ET SI ON PARLAIT LE FRANÇAIS DE PERS-JUSSY ?

La langue francoprovençale

Dès le bulletin de liaison n° 1, nous avons proposé à nos lecteurs un texte truffé de ce que les spécialistes appellent, avec un brin de condescendance, des "régionalismes" ou même des "savoyardismes". Quand il rencontrait de telles expressions dans les rédactions de ses élèves, un ancien instituteur de Pers-Jussy, à ce qu'on m'a raconté, écrivait en marge "Français de Pers-Jussy". Ce "parler" local résulte de la transposition en français d'expressions patoises : c'est en fait une survivance de la langue francoprovençale.

Jusqu'au début du XXè siècle, dans toutes les communes rurales de Savoie, du Val d'Aoste, du Dauphiné du nord, du Bugey, du Lyonnais, d'une partie de la Bresse, de la Franche-Comté et de la Suisse romande, on parlait des patois assez proches les uns des autres et appartenant à la grande famille du Francoprovençal (depuis les travaux de Mgr Gardettte, on écrit Francoprovençal sans trait d'union). Cette pratique a laissé des traces dans la langue courante de notre région. De nombreux mots et expressions d'origine francoprovençale y sont encore employés, sans l'agrément de l'Académie Française qui régente la pureté du langage dans notre pays. Quelques mots commencent à être cités dans certains dictionnaires moins "frileux" que l'Académie mais ils sont généralement signalés comme des régionalismes "suisses" ! A Paris, ils n'ont sans doute jamais entendu parler de la langue francoprovençale que nous partageons non seulement avec les Suisses Romands mais aussi avec les Bressans, les Lyonnais, les Francs-Comtois, les Valdotains, etc...

D'après Paul Guichonnet, dont les articles récents dans "Le Messager" nous ont inspirés, un savant linguiste du siècle dernier a classé nos régionalismes en six catégories :

- Les expressions impropres ou équivoques, les pléonasmes et les contresens,
- Les entorses à la syntaxe (autrement dit les fautes de grammaire),
- Les erreurs de conjugaison (ex : "nous traisons" au lieu de "nous trayons"),
- Les erreurs de genre (ex : une serpent, un poire, la dimanche, la lièvre, etc...),
- Les barbarismes (utilisation de mots inconnus en français. (ex : la boille),
- Les mauvaises prononciations.

Avant la Révolution Française, nombre de ces régionalismes étaient couramment utilisés dans les actes les plus officiels où l'on écrivait plus souvent septante que soixante-dix et moge que génisse. Certains, encore très utilisés au début du siècle, sont complètement tombés en désuétude.
Ces régionalismes ne sont ps méprisables car il fonit partie de notre patrimoine culturel. Cependant, quand on les utilise, il faut simplement être conscient qu'on ne s'exprime pas en Français "académique".

Dans le but de nous familiariser avec ces régionalismes, nous avons présenté cinq articles dans notre bulletin de liaison.
Le premier, paru dans le bulletin n° 1, est indépendant des autres. Il a été explicité dans les nuùéros 2 et 3.

Dans les autres, parus dans les bulletins 11, 12, 13 et 14, nous donnons la parole à un cultivateur pers-jussien, tout-à-fait imaginaire, du début du siècle : ce sont quatre volets d'une histoire, un par saison. Les mots et expressions non "académiques" sont écrits en caractères gras et traduits dans des "pavés" en gros caractères italiques. Les régionalismes y foisonnent mais on y trouve aussi des mots tout à fait académiques mais estampillés "vieux français" dans les dictionnaires usuels.

Remarque : Certains pourront s'étonner de l'expression "francoprovençal" pour qualifier une langue qui n'a rien de provençal mais elle est consacrée par l'usage même si elle peut paraître inadaptée !

UNE BONNE JOURNÉE

texte paru dans le bulletin n°1 avec compléments d'information dans les bulletin 2 et 3

PRINTEMPS

texte paru dans le bulletin n° 7

AUTOMNE

texte paru dans le bulletin n° 9

ÉTÉ

texte paru dans le bulletin n° 8

HIVER

texte paru dans le bulletin n° 9

SAUVONS DE L'OUBLI LES EXPRESSIONS LOCALES

texte paru dans le bulletin n°
15

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