jour de la mobilisation : Pers-Jussy (Loisinges).

Soldat au 311è Régiment d'infanterie

"Tué à l'ennemi, le 19/03/17, à 6 heures, par suite de blessures de guerre au combat de la Fille-morte", commune de La Chalade (Meuse).

Il avait 35 ans.

La Chalade se trouve sur la Biesme, dans la commune de Ste-Menehould.

La Fille-morte est un lieu-dit de l'Argonne, le long de la Haute chevauchée, à 2,5 Km au NE de La Chalade.

Avis de décès parvenu à la mairie de Pers-Jussy le 10/04/1917

Son nom figure sur le monument aux morts de Pers-Jussy.

Année 1918

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