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Le chaud temps s'est fait attendre cette année. On n'a pas pu commencer de foiner avant la vogue de Pers. Inutile de dire qu'on n'a pas eu le temps de tirer les boîtes ce jour là.
Ah ! les fenaisons, c'est bien du
travail ! Le matin, il faut enchapler les
faux, mettre le coffi à la
ceinture et partir faucher toute la journée en
évitant de laisser des arans. Quand on a
le corgnolon trop sec, on boit un verre de bidoyon.
Un coup, j'ai bu trop vite et je me suis
ennossé. Quand le bossot est vide,
la Tine va le remplir à la cave et le rapporte aux
champs.
Après le dîner, on prend tout juste le temps de faire une petite reposade. Pour bien faire sècher le foin, il faut désandeler, enrouetter, etc.... Enfin, quand il est sec, il faut le rentrer. |
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= avaler de travers |
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Charger un char à échelles, ça demande du soin : les fourchées, faut pas les aguiller n'importe comment, y faut équilibrer l'avant et l'arrière, bien rouler les épaules et placer la clé pour les fixer. Quand il est assez haut, il faut coincer l'avant de la presse sous le dernier passon de l'échelette, faire un noeud de presse avec la corde et le passer autour de la queue de la presse, fixer les bouts de la corde sur le tour, placer les étales dans les trous du tour et tourner pour serrer le foin. L'important, c'est que le char ne soit pas sur le balan, sinon on peut être sûr qu'il va virer quand on aura à brèter. Quand on descend droit bas dans le champ de Guste à Zèbe qu'on fait aller depuis des années, y faut pas oublier de bien serrer le mécanique : les sabots de bois frottent fort contre les sarcles des roues. |
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Char à échelles = char à foin muni de deux sortes de ridelles latérales en forme d'échelles placées à 45°. Aguiller = mettre en hauteur, en équilibre plus ou moins stable Épaules = foin qu'on place en avant du char à gauche et à droite
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Tour = treuil
constitué par un cylindre ou
pouvant tourner horizontalement et muni de trous pour les étales Étales = bâtons qu'on enfonce dans les trous du tour pour faire levier |
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Mais, ce qui'il y a de pire à foiner, c'est les moraines, là où on peut pas aller avec un char : il faut mettre le foin dans des canavés qu'on doit porter sur son dos. Finalement, on a en a eu bien, du foin, et on sera content de le trouver sur le soli cet hiver quand on ne pourrra plus aller en champ. C'est les enfants qui gardent les bêtes quand elles sont dehors. Ils sont tout contents de mettre eux-mêmes les campannes et les gdeus aux vaches. Je leur dis toujours de bien se veiller qu'elles aillent pas là où il y a de la luzerne ou du pellagra, elles pourraient gonfler. Les vaches sont bien plaisantes mais les chèvres mottes, elles se sauvent tout le temps. Dans bien des endroits, l'été, ils ammontagnent mais, par Pers, ça se fait pas trop. Comme çà, on n'a pas à démontagner à l'automne. |
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Après, on n'a pas le temps de souffler qu'il faut commencer à moissonner. Le valet fixe un archet sur le manche de sa faux : comme ça, les tiges de blé tombent toutes dans le même sens, sans s'emmouèler. La Tine et les enfants suivent derrière pour fairer les javelles. La Tine utilise un volant : elle glisse la lame sous les chaumes couchés par l'archet et les rassemble en petit paquets. Comme ça, elle s'économise un peu et ménage son dos qui lui fait souvent si mal. Moi aussi, j'ai bien mes misères avec un agacin sur un gros artieu mais faut pas s'écouter. Je passe en dernier : avec quatre ou cinq javelles je fais un boisseau, pas trop pèsant si possible, que je lie avec un fil d'arsô. Il ne reste plus qu'à charger. Chaque année, quand on rentre le dernier char de blé on accroche un feuillou au sommet de l'échelette pour montrer à tout le monde que la moisson est finie : on appelle ça le bouquet. |
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Archet = baguette de noisetier arquée fixée par l'avant au manche de la faux S'économiser = ménager sa peine |
Boisseau = javelles rasssemblées et liées |
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